Guillotière Lyon 7e: les riverains de la rue Basse-Combalot exaspérés par les nuisances

Des riverains du septième arrondissement constatent encore des traces d’urine à proximité d’un escalier au bout de la rue Pasteur, perpendiculaire à la rue Basse-Combalot.  Photo Progrès /ARNELIA SIMIER
Des riverains du septième arrondissement constatent encore des traces d’urine à proximité d’un escalier au bout de la rue Pasteur, perpendiculaire à la rue Basse-Combalot. Photo Progrès /ARNELIA SIMIER
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Des riverains du septième arrondissement constatent encore des traces d’urine à proximité d’un escalier au bout de la rue Pasteur, perpendiculaire à la rue Basse-Combalot.  Photo Progrès /ARNELIA SIMIER Photo Progrès /ARNELIA SIMIER Photo Progrès /ARNELIA SIMIER

Les années passent et les problèmes d’incivilités perdurent dans la rue Basse-Combalot à la Guillotière. Urine, excréments, déchets… les habitants désespèrent qu’une solution concrète soit trouvée.

Rue Basse-Combalot. Jeudi 10 octobre, 9 h 30. Coup de sifflet du riverain Georges Duperray à l’encontre d’un passant qui s’apprête à déboutonner son pantalon face à un mur. « Vous n’allez pas uriner ici ! » Dix minutes plus tard, même scénario avec un autre passant. « C’est comme ça tous les jours. Peu importe l’heure » raconte le riverain.

Plusieurs entrées permettent d’accéder à cette petite rue, dont deux grands escaliers. En bas des escaliers, les odeurs nauséabondes d’urine planent dans l’atmosphère et flottent jusqu’à la rue Pasteur.

« On pourrait la rebaptiser la rue de la pisse ! »

« Quand j’ai des invités chez moi je ne peux même plus ouvrir les fenêtres avec cette odeur. Et l’été c’est pire ! Sans compter que certains sont même allés jusqu’à monter sur un échafaudage de la rue pour uriner en haut. On pourrait la rebaptiser la rue de la pisse ! » s’insurge Georges Duperray.

Une entreprise de plomberie possède dans la rue Basse-Combalot de nombreux garages de stockage de matériel et camionnettes. Sandrine Blanc, employée, déplore de voir « la porte d’un garage, tellement oxydée et rouillée par l’urine, ne plus fermer. Les gens qui font ça ne sont vraiment pas éduqués ! » Gilbert Blanc, fondateur de l’entreprise, précise : « Si on a le malheur de laisser une porte ouverte, ils entrent ».

Résultats : excréments, restes de repas, vieux vêtements, détritus et seringues s’entassent dans certains garages.

Nathalie Balmat, présidente de l’association Riverains de la Guillotière, constate que « les incivilités s’accentuent et sont nombreuses,  certains mettent en bas des escaliers des cartons, des canapés. Un jour il y a même eu un cumulus abandonné ». Les riverains ont également remarqué des portes d’immeubles enfoncées, des stationnements gênants, etc.

« Une vraie déchetterie »

Marc Pertosa, président du Comité d’Intérêt Local Gerland Guillotière Jean-Macé, rappelle que « la situation perdure depuis des années ». Il se souvient qu’en « juillet 2018 des élus municipaux se sont déplacés pour constater les problèmes. La décision d’installer un WC de chantier avait été prise et concrétisée mais il a été retiré quelques semaines plus tard car l’intérieur du WC devenait une vraie déchetterie ».

Pour atténuer l’impact des nuisances de la rue, les escaliers sont nettoyés tous les jours de semaine par le service de propreté de la Métropole, un arbre en bas de l’un des escaliers a été planté pour embellir les lieux, etc. « On pourrait également envisager d’autres solutions temporaires, comme des pancartes avec indications d’amendes et une tolérance zéro, de la peinture hydrophobe sur les murs, etc » énumèrent les riverains « Il devient urgent d’agir sur l’origine du problème : le marché sauvage à proximité, place Gabriel-Péri et de trouver une solution pérenne. »

Le marché sauvage de la place Gabriel-Péri est bien connu des Lyonnais. Il s’installe régulièrement sur un trottoir de la place.

Cette problématique a notamment été abordée avec les élus municipaux lors du Comité d’Initiative et de Consultation d’Arrondissement (CICA) en novembre 2018. Les membres du Comité d’Intérêt Local (CIL) Gerland Guillotière Jean-Macé ont toujours les mêmes desiderata que ceux exprimés l’an dernier : la saisie permanente du matériel de ce marché et une présence policière plus fréquente.

Comme en atteste le compte rendu de cette réunion, les élus municipaux présents avaient rappelé que  la police est souvent présente place Gabriel-Péri, des arrestations – régulièrement de personnes sans papiers, mineures – ont lieu, des mètres cubes de marchandises sont enlevés à chaque intervention, le trottoir concerné est souvent aspergé d’eau pour éviter que les vendeurs à la sauvette se réinstallent, etc. Des états de fait qui se constatent encore sur le terrain. « Quand la police est présente la place est calme mais les troubles reviennent dès qu’elle part », déplore Marc Pertosa, président du CIL.

« J’envisage d’assigner l’État »

Les riverains prévoient d’aborder à nouveau le sujet lors du prochain CICA, en décembre.

Véronique Grimaud, qui travaille dans un cabinet de courtage et d’assurance situé à proximité de la rue Basse-Combalot, est indignée. « La régie de l’immeuble où je travaille a signalé à plusieurs reprises les problèmes d’incivilités du quartier. Pour moi cette situation correspond à une carence de l’État. J’envisage d’assigner l’État ».

Les élus municipaux contactés n’ont pas encore donné suite.

Arnélia SIMIER

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