LYON | Fresque urbaine Y a-t-il quelqu'un pour rénover le Mur du cinéma à la Guillotière ?

Les tags de plus en plus nombreux et imposants ont envahi le Mur du cinéma de la Guillotière, qui n’est plus entretenu depuis 2016.  Photo Progrès /Samuel TRIBOLLET
Les tags de plus en plus nombreux et imposants ont envahi le Mur du cinéma de la Guillotière, qui n’est plus entretenu depuis 2016.  Photo Progrès /Samuel TRIBOLLET
Les tags de plus en plus nombreux et imposants ont envahi le Mur du cinéma de la Guillotière, qui n’est plus entretenu depuis 2016.  Photo Progrès /Samuel TRIBOLLET

Recouvert de tags, le Mur du cinéma de la Guillotière disparaît peu à peu, au grand dam des riverains et des touristes. Les pouvoirs publics pourraient aider à sa réhabilitation, mais ce n’est pas si simple…

L’état actuel du Mur du cinéma, la fresque de la place Gabriel-Péri (Guillotière) qui est de plus en plus taguée, semble désoler tout le monde.

Des r iverains qui constatent sa décrépitude de jour en jour, aux touristes déçus d’avoir fait le déplacement , en passant par la Cité de la création qui voit son œuvre disparaître sous les bombes de peintures, tous aimeraient que le trompe-l’œil en hommage au 7e art retrouve des couleurs.

Pour cela, il faudrait que quelqu’un accepte de mettre la main à la poche ? Mais qui ?

Depuis la fin de la convention, le mur livré à lui-même

Le Mur du cinéma date de 1996. Il a vu le jour suite à la signature d’une convention entre les copropriétaires de l’immeuble, des partenaires privés (Lapeyre et Géméo) et de CitéCréation (ex-Cité de la création) , explique Halim Bensaïd, le gérant de cette coopérative.

« La convention a été signée pour vingt ans durant lesquels on a pris en charge son entretien, précise-t-il, quand elle est arrivée à échéance, les partenaires n’ont pas souhaité poursuivre et les copropriétaires n’ont pas voulu financer sa rénovation. »

Depuis 2016, le Mur du cinéma est donc livré à lui-même. Désormais un peu terne, la fresque est peu à peu recouverte par les tagueurs, moins respectueux de l’œuvre depuis qu’elle est défraîchie.

Fresque éphémère ou élément de patrimoine ?

« Il faut savoir que ce type de fresque est éphémère même si cela dure, explique Halim Bensaïd, mais avec le temps les gens se l’approprient et considèrent que cela fait partie du patrimoine, c’est un problème que l’on a avec toutes les fresques. » « Si ça fait patrimoine, cela ne nous appartient plus, symboliquement cela appartient à la ville, poursuit-il, on considère donc que c’est à la ville de prendre en charge l’entretien de ces fresques qui l’embellissent. »

Un embellissement qui a un coût, mais aussi des retombées, affirme Halim Bensaïd. « Apparemment le parcours des murs peints est le deuxième circuit le plus fréquenté par les touristes à Lyon, note-t-il, je trouve que les coûts d’entretien de ces fresques sont faibles par rapport au rayonnement qu’elles donnent à la ville. »

Selon lui, il y a quatre ans, CitéCréation a averti la ville de l’expiration de la convention, lui suggérant de financer la rénovation du Mur du cinéma. « Ça n’aurait coûté que 12 000 euros à l’époque, mais maintenant avec l’ampleur des dégradations, ce serait beaucoup plus cher », regrette le gérant.

L'adjoint au patrimoine : «On ne peut pas tout rénover, il s’agit d’argent public»

Interpellé sur le sujet, Jean-Dominique Durand, l’adjoint au patrimoine, est bien d’accord sur « l’intérêt collectif » de l’œuvre, « mais il s’agit d’une propriété privée et ils ne nous ont rien demandé », explique-t-il.

« Si les propriétaires le souhaitent, ils peuvent faire une demande de subvention auprès de la mairie et nous l’examinerons, assure l’élu. Mais il faut savoir qu’il y a plus de cent fresques dans la ville, on ne peut pas tout rénover, il s’agit d’argent public. » Et de préciser : « Nous serions d’ailleurs légalement obligés de faire un appel d’offres, et ce n’est pas sûr que CitéCréation l’emporterait… »

Samuel TRIBOLLET

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