Édition Lyon au cœur des mémoires de Jean-Michel Jarre

Jean-Michel Jarre devant le fameux 3, cours de Verdun : « Je n’y ai jamais vécu, mais j’y suis né. »  Photo Progrès /Philippe JUSTE
Jean-Michel Jarre devant le fameux 3, cours de Verdun : « Je n’y ai jamais vécu, mais j’y suis né. » Photo Progrès /Philippe JUSTE

Le musicien lyonnais publie «Mélancolique Rodéo», une autobiographie dans laquelle il confirme son attachement à sa ville natale.

Une mère héroïne de la Résistance, un père star internationale : Avec un tel pedigree, Jean-Michel Jarre aurait pu se contenter du rôle de « fils de ». Mais le Lyonnais a préféré creuser son sillon, et s’inventer un métier, en sortant les musiques électroacoustiques de leur cénacle savant pour en faire des hymnes populaires, et en inventant une nouvelle forme de spectacle, festif et urbain. Dans les deux cas, à lire Mélancolique Rodéo, son autobiographie qui vient de sortir, c’est Lyon qui est le creuset de ces innovations.

Le magnétophone de Noël

Lyon, et en particulier le cours de Verdun, a été le terrain de jeu du petit Jean-Michel. Son grand-père paternel, André Jarre, et son épouse, Gabrielle, habitaient ce qui était alors une belle allée bordant le quartier d’Ainay, et pas encore l’autoroute A6.

Dans le grand appartement haussmannien des grands-parents, « je n’y ai jamais vécu, mais j’y suis né », écrit Jean-Michel Jarre. C’est ici que son inventeur de grand-père lui offre son premier magnétophone, « comme un acte de transmission », un soir de Noël.

Avant même d’être musicien, le jeune garçon se passionnera pour les sons, les enregistrements, et les bandes magnétiques. Ce qui, plus tard, lui ouvrira les portes du très convoité Groupe de recherches musicales (GRM), créé par Pierre Schaeffer, et lancera sa carrière musicale.

Le cours de Verdun place de la Concorde

Plus tard, le 14 juillet 1979, on lui propose de donner un grand concert sur la place de la Concorde, à Paris.

Il repense alors à la venue du Cirque Pinder, cours de Verdun, dans son enfance.

« Les caravanes débarquaient, […] la tente se montait, une représentation d’un soir, pas de seconde chance, tout donner. Le lendemain, les caravanes repartaient », se souvient le musicien.

Pour son concert, il veut cette ambiance : une fête populaire, gratuite, ouverte à tous. Et pas de second chance…

 Jean-Michel Jarre devant la statue de Jean-Paul II à Fourvière : il m’avait fasciné » se souvient le musicien. Photo Progrès /Philippe Juste
Jean-Michel Jarre devant la statue de Jean-Paul II à Fourvière : il m’avait fasciné » se souvient le musicien. Photo Progrès /Philippe Juste

Le concert pour le Pape

En 1986, Jean-Michel Jarre est de retour à Lyon, même si son cher cours de Verdun a été défiguré par le béton, ce qui a gâché la fin de vie de ses grands-parents.

Mais, à la demande du journaliste Jean-Louis Remilleux, il rencontre le cardinal Decourtray, pour évoquer un grand concert, à l’occasion de la venue de Jean-Paul II, le 5 octobre. 800 000 Lyonnais viendront célébrer la musique du gosse de Perrache.

« Dès le premier morceau, j’avais pris en plein cœur la mesure de ce qui m’arrivait, jouer dans ma ville natale, à la confluence pas seulement de deux fleuves, mais aussi de mes racines et de ma vie d’artiste », écrit Jean-Michel Jarre.

Jean-Michel Jarre : « Mélancolique Rodéo », éditions Robert-Laffont, 378 pages, 21 €

Thierry Meissirel

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