Santé Alzheimer : « La prévention permet de diminuer de 30 % les risques »

L’activité physique est un axe primordial de la prévention contre la maladie d’Alzheimer. Photo d'illustration Maxime JEGAT
L’activité physique est un axe primordial de la prévention contre la maladie d’Alzheimer. Photo d'illustration Maxime JEGAT

Activité physique, lien social et nutrition sont les trois grands leviers de prévention. Ils sont à la base de l’application Activie, lancée par l’Institut du vieillissement des HCL et la start-up Lili Smart, pour aider les seniors à bien vieillir.

Pratiquer une activité physique, garder une vie sociale active et maintenir une alimentation équilibrée. Toutes les études montrent qu’il s’agit là du “trépied” essentiel dans la prévention contre la maladie d’Alzheimer, selon l’expression du Pr Pierre Krolak-Salmon, président de l’Institut du vieillissement aux Hospices civils de Lyon, qui participera aux Entretiens Alzheimer, ce lundi à Lyon (lire par ailleurs).

20 000 utilisateurs potentiels à Lyon et Villeurbanne

« Avec les mesures de prévention, il est possible de diminuer de 30 % les risques de maladie d’Alzheimer. On peut vraiment repousser l’apparition des lésions et s’en sortir », estime Pierre Krolak-Salmon. C’est en s’appuyant sur ces trois leviers que le neuro-gériatre a imaginé le programme Activie, destiné à aider les personnes âgées à « bien vieillir ».

Coup de cœur du jury lors du hackathon “Hacking Health” de Lyon en 2016, ce projet est devenu une application grâce à la start-up Lili smart. Son principe ? Réussir à motiver les seniors pour qu’ils adoptent ces bonnes attitudes. Car les campagnes de sensibilisation ne suffisent pas : aujourd’hui, seule une minorité de personnes âgées marchent plus de 30 minutes par jour de façon régulière.

Ainsi, à l’issue d’un questionnaire, Activie propose à chacun un programme d’activités – marche, défis, participation à des événements locaux, etc. – ainsi que des objectifs personnalisés. Plus l’utilisateur remplit ses objectifs, plus il gagne des points qu’il convertit ensuite en cadeaux (places de cinéma et de théâtre, accès à des expositions, etc.).

Activie sera lancée fin octobre

Démarrée en janvier, la phase de tests a inclus plus de 100 utilisateurs avec lesquels l’application s’est “co-construite”, notamment en utilisant les principes du “nudge”. Utilisé en sciences comportementales, ce concept – que l’on peut traduire par “coup de pouce” – vise à changer un comportement en incitant sans contraindre.

L’application Activie sera lancée officiellement fin octobre sur les secteurs de Lyon et Villeurbanne, soit un périmètre de 20 000 utilisateurs potentiels (elle sera intégrée à la carte senior numérique). Mais d’autres collectivités montrent déjà leur intérêt comme Montpellier, Paris XVIIe et Montréal.

Recherche : l’échec des médicaments, l’espoir des autres thérapies

Si les messages sont encourageants côté prévention, les déceptions continuent du côté de la recherche médicamenteuse. Ces dernières années, plusieurs laboratoires ont mis fin à des essais cliniques en phases avancées parmi lesquels Merck, Janssen Biotech ou AstraZeneca, l’an passé.

Cette année, après Roche puis Biogen, c’est Novartis qui a stoppé son essai clinique Generation S2 après des analyses intermédiaires négatives. Les Hospices civils de Lyon participaient à cet essai. « C’est encore un coup dur. Plein de molécules marchent sur la souris, puis en phase préclinique et en phase 1 voire 2 chez l’homme, mais elles ne fonctionnent plus en phase 3. C’est sans doute parce qu’on s’adresse à la maladie trop tard. Ce n’est peut-être pas la bonne piste thérapeutique », explique le Pr Pierre Krolak-Salmon, responsable de l’Institut du vieillissement aux HCL. Cependant, la recherche médicamenteuse « reste dynamique », précise le Pr  Krolak-Salmon. Il reste encore 128 molécules en développement dans le monde, dont cinq font l’objet d’essais thérapeutiques à un stade précoce aux HCL.

Aujourd’hui, ce sont les recherches explorant les pistes non médicamenteuses qui suscitent de l’espoir, comme cet essai canadien basé sur des ateliers de remédiation cognitive. « Pour la première fois, on a vu que ces techniques fonctionnaient sur la cognition et le stress », souligne le chercheur lyonnais.

Partager les dernières données thérapeutiques

Les Entretiens Alzheimer se dérouleront à l’hôtel de ville de Lyon ce lundi 30 septembre, de 14 à 18 heures, en présence du Dr Olivier de Ladoucette, psychiatre gérontologue, président-fondateur de la fondation pour la recherche sur alzheimer, le Pr Bruno Dubois, neurologue, co-fondateur de la fondation, le Pr Pierre Krolak-Salmon, responsable de l’Institut du vieillissement, le Dr Bernard Croisile (hôpital neurologique) et Christelle Bardet, membre du comité d’honneur de la fondation. Cette conférence, ouverte au grand public, a pour objectif de partager les dernières données thérapeutiques et les perspectives d’avenir sur la maladie d’Alzheimer.

Inscription par mail : evenements@alzheimer-recherche.org ou au 01.42.17.75.19.

Sylvie MONTARON

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