SANTE Lyon 1: un centre de santé aux petits soins pour les étudiants

Le centre de santé universitaire de la Doua.  Photo Progrès /Joël PHILIPPON
Le centre de santé universitaire de la Doua.  Photo Progrès /Joël PHILIPPON

Ouvert en avril 2018, le Centre de santé universitaire de Lyon 1 propose aux étudiants des consultations avec des médecins généralistes, psychiatres, infirmiers et psychologues. Il met l’accent sur la santé mentale, la vie affective et sexuelle ou encore les addictions.

Balayée l’image vieillotte de la « médecine préventive universitaire » dont on se demandait à quoi elle servait… Depuis avril 2018, l’Université Lyon 1 dispose d’un Centre de santé universitaire (CSU). Et ça change tout… Car désormais, les étudiants peuvent y consulter un médecin généraliste – qui peut devenir leur médecin traitant – sur les campus de la Doua, de Lyon Est et, à partir de janvier 2020, Lyon sud.

Sur le plan gynécologique, les étudiantes peuvent se faire prescrire des contraceptifs, la pilule du lendemain, poser ou enlever des implants et des stérilets, réaliser les frottis. Grâce à un partenariat avec un laboratoire, les prélèvements peuvent être réalisés au CSU : prises de sang pour des bilans ou la recherche d’IST (Infections sexuellement transmissibles) et du VIH en cas de rapport sexuel à risque.

Il faut compter une semaine en moyenne pour un rendez-vous avec un médecin généraliste qui peut être pris directement sur le site internet du Service de santé universitaire (SSU). Mais un binôme médecin-infirmière assure chaque jour une astreinte pour recevoir les petites urgences : malaise, points de suture…

L’anxiété et la dépression explosent chez les jeunes

L’équipe médicale du centre organise aussi, en lien avec la mission handicap, l’aménagement des études et/ou des examens pour les étudiants souffrant de handicap physique ou psychique : plus de 500 nouvelles demandes ont été effectuées en 2018 portant à environ 800 le nombre d’étudiants bénéficiant d’aménagements.Très majoritairement pour des troubles de l’apprentissage type DYS mais aussi souvent pour des troubles psychiques.

« L’anxiété et la dépression explosent chez les jeunes », s’inquiète le Dr Françoise Guyonnet-Delorme. Comme est venu le rappeler le suicide, en mai, d’une interne en médecine de Lyon sud, les étudiants en santé sont « un profil à risque de troubles avec un risque suicidaire très fort », souligne le Dr Caroline Combes, directrice du SSU de Lyon 1. Elle se souvient ainsi d’un étudiant arrivé avec le couteau avec lequel il pensait passer à l’acte.

La santé mentale est donc une priorité du SSU. Les étudiants peuvent ainsi être vus par une psychiatre au centre de santé et consulter une psychologue. Des ateliers de gestion du stress et d’affirmation de soi leur sont aussi proposés dans lesquels sont utilisés l’hypnose, la méditation de pleine conscience, la sophrologie, etc.

« L’idée est de leur apporter des techniques dont ils ne pourraient pas bénéficier en libéral vu le prix et qu’ils pourront réutiliser », explique le Dr Combes. Des expériences menées en Australie et au Canada, montrent que cette prise en charge précoce et multidisciplinaire permet non seulement d’éviter une entrée traumatisante dans la maladie qui se fait trop souvent via les urgences mais aussi de maintenir ces patients dans leurs études.

Sylvie MONTARON

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