Rhône Les pompiers se dotent d’un outil révolutionnaire: la simulation en 3D

Les sapeurs-pompiers s’exercent à la gestion des secours grâce à une simulation en 3D d’un immeuble en feu à l’école départementale et métropolitaine des sapeurs pompiers de Lyon et du Rhône (SDMIS 69). Photo Progrès /Maxime JEGAT
Les sapeurs-pompiers s’exercent à la gestion des secours grâce à une simulation en 3D d’un immeuble en feu à l’école départementale et métropolitaine des sapeurs pompiers de Lyon et du Rhône (SDMIS 69). Photo Progrès /Maxime JEGAT

Une centaine de lieutenants bénéficie depuis quelques jours d’un outil de simulation opérationnelle en 3D.

À l’école des sapeurs-pompiers du SDMIS (Service départemental-métropolitain d'incendie de secours) de Saint-Priest, on accueille régulièrement des lieutenants pour la formation triennale, qui permet, durant trois jours, de maintenir les acquis et de faire une mise à jour des nouvelles méthodes. Depuis le 16 septembre, les formateurs disposent d’un nouvel outil : la simulation 3D.

« Grâce à cette technologie, nous recréons une situation opérationnelle, comme un incendie », explique le capitaine Benoît Ras, en charge de la pédagogie. En l’occurrence, celui d’une pharmacie.

« Nous pouvons tester nos lieutenants dans un environnement serein, devant un écran, et leur faire gérer les contraintes. »

« L’outil numérique va changer la donne »

Même si l’environnement ressemble à celui des Sims, célèbre saga de simulation de vie des années 2000, ce n’est pas un jeu pour les sapeurs-pompiers.

« Nous avons pris un virage numérique en 2017 et nous continuons à prendre des orientations sur cet aspect, explique le capitaine Thierry Saieva, en charge du développement de l’outil. Ce n’est pas un moyen de baisser les coûts de formation, c’est une vraie plus-value, une ambition. » En effet, dans les semaines à venir, une centaine de lieutenants pourra être formés dans plusieurs environnements, ce qui doit permettre de densifier les compétences.

« Les mises en situation sur plateaux techniques sont complexes, longues à mettre en œuvre et tout le monde ne peut pas passer. L’outil numérique va changer la donne. »

Car, derrière chaque simulation, il y a un opérateur technique. C’est lui qui fixe les règles en début de simulation (habitants, rues, voitures, volume du feu, fumées…), en relation avec les besoins pédagogiques. C’est lui qui fait évoluer le scénario en fonction des décisions du stagiaire.

Le Groupama Stadium bientôt reproduit ?

« Notre outil vient des Pays-Bas, donc les environnements ne sont pas très locaux, pour l’instant. Mais Chambéry a déjà un quartier comme à la maison et, bientôt nous espérons en faire de même avec Lyon. Et même avec des lieux emblématiques et spécifiques, comme la cathédrale Saint-Jean ou le Groupama Stadium. »

En 2020, ce sont les chefs de colonne qui pourraient être formés grâce à cet outil sur des cas plus rares, comme des accidents d’avion et des tueries de masse. À terme, tous les cadres du SDMIS seront concernés.

Pierre FOARE

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