Environnement Le moustique tigre aura colonisé toute la Métropole lyonnaise «d’ici à 2 ans»

Le moustique tigre.  Photo Progrès /DR
Le moustique tigre.  Photo Progrès /DR

Près des trois quarts des communes seront désormais touchées, selon les derniers comptages réalisés par l’Entente interdépartementale de démoustication.

Une fois implanté dans un territoire, il ne part plus et grignote chaque année un peu plus de terrain. Ainsi, depuis son arrivée dans le Rhône en 2012, le moustique tigre continue chaque année sa progression , « au rythme attendu », selon l’Entente interdépartementale de démoustication (EID) Rhône-Alpes.

Neuf villes touchées en plus

À la fin de la saison 2018, l’EID avait relevé sa présence dans 34 des 59 communes de la Métropole soit 58 %. Cet été, le moustique tigre a été repéré dans neuf communes supplémentaires mais l’EID ne communique pas leur nom tant que le bilan 2019 n’est pas arrêté. Il le sera à la fin de la surveillance saisonnière qui s’étend du 1er mai au 30 novembre.

C’est donc près des trois-quarts de la Métropole (73 %) qui sont désormais colonisés et l’ensemble du territoire devrait l’être « d’ici deux ans », estime Christophe Bellet, entomologiste, responsable de l’agence de Décines-Charpieu de l’EID. Le moustique tigre étant un insecte urbain, la colonisation du reste du département, plus rural, s’effectue à un rythme plus lent. Fin 2018, 28 communes étaient colonisées au-delà de la Métropole. Elles seront au moins 12 de plus à la fin de la saison 2019.

Christophe Bellet, responsable de l’agence de l’entente de démoustication du Rhône.   Photo Progrès /Alexis TAYEB
Christophe Bellet, responsable de l’agence de l’entente de démoustication du Rhône.   Photo Progrès /Alexis TAYEB

Nuisance très forte dans les communes récemment colonisées

Les épisodes de canicule de cet été ont eu une incidence sur le cycle de développement du moustique tigre, qui s’accélère sous l’effet des fortes températures.

Pour autant, la densité est restée à peu près identique à celle de 2018, selon l’EID. « Les habitants des communes anciennement colonisés comme Vénissieux ou Saint-Priest n’ont pas vu de différence.

En revanche, les nuisances ont explosé dans les communes touchées en 2017 comme Vaulx-en-Velin et Sainte-Foy-lès-Lyon. La présence du moustique tigre y avait été relativement peu importante en 2018 mais elle a explosé en 2019 », explique Christophe Bellet.

Le nombre de signalements effectués par des particuliers (600 en 2017 et 3 000 en 2018) devrait donc augmenter cette année.

Sécheresse : pas un souci pour la bestiole

Quant à la sécheresse, elle n’a eu aucune incidence sur la présence du moustique tigre. « Qu’il pleuve ou non, les gens stockent toujours de l’eau de pluie ; il y en a partout sur le domaine privé », relève l’entomologiste de l’EID.

À l’inverse, les espèces de moustiques vivant dans les prairies et zones inondables ont manqué de lieux de pontes et leurs populations ont été limitées cet été sur ces secteurs.

Sylvie MONTARON

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