TRANSPORTS De plus en plus de « vélotafeurs »

Depuis janvier 2019, 2,7 milliards de passages de cyclistes ont été comptés par Eco-Compteur.  Photo Progrès / Joel PHILIPPON
Depuis janvier 2019, 2,7 milliards de passages de cyclistes ont été comptés par Eco-Compteur. Photo Progrès / Joel PHILIPPON

Gain de temps et d’argent, sentiment de liberté, protection de l’environnement… Les arguments ne manquent pas pour ceux qui, de plus en plus nombreux, choisissent de se déplacer à vélo, toute l’année, pour les trajets domicile-travail. Une tendance de fond confirmée par les chiffres : la croissance annuelle du trafic cycliste est de +15 % depuis six ans.

On la croise quai Fulchiron, pédalant sur un VTT avec des talons dorés. Laetitia, 37 ans, travaille depuis deux ans, dans une banque située dans le quartier de la Confluence. Et, depuis la rentrée, elle a adopté le vélo pour y aller. Moins de 20 minutes, montre en main, assure-t-elle, entre le Vieux Lyon et Perrache. Ça lui a pris, comme ça, comme une bonne résolution de rentrée.

D’un côté, elle en avait assez d’être dépendante des transports en commun, de l’autre, elle se disait que c’était plutôt bon pour sa santé. Et pour l’environnement. Toutes les cases étaient cochées…

J'ai pensé au vélo. J'en voyais de plus en plus

« Je n’ai jamais eu de voiture depuis que je vis à Lyon. Trop cher. Je prenais les transports en commun. Mais je n’étais pas autonome. Alors j’ai pensé au vélo. J’en voyais de plus en plus. Je me suis dit "j’essaie…". Franchement, pour l’instant, je ne regrette pas du tout. Après, on verra avec l’hiver. Je ne sais pas si je supporterai d’avoir froid… Mais pour l’instant, j’aime bien. »

Elle n’est pas la seule à avoir sauté le pas. Sur les réseaux sociaux, on ne compte plus le nombre de témoignages de Lyonnais et Grands Lyonnais, qui racontent comment ils se lancent dans l’aventure du « #vélotaf  », un mot-clé qui regroupent ceux qui ont fait du vélo, leur mode de déplacement principal pour les trajets domicile-travail et retour. « Pistes cyclables de Lyon, me voilà », lit-on sur twitter.

Il y a un an, l’apparition des premiers bouchons de vélos à la Part-Dieu , quartier d’affaires, signait une tendance. Une tendance qui se confirme aujourd’hui avec un emballement. Dans les rues de Lyon, sur les pistes cyclables, les "vélotafeurs" sont de plus en plus nombreux. Il suffit de pédaler pour le constater.

En un an, 2000 passages de plus en vélo par jour

Les chiffres le confirment. Entre septembre 2018 et septembre 2019, Eco-Compteur, qui permet à la Métropole d’avoir des données de fréquentation vélo sur son territoire, grâce à 71 points de comptage, enregistre ainsi en moyenne 2000 passages de plus en vélo par jour sur le territoire.

L’année qui vient de s’écouler démontre que la tendance est tout sauf un effet de mode. Depuis janvier 2019, 2,7 milliards de passages ont ainsi été comptés par Eco-Compteur qui parle de « tendance de fond » et affirme que dans la Métropole de Lyon : « La croissance du trafic cycliste est de +15 % par an depuis 6 ans, et de 370 % en 10 ans ».

Il y a encore quelques années, le cycliste était l'original du groupe

« Il y a encore quelques années, le cycliste était l’original du groupe. Aujourd’hui, ça devient vraiment monsieur et madame tout le monde », commente Fabien Bagnon, de la Ville à vélo.

Madame tout le monde à l’image d’Imène qui roule vers le quartier de la Guillotière, là où se trouve son école de communication. « C’est plus économique et plus rapide qu’une voiture. Je prends un Vélo’V en bas de chez moi, avenue Lacassagne, et je suis très vite sur place. »

Imène, chaque jour, se rend à son école en Vélo’V. Photo Progrès /Dominique CAIRON
Imène, chaque jour, se rend à son école en Vélo’V. Photo Progrès /Dominique CAIRON

Un trajet presque bucolique

Un gain de temps aussi pour Nadège, croisée dans le quartier de la Part-Dieu, où elle travaille. Chaque matin, elle fait la route depuis Sans-Souci. Et pour elle, les pistes aménagées du réseau cyclable sont un autre, vrai, argument. Un coupe-file, qui lui permet de rouler de manière fluide. « C’est un trajet très bien sécurisé, le long de la ligne de l’Est, et presque bucolique, explique-t-elle. Prendre le vélo, sur cette portion, c’est plus rapide qu’en voiture. Sans compter, le temps que l’on passe à se garer. Et puis c’est plus écolo. »

La protection de la planète. Finalement, c’est l’argument qui revient le plus chez ceux qui rejoignent le mouvement. Parfois même de manière un peu ironique. « Moi je pédale pour aller au travail, sourit Jean. Et en retour quoi ? J’avale toute les particules fines et les gaz d’échappement. Mais c’est ça aussi, le plaisir du vélotaf. Pas vrai ? »

T.V. avec Dominique CAIRON, correspondant local de presse

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