Société Nuisances nocturnes en Presqu’île: la colère enfle et s’étend

Les riverains ont fait entendre leur ras-le-bol au conseiller municipal François Royer (5 e en partant de la droite).   Photo Progrès /Michel NIELLY
Les riverains ont fait entendre leur ras-le-bol au conseiller municipal François Royer (5 e en partant de la droite).  Photo Progrès /Michel NIELLY

Musique, moteurs en sur régime, cris, injures et comportements incivils indisposent, la nuit, de plus en plus les riverains qui vivent rue Mercière, rue d’Albon ou encore quai Saint-Antoine. Témoignages.

« De 1 heure à 4 heures du matin, il y a surtout en fin de semaine des bouchons de véhicules, musique à fond via leurs fenêtres ouvertes et pétarades des moteurs. C’est insupportable. Impossible de dormir. » Le témoignage de Bénédicte est à l’image de ce que vivent les Lyonnais qui habitent dans le quartier du quai Saint-Antoine à Lyon.

Des décisions prises mais jugées insuffisantes

Le 12 septembre, quinze d’entre eux, propriétaires se sont invités en mairie du 2e arrondissement pour se plaindre des nuisances sonores qui empoisonnent leurs nuits, quai Saint-Antoine mais aussi place d’Albon et rue Mercière.

Reçus par François Royer, conseiller municipal délégué à la vie commerciale et sociale, ils ont pu traduire leur colère. Une colère qui enfle en Presqu’île et qui s’étend. Rue Édouard Herriot, rue de Brest… La mobilisation du collectif “Presqu’île en colère” – qui est sur le point de saisir la justice pour réclamer la fin des nuisances nocturnes – semble libérer la parole. Et les décisions prises par la mairie, parmi lesquelles la mise en place de la vidéo verbalisation ne semblent pas suffire.

« L’enfer »

« Les rodéos rue Mercière sont légion », lancent Jocelyne et Marlène. « En pleine nuit, entendre mes petits-enfants gémir parce qu’ils sont réveillés brutalement, c’est dur et je vais être obligé de moins les accueillir. Ce n’est pas normal », lâche Hugues.

Et tous de se demander pourquoi la loi qui impose un certain silence après 22 heures n’est pas appliquée. Certains souhaiteraient inviter un élu et des policiers après minuit pour qu’ils comprennent que c’est parfois « l’enfer ».

L’élu explique alors la séparation des pouvoirs publics en matière de sécurité et de circulation, et le fait que la mairie d’arrondissement dans ce domaine n’est qu’un relais d’information. Une manière de dire que les mécontents doivent s’adresser à la mairie centrale et au maire de Lyon… Pétition, courrier personnalisé de plaintes, lien avec des associations comme “Presqu’île en colère”, démarches auprès des municipalités, de la Métropole et police préfecture, ces propriétaires n’entendent pas baisser les bras.

Ils réclament des contrôles policiers, surtout après minuit.

De nouveaux débordements

Dans la nuit de samedi 14 à dimanche 15 septembre, les tensions sont montées d’un cran. Excédé par ces tapages, un riverain a lancé vers 1h45 du matin un projectile d’un immeuble de la rue Édouard-Herriot, brisant la vitre d’une des voitures bruyantes.

En représailles, des individus ont fracassé à coups de pied deux portes d’un immeuble puis sont montés à tous les étages, tambouriner, insulter et menacer les habitants. 

L'enquête a été confiée au commissariat du 2e.

« Samedi dans la nuit, nous avons franchi un cap dans la violence. Nos enfants étaient effrayés et le sont toujours. Heureusement, la police nationale est intervenue rapidement. Elle est restée un temps sur le secteur. Mais dès son départ, le vacarme a repris de plus belle à 3 heures du matin. Ça va beaucoup trop loin. Nous n’allons pas nous laisser faire », témoigne une habitante.

Le collectif Presqu’île en colère qui envisage d’aller devant la justice, a déjà prévenu les différentes collectivités, que la situation s’envenimait et pouvait dégénérer. Sur leur site Facebook créé en mars dernier, les deux cofondatrices continuent pour leur part leur appel au calme et de filtrer les posts : « Soyez aimable et courtois. Créer un environnement chaleureux, c’est notre responsabilité à tous. Traitons tout le monde avec respect. Il est normal d’avoir des débats constructifs, mais il est essentiel de rester aimable. »

Elles savent, cependant, qu'il devient de plus en plus difficile de demander à des milliers d’habitants qui ne dorment plus depuis des mois de rester calme « dans un contexte où les pouvoirs publics prennent certes des mesures, mais qui n’enrayent absolument pas le phénomène en deuxième partie de soirée ».

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?