ENVIRONNEMENT Du compost en ville, si, c’est possible

Marc Ferrieux, responsable de OuiCompost, devant la grosse machine qui va servir à digérer des kilos de déchets verts plus rapidement.  Photo Progrès /Muriel FLORIN
Marc Ferrieux, responsable de OuiCompost, devant la grosse machine qui va servir à digérer des kilos de déchets verts plus rapidement. Photo Progrès /Muriel FLORIN

Installer en ville des machines capables de digérer les déchets organiques et de les restituer pour créer des terres fertiles, également en milieu urbain : c’est le pari de OuiCompost, une jeune société lyonnaise.

Tous ceux et celles qui ont déjà essayé peuvent en témoigner : faire du compost sur son balcon, ce n’est pas si simple. Trop d’humidité, pas assez, des moucherons, des tours de garde à organiser pendant les vacances… Il faut s’accrocher. De là à jeter ses déchets verts dans la poubelle ordinaire, destinée à l’incinération ? C’est énervant. « On brûle de l’eau, c’est quand même un comble ! », résume Marc Ferrieux, animateur de OuiCompost. Cette jeune société lyonnaise propose une alternative : implanter de petites unités de compostage en ville.

« Cela correspondait à mes convictions écologiques »

Depuis un an, Marc Ferrieux a cessé de travailler dans le milieu cinématographique pour se lancer dans cette aventure, à la suite d’une rencontre avec un ingénieur, Alexandre Chatelain. « Cela correspondait à mes convictions écologiques », explique-t-il.

La société est née en mars 2019 après avoir bénéficié d’un accompagnement de Ronalpia (incubateur de projets économie sociale et solidaire) et du soutien de l’Isara (école formant des ingénieurs agronomes). Sous de bons auspices, avec de bonnes fées, mais aussi avec une clientèle déjà fidélisée. Car depuis plusieurs mois, à raison d’une à trois fois par semaine, Annie Gauthier, bénévole dans la petite équipe, passe chez une vingtaine de clients. Restaurateurs, traiteurs, fleuristes ou supérettes, ils lui remettent des seaux pleins de déchets, qu’elle pose dans la remorque de son vélo. En échange, elle leur remet des seaux vides, et c’est reparti !

Mais c’est vite lourd, cela prend de la place et aussi du temps. Celui de la collecte, et celui nécessaire pour transformer les déchets en compost utilisable : environ six mois. Or, les besoins vont certainement augmenter sous l’effet d’une réglementation plus contraignante. Aujourd’hui, seuls ceux qui produisent plus de 10 tonnes de bio déchets par an doivent les trier. À partir de 2023, les collectivités devront collecter séparément. Si cela existe déjà dans certaines agglomérations (Toulouse, Bordeaux, Paris), Lyon n’a encore rien mis en place. OuiCompost est donc sur les rangs.

Une machine rare

Pour développer une solution de proximité, la société vient d’acquérir une machine plutôt rare, capable de traiter 150 kilos de déchets et d’apporter la preuve que des unités de compostage fonctionnent en milieu urbain. « Un composteur électro-mécanique, qui permet d’augmenter rapidement la température des déchets à 70 degrés, indique Marc Ferrieux. En dix jours, les biodéchets sortent en compost. Après quinze jours de maturation à l’extérieur, celui-ci est prêt à l’utilisation. » Le problème de stock est réglé. Et que fera-t-on de tout ce compost ? Il servira à favoriser la végétalisation urbaine – cours, murs, toits – pour rafraîchir la ville. La boucle est bouclée.

Muriel FLORIN

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?