TRANSPORTS Nœud ferroviaire lyonnais: cinq points pour tout comprendre

La gare Part Dieu accueille 120 000 personnes par jour, pour une capacité originelle de 35 000.  Photo d’illustration Progrès/Joël PHILIPPON
La gare Part Dieu accueille 120 000 personnes par jour, pour une capacité originelle de 35 000.  Photo d’illustration Progrès/Joël PHILIPPON

La Commission nationale du débat public a remis mercredi à SNCF Réseau ses recommandations à la suite de trois mois de débat, lors duquel aucun consensus n’a émergé. Le point sur la situation.

1 Le problème et le projet

1 200 trains traversent Lyon chaque jour. La SNCF juge que nous avons à Lyon le nœud ferroviaire le plus emprunté de France. Et aussi, le plus congestionné. Depuis 2005, le trafic a atteint un plafond et ne peut plus augmenter en heure de pointe. Et Auvergne Rhône-Alpes (Aura) est l’avant-dernière région française en termes de ponctualité.

SNCF Réseau a donc lancé un projet de désaturation du Nœud ferroviaire lyonnais (NFL), censé doubler le trafic à l’horizon 2040. Il comporte le passage à quatre voies de la ligne existante de Grenoble entre Saint-Fons et Grenay, ainsi que la création de deux voies supplémentaires entre Saint-Clair et Guillotière, sur dix kilomètres.

2 Débat public : quels participants ?

SNCF Réseau a fait appel à la Commission nationale du débat public (CNDP) pour organiser un débat sur le sujet. Durant trois mois (11 avril-11 juillet), 2 500 personnes ont participé à seize réunions publiques, six ateliers débats, et divers débats mobiles, en Aura. Une participation relativement faible, donc, et qui a plus intéressé un public averti qu’un citoyen lambda. « Les contributions étaient très argumentées, elles émanaient d’un public qui avait déjà une expertise », reconnaît Chantal Jouanno, présidente de la CNDP.

3 Qu’est ce qui fait polémique ?

Le point le plus polémique concerne les deux voies supplémentaires entre Saint-Clair et Guillotière, qui peuvent se construire en souterrain ou en surface. La première option est défendue par les collectivités et implique de construire une gare souterraine à la Part-Dieu, faisant grimper la facture à 4,3 milliards d’euros. L’option surface, elle, plafonne à 2,8 milliards et a la préférence des associations, qui craignent une pollution des nappes phréatiques avec la solution souterraine et préfèrent employer le 1,5 milliard de différence à autre chose.

4 Quelles conclusions ?

C’est là que tout cela devient comique. Le document de 150 pages remis à SNCF Réseau ne prend position sur rien. « Nous constatons une absence de consensus  », a indiqué mercredi Jean-Claude Ruysschaert, président de la Commission particulière du débat public sur le NFL. Ainsi, sur le sujet souterrain/surface, la CNDP juge qu’il est « nécessaire d’approfondir les études environnementales et de réalisation ». « Notre rôle est de veiller à ce que toutes les paroles soient retranscrites, sans hiérarchiser, se défend Chantal Jouanno. Nous ne sommes pas là pour trancher. »

Un point qui fait consensus : tout le monde est d’accord pour dire qu’il y a saturation et qu’attendre 2040 pour obtenir des améliorations, ça fait quand même un peu long. La CNDP conseille donc à SNCF Réseau de mettre en œuvre un « plan d’intervention à court ou moyen terme ». Rappelons que ce débat a coûté 1,2 million à SNCF Réseau…

5 Du coup, les décisions sont pour quand ?

Le maître d’ouvrage a désormais trois mois pour répondre aux recommandations de la CNDP. Des représentants de SNCF Réseau nous ont indiqué qu’ils auront plusieurs possibilités : annoncer leur décision définitive sur les points polémiques, ou décider « d’approfondir le sujet » avec la commande de nouvelles études. S’il y a une chose de certaine, c’est que l’on n’est pas près de désengorger le nœud ferroviaire !

Diane MALOSSE

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