COMMERCE Horaires étendus et ouverture le dimanche: Casino accélère à Lyon

Le Casino Lyon Gambetta dit « Garibaldi » ouvert à toute heure du jour et de la nuit, depuis le 6 décembre 2018.  Photo d’illustration Progrès /Delphine BARBOT
Le Casino Lyon Gambetta dit « Garibaldi » ouvert à toute heure du jour et de la nuit, depuis le 6 décembre 2018.  Photo d’illustration Progrès /Delphine BARBOT

Le groupe stéphanois teste dans plusieurs de ses enseignes un système d’ouverture dominicale l’après-midi sans personnel, notamment à Lyon.

« Figurez-vous que le point de départ de notre stratégie est à Lyon ! » Du côté de la communication du groupe Casino , fondé par Geoffroy Guichard et toujours implanté à Saint-Etienne, on est très fier de mettre en avant la nouvelle expérimentation de l’entreprise : l’ouverture de certaines de ses enseignes le dimanche après-midi, sans personnel, mais avec des caisses en libre-service, encadrées par des agents de sécurité venant « d’une société extérieure ».

Le premier magasin test en France, le Casino du cours Gambetta , dans le 7e arrondissement de Lyon, avait mis en place ce système fin 2018, avec une ouverture 24 heures sur 24, du lundi au dimanche. D’autres supermarchés de l’entreprise ont suivi, avec des horaires variables, certains fermant à 21 heures. Depuis le 25 août, le principe est élargi à un hypermarché , le géant Casino de la Roseraie, à Angers (Maine-et-Loire). Au total, 80 magasins sont actuellement concernés par cette phase de test, dont sept dans le Rhône (lire par ailleurs) sur les 430 supermarchés et la centaine d’hypermarchés que compte le groupe en France.

Les agents de sécurité prennent le relais

Cette ouverture dominicale complète ou presque - suivant les magasins donc - est permise par la loi Macron, qui donne le droit aux grandes surfaces alimentaires d’ouvrir leurs portes jusqu’à 13 heures le dimanche, Casino étendant cette plage horaire en faisant appel à des salariés prestataires (les agents de sécurité précités). Deux particularités le dimanche après-midi, pour les produits en vente : pas de boucherie, pas de boulangerie, pas de poissonnerie, et pas de vente d’alcool. Et comme les caisses sont automatiques, les règlements sont possibles uniquement en carte bancaire ou via une appli.

« On ne peut pas lutter contre la robotisation »

Mais les syndicats restent inquiets. Laurence Gilardo, secrétaire générale FO SNTA – Groupe Casino, craint deux possibilités : « Si le test avec les machines ne fonctionne pas, c’est la porte ouverte pour faire travailler les salariés à partir de 7 heures, ou jusqu’à 22 heures. Et si ça fonctionne… on ne peut pas lutter contre la robotisation bien sûr, mais il faut un équilibre, pour sauvegarder l’emploi. Si les clients s’habituent à ce système, l’entreprise va-t-elle finir par supprimer l’emploi de caissier ? D’un autre côté, les clients souhaitent-ils vraiment des magasins sans service, déshumanisés ? Je n’en suis pas sûre… »

Si Casino ne dévoile pas de chiffres concernant les premiers mois de test, le groupe assure que « la fréquentation va crescendo, les clients prennent l’habitude de ces nouveaux horaires ». Dans le magasin lyonnais qui a inauguré le concept, « on pensait répondre à une demande d’appoint, mais on a vu des gens venir faire des courses complètes pour une famille entière à 3 heures du matin ! »

Du côté de Sathonay-Camp, l’un des magasins test du Rhône, on signale une hausse de 4 % du chiffre d’affaires avec un panier moyen qui oscille entre 20 et 30 €.

Si le groupe Casino prend ce virage, c’est « pour gonfler le chiffre d’affaires », glisse la représentante Force ouvrière, alors qu’il traverse une crise importante. Une analyse financière réalisée par la CFDT en mars 2019 mettait en avant une dette abyssale de 2,7 milliards d’euros , le syndicat parlant d’une « stratégie à la dérive ».

Casino, propriétaire des supermarchés Géant, Monoprix, Franprix, Naturalia et Cdiscount, a appris jeudi 23 mai que sa maison mère, Rallye, fait l’objet d’une procédure de sauvegarde. Le groupe a prévu de céder une quarantaine de magasins , dont neuf hypermarchés. Globalement, c’est tout le secteur de la grande distribution qui cherche des solutions pour contrer l’effritement des ventes en hyper dont le chiffre d’affaires a baissé de plus de 3 % entre 2010 et 2018 (source Nielsen).

Olivier PHILIPPE-VIELA

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