EDUCATION Parcoursup : l'avenir de Flavie se dessine en pointillé

La jeune dessinatrice handicapée, primée plusieurs fois à Angoulême, n’a pour le moment pas de formation pour l’an prochain…  Photo Progrès /David TAPISSIER
La jeune dessinatrice handicapée, primée plusieurs fois à Angoulême, n’a pour le moment pas de formation pour l’an prochain… Photo Progrès /David TAPISSIER

A 19 ans, Flavie Ruet est une talentueuse dessinatrice qui vient d'obtenir son bac professionnel. Sauf que Parcoursup, qui ne lui permet pas d'intégrer la formation qu'elle souhaite, ne lui donne pas accès aux études supérieures. Pour l'étudiante, atteinte d’un trouble autistique, c'est l'incompréhension.

Un cahier rempli de personnages, de cases et de bulles. Crayon à la main, Flavie Ruet dessine… et immédiatement son regard s’illumine.

Pour la Lyonnaise de 19 ans, le dessin est bien plus qu’une passion. Elle trouve en effet, grâce au 9e art, un moyen de s’exprimer avec talent comme le prouvent les prix qu’elle a remportés au Salon de la BD à Angoulême. Mais malgré son courage et son travail, Parcoursup semble poser les limites de sa future orientation.

Depuis sa plus tendre enfance, l’étudiante est atteinte d’un trouble autistique et plus précisément d’une dysharmonie évolutive. Après un passage en CLIS -classe pour l’inclusion scolaire- elle parvient toutefois à réintégrer un collège classique à Bron et à poursuivre jusqu’au Bac au lycée du Premier film à Lyon 8e. Une fierté pour Flavie qui a décroché son bac pro, en juin dernier, en communication visuelle pluri-média avec 11,55 de moyenne.

La complexité Parcoursup

C'est toutefois insuffisant pour s’assurer une place et une formation supérieure, malgré un bon dossier scolaire et une fiche avenir avec un avis « très satisfaisant ». Flavie, comme tous les élèves de Terminale, a saisi ses choix en février. La jeune dessinatrice s'est tournée vers la formation qui lui semble la plus adéquate compte tenu de son handicap et de son savoir-faire, à savoir un Diplôme national des métiers des arts et du design, à la SEPR mais aussi au lycée La Martinière-Diderot.

En mai, elle apprend le refus de la Martinière et son placement sur liste d’attente à la SEPR. Pleine d’espoir, elle patiente toutes les vacances et passe de la 37e place à la 3e… « Je suis allée faire les portes ouvertes et j’ai même passé, à ma grande surprise, mon bac là-bas », explique la jeune femme. « J’y croyais dur comme fer. »

La rentrée est passée… Flavie n’a pas été contactée. « Nous les avons appelés mais c’était la rentrée et ils nous ont répondu qu’ils étaient débordés et qu’il fallait que nous pensions à un plan B », ajoute Nathalie Ruet, la mère de Flavie. La commission d’accès à l’enseignement supérieur (CAES) qu'elle a saisie ne leur ayant pas apporté plus de solutions. la jeune fille, qui souhaite être animatrice 3D ou illustratrice, est aujourd'hui désespérée.

Une filière très recherchée

Un cas hélas fréquent, lié à la demande importante pour cette filière. La SEPR, en tant qu’école des métiers, est très attentive aux filières techniques et professionnelles. De plus, la structure, très sensibilisée vis à vis du handicap, est labellisé H +  possède d'ailleurs en son sein une unité localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS). Le problème de Flavie est simplement lié au succès de la formation qui est limitée à une quinzaine de places.

Une situation délicate et sans doute encore plus dure à vivre pour cette jeune fille, compte tenu de son handicap. Son éventuelle admission dépend désormais de l’éventuel abandon de la formation par un élève…

David TAPISSIER

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