Environnement Quand la nature fait son retour en ville

Les équipes techniques continuent de désherber mais autrement : en arrachant, en coupant, en brûlant… Par choix, le végétal est préservé, comme ici au bord d’un trottoir avec cet arbuste Paulownia.  Photo Progrès /DLPG
Les équipes techniques continuent de désherber mais autrement : en arrachant, en coupant, en brûlant… Par choix, le végétal est préservé, comme ici au bord d’un trottoir avec cet arbuste Paulownia.  Photo Progrès /DLPG
Les herbes folles envahissent les trottoirs. Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Les herbes folles envahissent les trottoirs. Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Les herbes folles apprécient tout particulièrement les coins de terre au pied des arbres.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Les herbes folles apprécient tout particulièrement les coins de terre au pied des arbres.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
En ville, on attend que les herbes folles atteignent une bonne hauteur pour les couper.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
En ville, on attend que les herbes folles atteignent une bonne hauteur pour les couper.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Un figuier qui pousse avec très peu de terre en pleine ville.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Un figuier qui pousse avec très peu de terre en pleine ville.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
La lutte contre l’oxalis est particulièrement difficile. Le désherbage thermique peut être utilisé pour le détruire à condition de répéter l’opération plusieurs fois. Il est également possible de couper systématiquement les tiges au ras du sol afin de les épuiser progressivement.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
La lutte contre l’oxalis est particulièrement difficile. Le désherbage thermique peut être utilisé pour le détruire à condition de répéter l’opération plusieurs fois. Il est également possible de couper systématiquement les tiges au ras du sol afin de les épuiser progressivement.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
L’herbe se plaît particulièrement bien dans les caniveaux pavés.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
L’herbe se plaît particulièrement bien dans les caniveaux pavés.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Discrètes et courageuses, les plantes sauvages trouvent le moyen de s’installer en ville, là où on ne les attend pas.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Discrètes et courageuses, les plantes sauvages trouvent le moyen de s’installer en ville, là où on ne les attend pas.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Le pourpier sauvage est une plante comestible aux valeurs nutritives intéressantes.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Le pourpier sauvage est une plante comestible aux valeurs nutritives intéressantes.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Les plantes sauvages sont capables de s’enraciner dans les pires conditions, et elles parviennent à se faire polliniser et à disséminer leurs graines malgré la pénurie de petites bêtes capables de transporter le pollen d’une plante à l’autre ou de faire voyager les graines.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Les plantes sauvages sont capables de s’enraciner dans les pires conditions, et elles parviennent à se faire polliniser et à disséminer leurs graines malgré la pénurie de petites bêtes capables de transporter le pollen d’une plante à l’autre ou de faire voyager les graines.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Appelé aussi dent-de-lion, le pissenlit est probablement originaire d’Europe de l’Ouest. Il est notamment riche en fer, calcium, manganèse, vitamines C et D, acide gras ou encore en antioxydants. Son usage en complément alimentaire est reconnu pour traiter le manque d’appétit, les troubles digestifs mineurs, mais aussi pour améliorer la fonction hépatique, urinaire et biliaire.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Appelé aussi dent-de-lion, le pissenlit est probablement originaire d’Europe de l’Ouest. Il est notamment riche en fer, calcium, manganèse, vitamines C et D, acide gras ou encore en antioxydants. Son usage en complément alimentaire est reconnu pour traiter le manque d’appétit, les troubles digestifs mineurs, mais aussi pour améliorer la fonction hépatique, urinaire et biliaire.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Les angles de trottoirs sont des lieux privilégiés où la nature pousse avec le peu de terre accumulé avec le vent.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Les angles de trottoirs sont des lieux privilégiés où la nature pousse avec le peu de terre accumulé avec le vent.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
L’herbe folle désigne une végétation qui pousse n’importe où et sans que l’homme intervienne.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
L’herbe folle désigne une végétation qui pousse n’importe où et sans que l’homme intervienne.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Un Paulownia est un arbre très présent en agglomération et forme vite un écran de verdure à la floraison étonnante.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Un Paulownia est un arbre très présent en agglomération et forme vite un écran de verdure à la floraison étonnante.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
La nature a horreur du vide et pousse dans des lieux souvent incongrus.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
La nature a horreur du vide et pousse dans des lieux souvent incongrus.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
La Vergerette du Canada est originaire d’Amérique centrale et du nord, elle s’est naturalisée en Europe et est très courante voire localement invasive.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
La Vergerette du Canada est originaire d’Amérique centrale et du nord, elle s’est naturalisée en Europe et est très courante voire localement invasive.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Paul Nougaret, chargé de coordination patrimoine végétal au Grand Lyon.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Paul Nougaret, chargé de coordination patrimoine végétal au Grand Lyon.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND
Les équipes techniques continuent de désherber mais autrement : en arrachant, en coupant, en brûlant… Par choix, le végétal est préservé, comme ici au bord d’un trottoir avec cet arbuste Paulownia.  Photo Progrès /DLPG Les herbes folles envahissent les trottoirs. Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND Les herbes folles apprécient tout particulièrement les coins de terre au pied des arbres.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND En ville, on attend que les herbes folles atteignent une bonne hauteur pour les couper.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND Un figuier qui pousse avec très peu de terre en pleine ville.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND La lutte contre l’oxalis est particulièrement difficile. Le désherbage thermique peut être utilisé pour le détruire à condition de répéter l’opération plusieurs fois. Il est également possible de couper systématiquement les tiges au ras du sol afin de les épuiser progressivement.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND L’herbe se plaît particulièrement bien dans les caniveaux pavés.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND Discrètes et courageuses, les plantes sauvages trouvent le moyen de s’installer en ville, là où on ne les attend pas.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND Le pourpier sauvage est une plante comestible aux valeurs nutritives intéressantes.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND Les plantes sauvages sont capables de s’enraciner dans les pires conditions, et elles parviennent à se faire polliniser et à disséminer leurs graines malgré la pénurie de petites bêtes capables de transporter le pollen d’une plante à l’autre ou de faire voyager les graines.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND Appelé aussi dent-de-lion, le pissenlit est probablement originaire d’Europe de l’Ouest. Il est notamment riche en fer, calcium, manganèse, vitamines C et D, acide gras ou encore en antioxydants. Son usage en complément alimentaire est reconnu pour traiter le manque d’appétit, les troubles digestifs mineurs, mais aussi pour améliorer la fonction hépatique, urinaire et biliaire.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND Les angles de trottoirs sont des lieux privilégiés où la nature pousse avec le peu de terre accumulé avec le vent.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND L’herbe folle désigne une végétation qui pousse n’importe où et sans que l’homme intervienne.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND Un Paulownia est un arbre très présent en agglomération et forme vite un écran de verdure à la floraison étonnante.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND La nature a horreur du vide et pousse dans des lieux souvent incongrus.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND La Vergerette du Canada est originaire d’Amérique centrale et du nord, elle s’est naturalisée en Europe et est très courante voire localement invasive.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND Paul Nougaret, chargé de coordination patrimoine végétal au Grand Lyon.  Photo Progrès /Damien LEPETITGALAND

Depuis l’interdiction des produits phytosanitaires le 1er janvier 2017, nos villes reverdissent. Les herbes folles gagnent du terrain, une victoire pour la biodiversité qui n’est pas au goût de tout le monde.

La loi de transition énergétique pour la croissance verte, du 17 août 2015, pose, entre autres, l’ interdiction des pesticides par l’État , les collectivités locales et les établissements publics. Cette interdiction est entrée en vigueur le 1er  janvier 2017, pour les particuliers au 1er  janvier 2019. Depuis déjà quelques années, la Métropole de Lyon pratiquait le « zéro phyto » dans ses parcs, ses jardins, sur les sols imperméables, les aires de jeux, près des crèches, des écoles ou des points d’eau. La loi a étendu cette pratique à tous les espaces publics.

« Quand la végétation va bien, c’est que la vie revient »

Aujourd’hui, les équipes techniques désherbent manuellement ou mécaniquement : arrachage, brûlage, tonte, etc. Désormais, les végétaux sauvages et herbes folles apparaissent au bord des trottoirs, dans certains caniveaux, et interstices ici ou là. Une présence encore mal comprise par certains habitants, peu habitués à les croiser par le passé, qui jugent les rues sales, pleines de mauvaises herbes. En 2017, pour accompagner le passage au zéro phyto, la Métropole avait lancé une campagne grand public sur le thème “Quand la végétation va bien, c’est que la vie revient”. L’idée : miser sur l’humour et la poésie pour dénoncer l’impact des pesticides sur la santé. Une campagne réussie qui avait même permis à la collectivité de remporter le Grand Prix Cap’Com de la communication publique et territoriale.

En interne, il a fallu également faire évoluer le travail des équipes de terrain. Un chargé de coordination patrimoine végétal à la direction de la voirie de la Métropole a été recruté.

Désherber en fonction d’un ordre de priorité

Le constat est clair : la végétation spontanée n’est pas synonyme de mauvaise herbe, le désherbage absolu est loin d’être un bienfait. Les agents de la Métropole en charge du nettoyage de la voirie ont été formés pour répondre à trois niveaux de priorité.

"Des herbes folles poussent le long des trottoirs"

« Il ne s’agit pas d’obtenir des résultats équivalents au traitement chimique, cela prendrait trop de temps et d’argent, mais d’intervenir selon trois critères de priorités. Les lieux très fréquentés, comme les places et les rues de centre-ville ou les entrées de village, sont désherbés très régulièrement pour ne pas laisser s’installer la végétation spontanée. D’autres sites moins prioritaires sont traités deux à quatre fois par an. Et entre-temps, la végétation revient. Des herbes folles poussent le long des trottoirs, des fleurs poussent dans les talus, des mousses et herbes apparaissent entre des pavés. Ce n’est pas un manque d’entretien, c’est seulement le retour de la végétation spontanée en ville », explique Paul Nougaret, chargé de coordination patrimoine végétal.

Un phénomène qui contribue à la biodiversité et apporte en ville un certain charme et de la fraîcheur. Savez-vous qu’on y rencontre parfois plus d’espèces différentes qu’en bordure d’un champ cultivé copieusement arrosé de pesticides ?

Des plantes courageuses

Ces plantes sauvages, connues sous le nom de plantes courageuses, doivent, pour arriver à survivre, se contenter de peu : peu d’espace, peu de terre, peu d’humus, peu d’eau et peu d’insectes. Elles poussent toutes seules sur le pavé et sont capables de s’enraciner dans des lieux improbables. Elles parviennent à se faire polliniser et à disséminer leurs graines malgré le manque d’insectes capables de transporter le pollen. Certaines se pollinisent elles-mêmes ( plantes autogames ) ou avec simplement l’intervention du vent ( plantes anémophiles ). C’est souvent le vent et la circulation urbaine qui transportent les graines (exemple des akènes de pissenlit qui s’envolent au moindre souffle). Les plantes sauvages qui ont élu domicile en ville ont bien du mérite, c’est la magie de la nature. En revanche, la végétation spontanée en ville n’offre pas beaucoup d’intérêt pour la conservation des espèces végétales : ce sont souvent des plantes cosmopolites, ornementales ou potagères échappées des jardins, ou encore exotiques acclimatées, voire invasives. Elles ont tout de même le gros avantage d’aspirer le CO 2.

Damien LEPETITGALAND

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