Transports Les TCL sont de retour à l'aéroport Saint-Exupéry

Un nouvel arrêt TCL devant le Terminal 1. Photo Progrès /Diane MALOSSE
Un nouvel arrêt TCL devant le Terminal 1. Photo Progrès /Diane MALOSSE

Après une inauguration en grande pompe vendredi 30 août, les TCL ont repris le chemin de l’aéroport dès lundi 2 septembre, avec la ligne 47. La 48, elle, arrivera en janvier 2020. Le tout sur fond de renégociation du contrat de concession liant le Sytral à Rhônexpress.

L’aéroport Saint-Exupéry est de nouveau accessible en TCL, après quatre années d’arrêt. Les deux lignes le desservant avaient été débranchées en 2015, à la demande de Rhônexpress (la ligne ferrée qui relie la Part-Dieu à l’aéroport), qui avait intenté une action en justice par la même occasion. C’est parce que le tribunal administratif a statué en faveur du Sytral en juin dernier que deux lignes de bus vont à nouveau desservir l’aéroport.

« Si le succès est au rendez-vous il y aura un renfort d’offres »

La première, la 47, relie Meyzieu ZI à Saint-Laurent-de-Mure, en passant par Saint-Exupéry, toutes les trente minutes. Elle dessert, depuis lundi 2 septembre, trois arrêts Aéroport, créés spécialement : Gare Routière (face au Terminal 1), Air Parc et Rond-Point Ouest (à proximité de la zone Cargo). Dès janvier 2020, la 48 reliera Genas aux arrêts Air Parc et Gare routière, toutes les 35 minutes.

Ces deux nouvelles lignes complètent le maillage de l’Est lyonnais, déjà pourvu de six lignes. Pour les 6 000 employés de la plateforme aéroportuaire, c’est aussi l’occasion de venir travailler en transports en commun.

Il sera donc possible de se rendre à l’aéroport avec un abonnement ou un ticket TCL (1,90 €), sans passer par Rhônexpress, dont le trajet est, certes, plus court, mais bien plus coûteux (16,30 €). Depuis la Part-Dieu, il faudra compter une heure pour rejoindre l’aéroport (T3 puis bus 47). Même temps de trajet pour un départ d’Hôtel de ville (métro A, T3 puis bus 47).

« Si le succès est au rendez-vous sur chaque ligne, il y aura un renfort d’offres », promet la présidente du Sytral. Dans le cadre des négociations en cours avec Rhônexpress (lire par ailleurs), Fouziya Bouzerda espère également pouvoir lancer avant la fin de l’année « une vraie solution alternative ». À savoir, un car, qui partirait d’un arrêt fréquenté du centre de Lyon et à destination de l’aéroport, « autour de 8 € le trajet ». C’est encore Rhônexpress qui risque de tordre le nez.

La ligne 28 (dont le parcours est modifié pour effectuer son terminus à Meyzieu ZI) sera entièrement exploitée avec neuf bus alimentés au gaz naturel. Ce sont les autocars Berthelet qui exploitent la ligne pour le compte du Sytral. Points positifs : moins de fumée et de pollution et moins de bruit. Ils sont ravitaillés à une station à Saint-Quentin-Fallavier.

Un contexte judiciaire avec Rhônexpress

La renégociation du contrat de concession liant le Sytral à Rhônexpress, lancée au printemps, devrait aboutir à l’automne. Signé en 2007, il impose de « ne pas organiser, ni d’encourager un service de transport collectif directement concurrent », durant les 30 années de la concession de la ligne. C’est notamment cette clause qui a permis à Rhônexpress d’aller en justice. La filiale de Vinci avait demandé au tribunal administratif la condamnation du Sytral, lui reprochant d’avoir mis en place entre 2014 et 2015 deux lignes de bus se rendant à l’aéroport. Deux lignes qui, selon Rhônexpress, lui portaient un préjudice économique et étaient contraires au contrat de concession. Une requête rejetée par le tribunal administratif en juin dernier, poussant le Sytral à remettre en service pour cette rentrée les deux lignes précédemment évoquées. Mais la partie n’est pas finie puisque Rhônexpress a fait appel de ce jugement.

Les deux nouvelles lignes ont donc une épée de Damoclès au-dessus de la tête. « La nécessité de desservir l’aéroport et de mailler l’Est était plus importante que la possibilité de débrancher ces lignes à l’avenir », nous répond Fouziya Bouzerda, relativement confiante. « Le jugement de juin était assez clair : une ligne de bus n’est pas directement concurrente d’une navette ferroviaire. » Dans les négociations actuelles, le Sytral espère faire baisser les tarifs de Rhônexpress, mais également lancer cette ligne de car à 8 € dédiée à la desserte de l’aéroport.

Diane MALOSSE

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