RESEAUX SOCIAUX Quand Facebook favorise l’entraide entre Lyonnais

Une dizaine de personnes s’étaient donné rendez-vous au parc Blandan, via Facebook. Photo Progrès /Julia TOUSSAINT
Une dizaine de personnes s’étaient donné rendez-vous au parc Blandan, via Facebook. Photo Progrès /Julia TOUSSAINT

Souvent tenus responsables de l’individualisme de notre société, les réseaux sociaux peuvent aussi bien jouer le rôle de facilitateur de rencontres. Exemple avec la communauté Wanted de Lyon.

À première vue, on pourrait croire une bande de potes venus partager l’apéro sur les pelouses du parc Blandan. Ils sont une bonne dizaine, ont la petite trentaine, et en réalité, aucun d’eux ne se connaît. Tous ont répondu à l’appel d’Éva, fraîchement installée à Lyon, qui proposait quelques jours plus tôt de se réunir «pour faire connaissance autour d’un verre et d’un Mölkky», ce jeu de quilles finlandais très à la mode. Pour rencontrer de nouvelles personnes, Éva a eu recours au groupe Facebook “Wanted community Lyon(1) , en publiant un simple post détaillant la date et l’adresse du rendez-vous, ouvert à tous. En quelques heures, les commentaires affluent, elle n’est pas la seule à vouloir élargir son cercle d’amis. «Ce groupe facilite les rencontres, glisse-t-elle. Je ne m’attendais pas à ce que tant de personnes viennent. Je réitérerai sûrement l’opération.»

«Ça a rapidement pris une ampleur inattendue»

Présente uniquement sur Facebook, la communauté Wanted se définit comme un “groupe d’entraide et de bons plans”. Le premier groupe a été créé à Paris, en 2011, par trois jeunes actifs bordelais cherchant à agrandir leur réseau. «Au départ, c’était une initiative privée, mais ça a rapidement pris une ampleur inattendue», témoigne Jérémy Ballarin, l’un des fondateurs de Wanted.

La communauté est aujourd’hui présente dans 82 villes, dont la moitié à l’étranger, et rassemble près de 800.000 personnes. «Nous vivons dans une ère ultra-connectée, les réseaux sociaux limitent les vraies interactions. Paradoxalement, Wanted permet à des gens qui ne se seraient jamais adressé la parole d’échanger, de s’épauler, et parfois de se rencontrer», poursuit-il.

15.000 membres à Lyon

Le groupe lyonnais compte plus de 15.000 membres et enregistre chaque semaine des dizaines de publications et des centaines de commentaires. «Quelle est la meilleure pizzeria de Lyon?» «Mon chat fait une drôle de réaction allergique, que faire?» «Une personne disponible pour m’aider à déménager des meubles à La Croix-Rousse?»

Les demandes sont diverses et variées, mais presque systématiquement, les membres de la communauté, surnommés “wantediens” ou “wawa”, répondent présents.

Guillaume, 38 ans, est modérateur du groupe. Chaque jour, il trie bénévolement les annonces et publie celles qui respectent la charte Wanted, à savoir pas de publicité ni de contenus inappropriés. Une activité «zssez addictive», à laquelle il consacre une à trois heures par jour. «Je suis content d’apporter ma pierre à l’édifice, révèle-t-il. J’ai toujours été très réseaux sociaux, et j’apprécie l’entraide désintéressée et spontanée de cette communauté virtuelle.»

(1) Ainsi qu’au groupe Wanted Sorties Lyon.

Julia TOUSSAINT

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?