PATRIMOINE Dans les réserves du musée gallo-romain, des centaines de trésors patientent

En marge des salles d’exposition, des pièces… de musée sont rangées dans des boîtes, en attendant leur heure de gloire. Ici, Georges Cardoso, régisseur des œuvres, et Luc Berthet, son assistant, présentent un casque en bronze vraisemblablement fabriqué sur mesure au VIe siècle avant notre ère. Photo Progrès/Stéphane GUIOCHON
En marge des salles d’exposition, des pièces… de musée sont rangées dans des boîtes, en attendant leur heure de gloire. Ici, Georges Cardoso, régisseur des œuvres, et Luc Berthet, son assistant, présentent un casque en bronze vraisemblablement fabriqué sur mesure au VIe siècle avant notre ère. Photo Progrès/Stéphane GUIOCHON

En partie enfoui sous la colline de Fourvière, le musée Lugdunum –du nom de l’antique cité lyonnaise– cache lui-même une partie secrète pour les visiteurs. Derrière des portes fermées à clé, dans des armoires ou sur des étagères, on découvre des milliers d’objets exhumés à des époques diverses.

«On l’oublie souvent : un musée ne sert pas seulement à exposer des collections. C’est aussi un lieu d’études, un lieu de restauration des objets, et de développement de collections.»

Georges Cardoso, régisseur des œuvres, ouvre volontiers quelques portes derrière lesquelles de nombreux objets du musée gallo-romain de Lyon vivent une seconde vie. Pas sous la lumière des projecteurs, dans les salles du musée, mais dans des boîtes, des sachets, des tiroirs… Ici, chaque bijou, chaque lampe à huile, chaque fragment de poterie est référencé.

Inventaire

Au bout d’un couloir de Lugdunum , l’une de ces réserves est pleine à craquer. À peine si on peut circuler autour de la table, couverte de bracelets empaquetés.

Il y en a 81, tous de l’âge du bronze. Imposé par la loi, un inventaire est en cours. Les fiches papier décrivent l’objet, la date de la trouvaille, son lieu, son âge présumé. Un jour, tout cela sera numérisé et les archéologues pourront peut-être plus facilement… recoller les morceaux.

Une fois ce puzzle reconstitué, on comprendra peut-être mieux comment vivaient les habitants de l’agglomération lyonnaise à des époques reculées.

Une épée en bronze, à manipuler avec précaution, entre autres pièces maîtresses.   Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON
Une épée en bronze, à manipuler avec précaution, entre autres pièces maîtresses.   Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON

Des milliers d’objets

Parmi de nombreuses poteries rangées dans des armoires métalliques, des jetons en os, des mosaïques, figurent quelques pièces maîtresses: une épée, trouvée dans le Vaucluse, une jambe de cheval exhumée à Montpellier, un casque en bronze, qui pèse plus d’un kilo. Datant du VIe siècle avant notre ère, il a probablement été fabriqué sur mesure, à la tête du client, littéralement.

Dans les étages inférieurs, une autre porte s’ouvre. «On range ici le petit lapidaire», annonce Georges Cardoso.

Ici, les grands d’un monde disparu ont légué leur tête ou leur buste. Certes, l’impératrice Saline frôle Bacchus dans la pénombre, mais c’est sur une étagère. Les libations sont terminées. Chacun reste de pierre.

Dans la réserve du musée Lugdunum, il y a peu de place. Sur la table, 81 bracelets de l’âge du bronze sont répertoriés. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON
Dans la réserve du musée Lugdunum, il y a peu de place. Sur la table, 81 bracelets de l’âge du bronze sont répertoriés. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON
Le cheval occupait une grande place dans le décorum. Ici, le musée a récupéré une jambe, exhumée il y a plus d’un siècle à Montpellier. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON
Le cheval occupait une grande place dans le décorum. Ici, le musée a récupéré une jambe, exhumée il y a plus d’un siècle à Montpellier. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON
Une autre pièce, dans les coulisses, héberge le « petit lapidaire », à savoir des statuettes de pierre pas trop volumineuses. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON
Une autre pièce, dans les coulisses, héberge le « petit lapidaire », à savoir des statuettes de pierre pas trop volumineuses. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON
Depuis décembre 2018, une grande partie des réserves du musée a été transférée dans un entrepôt à Villeurbanne. Des centaines de tonnes ont été transportées. Le volume des trouvailles exhumées du sol de l’agglomération témoigne de l’importance de Lyon à l’époque gallo-romaine. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON
Depuis décembre 2018, une grande partie des réserves du musée a été transférée dans un entrepôt à Villeurbanne. Des centaines de tonnes ont été transportées. Le volume des trouvailles exhumées du sol de l’agglomération témoigne de l’importance de Lyon à l’époque gallo-romaine. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON
Socles de statues, statues, fontaines, sarcophages, ossements, poteries… Tout est bien rangé ! Boîte par boîte, carton après carton, chaque objet a été inventorié, pesé, étiqueté. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON
Socles de statues, statues, fontaines, sarcophages, ossements, poteries… Tout est bien rangé ! Boîte par boîte, carton après carton, chaque objet a été inventorié, pesé, étiqueté. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON
Et parfois, les objets sortent de nouveau de leur boîte pour être étudié. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON
Et parfois, les objets sortent de nouveau de leur boîte pour être étudié. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON
Ici, on peut lire Mercurio en haut à droite. C’est l’un des écrits étudiés dans le cadre d’un grand projet de recherche européen consacré à l’écriture de Monsieur ou Madame Tout le Monde. Les réserves du musée Lugdunum, généreuses, alimentent cette recherche scientifique. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON
Ici, on peut lire Mercurio en haut à droite. C’est l’un des écrits étudiés dans le cadre d’un grand projet de recherche européen consacré à l’écriture de Monsieur ou Madame Tout le Monde. Les réserves du musée Lugdunum, généreuses, alimentent cette recherche scientifique. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON
Dans la réserve du musée Lugdunum, il y a peu de place. Sur la table, 81 bracelets de l’âge du bronze sont répertoriés. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON Le cheval occupait une grande place dans le décorum. Ici, le musée a récupéré une jambe, exhumée il y a plus d’un siècle à Montpellier. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON Une autre pièce, dans les coulisses, héberge le « petit lapidaire », à savoir des statuettes de pierre pas trop volumineuses. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON Depuis décembre 2018, une grande partie des réserves du musée a été transférée dans un entrepôt à Villeurbanne. Des centaines de tonnes ont été transportées. Le volume des trouvailles exhumées du sol de l’agglomération témoigne de l’importance de Lyon à l’époque gallo-romaine. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON Socles de statues, statues, fontaines, sarcophages, ossements, poteries… Tout est bien rangé ! Boîte par boîte, carton après carton, chaque objet a été inventorié, pesé, étiqueté. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON Et parfois, les objets sortent de nouveau de leur boîte pour être étudié. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON Ici, on peut lire Mercurio en haut à droite. C’est l’un des écrits étudiés dans le cadre d’un grand projet de recherche européen consacré à l’écriture de Monsieur ou Madame Tout le Monde. Les réserves du musée Lugdunum, généreuses, alimentent cette recherche scientifique. Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON

Un autre patrimoine à Villeurbanne

À Villeurbanne, dans un immense entrepôt, l’ambiance est différente.

Plus de petit recoin, plus de pénombre, on se croirait plutôt dans une classique plateforme d’expédition. Des caisses sont empilées sur des palettes qui forment des cubes.

Quelques sarcophages dorment dans des cartons. On aperçoit des stèles, des fontaines… Ici aussi, tout a été dûment répertorié, étiqueté.

La plupart des objets viennent du généreux sous-sol de l’agglomération lyonnaise. «Il y a 1.000 palettes, qui pèsent en moyenne 500 kilos », commente Georges Cardoso. Un patrimoine préservé, mais peu connu.

Muriel FLORIN

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