FOOTBALL Cyrille Dolce, entraîneur des U15 de l'OL: «Le plus grand des talents, c’est le travail!»

Cyrille Dolce (à droite) aux côtés de l’ex-Lyonnais et champion du monde Corentin Tolisso.  Photo Progrès /Mariavah LYCZYNSKI
Cyrille Dolce (à droite) aux côtés de l’ex-Lyonnais et champion du monde Corentin Tolisso.  Photo Progrès /Mariavah LYCZYNSKI

L’entraîneur des U15 de l’OL, qui attaque sa 27e saison au club, a vu défiler Maxime Gonalons, Alexandre Lacazette, Samuel Umtiti, Corentin Tolisso… Comme à tous ses joueurs, Cyrille Dolce leur a transmis son amour du club, et son goût prononcé pour la discipline et l’effort. Portrait.

Cyrille Dolce œuvre «avec passion», depuis un peu plus d’un quart de siècle, comme éducateur à l’OL. Ces qualités de «joueur très moyen» lui ont très tôt coupé ses rêves de footballeur de bon niveau. Mais ce «Lyonnais pur souche» de 44 ans tenait à faire carrière dans le ballon rond. Auréolé d’un premier diplôme délivré par le District du Rhône, il a donc commencé à coacher dès l’âge de 14 ans à l’Étoile sportive de Chassieu. Son histoire avec l’OL a débuté huit années plus tard, en 1992.

«On développe le footballeur autant que la personne»

À l’Olympique Lyonnais, Cyrille Dolce a d’abord encadré les débutants, poussins et benjamins, avant de bifurquer chez les 12 ans, une catégorie où le football prend de plus en plus de place avec l’entrée en sport étude. «C’est un moment important pour eux, parce que c’est le début d’une double vie scolaire et sportive, et leur première année de foot à 11…»

Depuis dix ans, et ce sera encore le cas cette saison, Cyrille Dolce s’occupe des U15*, à un âge où les apprentis footballeurs sont à un autre carrefour dans leur parcours. «Ils vivent leur dernière année au collège, où le projet scolaire est important. C’est également l’étape avant l’entrée en formation. C’est aussi la possibilité de signer un premier contrat et les premières sélections pré-France… Cette année, sur les 40 meilleurs joueurs français détectés, il y avait cinq Lyonnais. Cela veut dire que l’on n’a pas trop mal travaillé!»

Cyrille Dolce, qui bosse a mi-temps aux ressources humaines de la faculté, ne se préoccupe pas que du terrain. Il assiste également au conseil de classe de ses apprentis footballeurs, en plus d’assurer deux entretiens annuels avec leurs parents. «On travaille sur le footballeur autant que sur le développement de la personne. Et je suis fier de ce que l’on réalise dans ce domaine», affirme-t-il.

«Ils ont la reconnaissance de ceux qui leur ont botté les fesses…»

Ces dernières années, Cyrille Dolce était aux premières loges pour voir éclore quelques-unes des pépites de la formation à la lyonnaise : Maxime Gonalons, Corentin Tolisso, Samuel Umtiti, Alexandre Lacazette, Anthony Lopes ou encore Clément Grenier.

«Je suis un maillon de la chaîne qui leur a permis de réussir», expose modestement leur ancien coach. «Je partage une histoire avec chacun d’entre eux. Tous m’ont apporté quelque chose! Aujourd’hui, je reste discret, parce qu’on n’appartient plus à la même sphère. Mais, j’aime bien avoir de leurs nouvelles et les voir de temps en temps… Ils ont la reconnaissance de ceux qui leur ont botté les fesses, et j’étais de ceux-là!»

« Les jeunes joueurs sont un peu moins passionnés qu’avant »

Parce que pour Cyrille Dolce, il n’y a pas de recette magique à part le travail: «C’est le plus grands des talents, et ça ne changera jamais!» Les mentalités ont évolué, en revanche. «Ce sont plus des facteurs exogènes (l’argent, le people) qui amènent les jeunes au foot. Ils sont un peu moins passionnés qu’avant… Le rapport à l’argent, aux agents, aux contrats, il y a vingt ans en arrière, arrivait autour de 17-18 ans. Aujourd’hui, cela vient dès 12-13 ans, et ça peut parasiter les facteurs de réussite des footballeurs. À 15 ans, un joueur ne doit penser qu’à progresser, à avancer dans sa construction de footballeur et personnelle… Il doit penser au jeu, parce que c’est son plan de carrière qui fera son plan de réussite économique. Certains prennent le chemin inverse en courant après un contrat. Mais ils se trompent, parce qu’en devenant de bons footballeurs, ils arriveront toujours à gagner leur vie… Je constate, mais je n’ai pas de chiffres pour le démontrer, que les joueurs qui réussissent sont souvent ceux qui obtiennent un contrat le plus tard, parce qu’ils sont plus frais et qu’ils n’ont pas été parasités par tout ça…»

*Les U15 de l’OL ont repris l’entraînement le 16 août, avant de participer à un tournoi en Russie. Cyrille Dolce a Florent Testard pour adjoint et Patrick Pothier comme dirigeant.

Propos recueillis par Thibaut ALEX

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