Rhône Perrache : la gare étouffée par les moteurs des bus qui tournent sans interruption

La gare de Perrache accueille aussi bien des bus TCL que des lignes nationales et internationales. Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU
La gare de Perrache accueille aussi bien des bus TCL que des lignes nationales et internationales. Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU

À la gare de Perrache, beaucoup de bus restent stationnés, moteurs allumés, en attendant de commencer un nouveau service. Un comportement polluant qui inquiète de nombreux usagers. D’autant plus que les pics de pollution se font de plus en plus fréquents.

Au centre d’échange de la gare de Perrache, c’est une véritable valse quotidienne de bus. La gare routière est le point de départ et d’arrivée d’une dizaine de lignes TCL, mais aussi de bus régionaux, nationaux et internationaux. Les gaz d’échappement de tous ces moteurs combinés produisent une pollution qui inquiète les usagers.

Armand est retraité et vit à Givors. Pour venir sur Lyon, il emprunte régulièrement la ligne de bus 120, exploitée par le Sytral. Et il a remarqué qu’à la gare de Perrache, le bus laissait régulièrement son moteur tourner en attendant les passagers. Armand, qui est très sensible à la question du réchauffement climatique, ne trouve pas ça normal. D’autant plus que beaucoup d’autres bus font de même.

Sur la ligne de bus relais du tramway T1, qui part de Perrache en direction de Debourg, certains véhicules peuvent rester trois, quatre, cinq minutes stationnés, moteur allumé, en attendant de redémarrer. En cette période de fortes chaleurs, où les pics de pollution se multiplient, Armand ne comprend pas ce comportement : « C’est une pollution qui se rajoute à toutes les autres », déclare-t-il avec désolation. Ce retraité, qui a beaucoup milité contre le réchauffement climatique, s’inquiète des conséquences d’une telle pollution sur les générations à venir : « Je pense aux jeunes, ceux qui vont travailler toute leur vie et qui vont être malades à 60 ans à cause de la pollution. »

« Au-delà de 2 minutes de stationnement, le moteur doit être coupé »

L’opérateur privé Keolis semble bien conscient de la pollution que représente l’accumulation de tous ces moteurs qui tournent sans interruption : « A Perrache, il y a de nombreux bus, et l’espace confiné du centre d’échange renforce ce sentiment » d’étouffement des usagers.

Même si l’entreprise attribue ce phénomène aux fortes chaleurs, qui poussent les chauffeurs de bus à maintenir le moteur allumé pour la climatisation , elle affirme avoir pris des mesures : « La consigne a été donnée aux chauffeurs qu’au-delà d’une à deux minutes de stationnement, le moteur doit être coupé. » Contactée par Le Progrès, Keolis assure qu’elle fera de nouveau parvenir le message aux chauffeurs de bus.

Un réseau de bus « propres » d’ici 2025

Dans le cadre de la Loi de transition énergétique et de croissance verte, votée en 2015, le réseau de bus lyonnais compte mettre en service 300 véhicules « propres » d’ici 2025. Sytral, qui gère le réseau TCL, rappelle d’ailleurs que la ligne C16 sera, dès 2020, la première ligne de bus du réseau à fonctionner entièrement avec des véhicules électriques rechargeables en dépôt. La société compte aussi remplacer les véhicules thermiques des lignes C6, 19, 25 et 38 par des trolleybus électriques dès 2022. Actuellement, ces véhicules électriques représentent 25 % des voyages réalisés en bus sur le réseau TCL.

Laurène ROCHETEAU

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