Lyon | Culture urbaine Loodz, le graffiti comme une quête picturale et spirituelle

En juillet, Loodz a réalisé une œuvre sur un ensemble de casiers postaux au carré pro de La Poste dans le 1 er arrondissement.  Photo Progrès /Elena JEUDY-BALLINI
En juillet, Loodz a réalisé une œuvre sur un ensemble de casiers postaux au carré pro de La Poste dans le 1 er arrondissement. Photo Progrès /Elena JEUDY-BALLINI
Esquisse réalisée par Loodz à l’occasion du dernier Urban Art Jungle, à Villeurbanne.  Photo Progrès /Elena JEUDY-BALLINI
Esquisse réalisée par Loodz à l’occasion du dernier Urban Art Jungle, à Villeurbanne. Photo Progrès /Elena JEUDY-BALLINI
En juillet, Loodz a réalisé une œuvre sur un ensemble de casiers postaux au carré pro de La Poste dans le 1 er arrondissement.  Photo Progrès /Elena JEUDY-BALLINI Esquisse réalisée par Loodz à l’occasion du dernier Urban Art Jungle, à Villeurbanne.  Photo Progrès /Elena JEUDY-BALLINI

C’est sans doute le plus philosophe des street artists lyonnais. Depuis 2010, Loodz jongle avec les influences dans une démarche intense et spirituelle. Zoom sur un artiste talentueux.

« L’âme de l’artiste est un tout complexe ». Une citation d’Albert Schweitzer qui colle tout à fait au graffeur Loodz, installé à Lyon.

En 1997, l’enfant du Pays de Gex a 18 ans lorsqu’il découvre le graffiti et la culture hip-hop grâce à son ami Sallah (aka ALKER) qui, avant de rejoindre Paris, lui laisse deux ouvrages de référence : Paris Tonkar , qui décrypte le mouvement du graffiti et détaille le travail de différents artistes, puis Spraycan Art , documentant les premières étapes de la diffusion mondiale du style dans le métro new-yorkais.

Dans ce véritable leg, il y a aussi Style Wars , un documentaire de 1983 sur la culture hip-hop. C’est le déclic pour celui qui s’appelle encore Ludovic. Mieux : une renaissance. « Il est des situations où rien ne vaut davantage qu’un bouleversement. J’ai opté naturellement pour le graffiti, qui correspond le mieux à mes capacités. Dans un premier temps, cet apprentissage est passé par une forme d’autodestruction, préfigurant une reconstruction sur de nouvelles fondations. »

Des influences variées

Loodz est né. Il expose ses premières toiles à partir de 2010. En co-organisant un événement autour du graff, il rencontre l’artiste Pro176 qui aura une forte influence sur son travail en lui apprenant notamment à peindre à l’acrylique.

Après son installation à Villeurbanne, s’ensuit pour lui une période de maturation, de travail intense et d’enfermement ascétique dans son art.

En 2017, c’est la rencontre avec Superposition qui lui permettra de faire sa première exposition solo intitulée “Kaïros”. Depuis, Loodz collabore également avec la galerie Guy Pensa et le site de vente We need art.

En juillet, il réalise une fresque pour La Poste dans le carré pro de la Martinière (Lyon 1er ).

« Un reflet de la personnalité, voire de l’âme »

« Ma création est la synthèse de multiples influences picturales allant des dessins animés et BD de mon enfance jusqu’au travail sur textile des femmes Chipibo, en passant par le cinéma de science-fiction. Dans mes créations, on retrouve aussi mon goût pour la nature et mon regard critique sur la société moderne. Ma démarche est à double sens : une quête picturale qui doit influencer une quête spirituelle. S’il est coutume, dans le graffiti, de dire que “le style est le message”, je le considère aussi comme un pur reflet de la personnalité, voire de l’âme ».

Pour Loodz, l’art est un travail intime. Il remet alors perpétuellement ses propres valeurs en question, et s’impose de « mourir » pour « renaître » stylistiquement, ce qui rend compte de ses soudains changements de direction.

En jouant ainsi avec les codes, l’artiste réussit un pari ingénieux : penser en graff.

Instagram : loodz78

Dans mes créations, on retrouve aussi mon goût pour la nature et mon regard critique sur la société moderne.

Loodz

De notre correspondante locale, Elena JEUDY-BALLINI

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?