SOCIAL Lyon: les livreurs Deliveroo pénalisés sur les courses courtes

Une course courte était rémunérée 4,50 euros à Lyon. Elle peut tomber à 3,80 ou 3,50 depuis la suppression du tarif minimal. Photo Progrès/Dominique MENVIELLE
Une course courte était rémunérée 4,50 euros à Lyon. Elle peut tomber à 3,80 ou 3,50 depuis la suppression du tarif minimal. Photo Progrès/Dominique MENVIELLE

C’est l’été de toutes les difficultés pour les coursiers. Alors qu’ils viennent de pédaler sous deux canicules, la révision des tarifs pratiqués peut apparaître comme le coup de grâce. « Cette révision est demandée par les livreurs eux-mêmes », répond Deliveroo.

Tandis qu’à Paris et dans quelques autres villes, la mobilisation s’organise, à Lyon, les livreurs rencontrés, sont moins structurés et apparaissent divisés sur la suppression du tarif minimal de la course.

« On touchait 4,50 euros. Là, depuis 5 jours, c’est 3,50 ou 3,80 euros. Sachant que je vais mettre 20 minutes au total entre l’attente au restaurant et la livraison. C’est de moins en moins intéressant », explique Bachir, garé devant My Little Warung, rue Mercière.

Le jeune homme qui a déjà travaillé dans la restauration, est coursier, seulement cet été. Pour autant, « s’il faut manifester, j’irai ».

Liam (prénom d’emprunt), lui, ne souhaite faire que des petites courses.

« Quand elles sont un peu plus longues, elles rapportent environ 7-8 euros. Ce n’est pas rentable, ça prend trop de temps. Là, j’ai mis 2 minutes à récupérer la commande et je livre à 2 minutes d’ici. J’ai juste à passer le pont. C’est encore intéressant même si ça tombe à 3,50 euros».

À lire aussi : Deliveroo, les livraisons de la colère

« Il n'y a plus de limite au minimum... »

« La mobilisation représente à peine 1 % des 11 000 livreurs », souligne, de son côté, Louis Lepioufle. Le responsable de la communication Deliveroo présente une toute autre approche de la révision des tarifs. « Elle est demandée, à 70 %, par les coursiers eux-mêmes. Ils considéraient que la tarification en vigueur n’était pas représentative des prestations effectuées ».

Et d’assurer que les trajets courts «ne représentent que 3% des courses» et qu’ «il n’y aura pas de baisse des rémunérations. D’ailleurs, depuis la semaine dernière, nous dépensons plus en frais de livraisons ».

«Il n'y a plus de limite au minimum décidé par un algorithme qu'on ne connaît pas. Rien n'empêche qu'on tombe à 2,30 ou 2 euros. Les grosses commandes sont bien passées de 12 euros à 7,50 euros...», déplore Ludovic Rioux, livreur qui a rejoint le comité "Précaires" de la CGT.

L'étudiant confirme qu'il n'y a pas de grève prévue à Lyon cette semaine. Et explique : « C'est difficile de s'organiser. Il y a énormément de turn-over et ici, on peut livrer jusqu'à Vénissieux, Rillieux, Décines... Tout est fait pour qu'il y ait le moins d'échanges possible entre nous. »

A Paris, où le CLAP (collectif de livreurs) par la voix de Jean Daniel Zamor, appelle « au boycott de Deliveroo »,  une manifestation est prévue samedi. Une autre aura lieu à Grenoble, dimanche.

A lire aussi : L’enfer des livreurs à vélo depuis le début de la canicule

D.MENVIELLE

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?