BIODIVERSITE La nature reprend ses droits au cimetière de la Croix-Rousse

Au cimetière de la Croix-Rousse, les périodes de chaleur et d’orage ont été propices au développement de mauvaises herbes.  Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU
Au cimetière de la Croix-Rousse, les périodes de chaleur et d’orage ont été propices au développement de mauvaises herbes.  Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU
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Au cimetière de la Croix-Rousse, les périodes de chaleur et d’orage ont été propices au développement de mauvaises herbes.  Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU

Avec les hautes herbes qui se frayent un chemin entre ses allées de pierres tombales, on pourrait croire que le cimetière de la Croix-Rousse manque d’entretien. Ce n’est pourtant pas le cas: la Ville y procède à un enherbement naturel et a ainsi supprimé l’utilisation de tout produit phytosanitaire.

Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU
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Au cimetière de la Croix-Rousse, les grandes allées bordées d’arbres abritent les sépultures impressionnantes, et d’autres plus modestes, de familles très anciennes, qui remontent parfois jusqu’aux années 1800.

Mais lorsque l’on quitte les allées bien dessinées, on remarque que beaucoup de tombes sont envahies par les mauvaises herbes. Des plantes grimpantes, grillées par le soleil, qui se frayent un chemin jusqu’aux pierres tombales, où des noms sont même cachés par les hautes herbes. Certains usagers, qui viennent ici rendre visite à un défunt membre de leur famille, se plaignent de l’état du cimetière, qui peut paraître négligé.

La Ville de Lyon, en charge de l’entretien des cimetières, reconnaît avoir reçu quelques plaintes : « On compte quelques réclamations d’usagers, le plus souvent lors de la période de pousse rapide, après une alternance d’orage et de chaleur, par exemple. Les mauvaises herbes sont alors plus nombreuses, et il faut deux à trois semaines pour rattraper la situation. » Avec les épisodes caniculaires entrecoupés de journées pluvieuses et orageuses, les dernières semaines ont donc été propices au développement de mauvaises herbes dans le cimetière, et le désherbage manuel est une tâche qui prend du temps , en particulier durant cette période estivale.

Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU
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Laisser place à un « enherbement naturel »

Ce qui semble être un manque d’entretien pour certains usagers n’en est, en réalité, pas un. Au milieu des allées du cimetière de la Croix-Rousse, les visiteurs peuvent d’ailleurs apercevoir plusieurs panneaux verts qui indiquent : « Ici, les jardiniers laissent place avec tolérance à un enherbement naturel. » Un terme qui correspond à la démarche "zéro-phyto" engagée par la Ville de Lyon depuis 2012. Désherbants et produits chimiques ont donc été bannis de l'entretien des cimetières - une méthode que la ville considère « plus respectueuse aussi bien de l’environnement que des défunts. » D’ailleurs, malgré les quelques plaintes reçues, la Ville affirme que « la majeure partie du public semble comprendre la démarche écologique et approuve l’abandon de produits chimiques. »

Un environnement accueillant pour les oiseaux

Suivant cette démarche respectueuse de l’environnement, tous les cimetières sont donc entretenus de façon à laisser place à l’enherbement naturel. Mais la Ville tient également à faire de ces espaces des refuges pour les petits animaux sauvages : hérissons, lézards… et en particulier les oiseaux. Le cimetière de Loyasse  (5e arrondissement) a d’ailleurs reçu le label « refuge de la Ligue de protection des oiseaux », puisqu’une cinquantaine d'espèces animales vit désormais dans ce cimetière. La Ville aimerait étendre ce label à tous ses cimetières - celui de la Guillotière serait d’ailleurs le prochain à le recevoir.

Laurène ROCHETEAU

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