COMMERCE Expulsion de la pizzeria Carlino à Lyon: «C’est l’argent qui gagne»

Lundi 5 août, les déménageurs, escortés par la police municipale et par un huissier, sont venus saisir tous les biens de la pizzeria Carlino. Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU
Lundi 5 août, les déménageurs, escortés par la police municipale et par un huissier, sont venus saisir tous les biens de la pizzeria Carlino. Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU
Lors du déménagement de la pizzeria. Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU
Lors du déménagement de la pizzeria. Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU
Lors du déménagement de la pizzeria. Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU
Lors du déménagement de la pizzeria. Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU
Lundi 5 août, les déménageurs, escortés par la police municipale et par un huissier, sont venus saisir tous les biens de la pizzeria Carlino. Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU Lors du déménagement de la pizzeria. Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU Lors du déménagement de la pizzeria. Photo Progrès /Laurene ROCHETEAU

Policiers et camions de déménagement sont venus déloger la pizzeria Carlino début août. La famille, qui luttait depuis deux mois contre l’expulsion, n’a rien pu faire. Indignés, les commerçants de la presqu’île affichent leur soutien. La pizzeria était une institution dans le quartier.

C’est une photo postée sur leur page Facebook par un riverain, qui a alerté les gérants de la pizzeria Carlino lundi 5 août.

Vers 9 heures, le matin, trois camions de déménagement et autant de véhicules de police se sont garés près du restaurant, rue de l’Arbre-Sec. Accompagnés d’un huissier, ils sont venus procéder à l’expulsion contre laquelle les Carlino luttent depuis début juin.

Ça fait deux mois qu'on lutte

Nathalie Carlino

Après deux mois de bras de fer, ils pensaient enfin être libérés de la menace d’expulsion  : «Ça fait deux mois qu’on lutte, déclare Nathalie Carlino. 900 heures qu’on est là. On n’est pas venus ce matin parce qu’on pensait que c’était bon. On voulait se reposer».

Pourtant, ce sont les bras chargés de cartons que les déménageurs sortent de la pizzeria, sous le regard impuissant de la famille Carlino, gardée à l’écart sur le trottoir par les policiers municipaux.

«On a payé 55 ans de loyer, et c’est comme ça qu’on nous remercie ?»

En difficultés financières face au nouveau loyer imposé par le fonds souverain d’Abu Dhabi, propriétaire des murs, la pizzeria Carlino avait fait l’objet d’un avis d’expulsion qui prenait effet au 3 juin.

Soutenus par leur famille et les autres commerçants du quartier, les Carlino avaient fait appel de cette décision, lancé une pétition qui avait recueilli plus de 5.000 signatures, et demandé une suspension de l’avis d’expulsion en attendant le résultat de l’appel.

Une lutte qui n’aura pas été suffisante, puisque l’expulsion a bien eu lieu. «Comme quoi, c’est toujours l’argent qui gagne», déplore Nathalie Carlino, tandis que son fils n’en revient pas : «On a payé 55 ans de loyer, et c’est comme ça qu’on nous remercie ?»

La présence policière importante au cours de l’expulsion ajoute à la colère des Carlino : «Ils nous ont envoyé toute une armée. Mais on n’est pas des voleurs, on n’est pas des escrocs», déclare Charles Carlino, qui explique avoir déjà versé le loyer jusqu’au mois d’octobre.

Les commerçants de la Presqu’île s’indignent

Dans le quartier, beaucoup de commerçants se disent «écœurés» de voir le restaurant disparaître.

La pizzeria Carlino était devenue une véritable institution culinaire dans le quartier, et les commerçants s’inquiètent de voir de plus en plus de commerces être rachetés au profit de ce genre de fonds.

Pour Carole Chateau, présidente du mouvement Carré Nord Presqu’île, qui défend les commerces lyonnais, le cas des Carlino risque d’être le premier d’une longue série : «Ce qui arrive au Carlino est un symbole de ce qui va se passer dans les mois et les années à venir. Demain, la ville n’appartiendra plus aux commerçants et aux élus, mais à des fonds de pension.»

Mais les Carlino ne comptent pas en rester là. «On est en août et tout le monde est en vacances, se désespère Nathalie Carlino. On ne pourra probablement rien faire avant septembre.»

Pour eux, la lutte reprendra à la rentrée.

Laurène ROCHETEAU

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