Rhône/Loire « Le prix de nos côtes-du-rhône flamberait aux États-Unis »

Près de 5 % de la production totale des vins Cuilleron sont vendus aux États-Unis.  Photo Progrès /Claude ESSERTEL
Près de 5 % de la production totale des vins Cuilleron sont vendus aux États-Unis. Photo Progrès /Claude ESSERTEL

Les viticulteurs sont inquiets. Après les menaces de Donald Trump de taxer les vins français, Yves Cuilleron, qui exporte 25 000 bouteilles par an de côtes-du-rhône en Amérique, craint une baisse significative des ventes outre-Atlantique.

Yves Cuilleron s’est fait un nom jusqu’en Californie. « Mon importateur américain distribue nos vins dans une cinquantaine d’États », explique-t-il. Des vins qui sont vendus dans de grands restaurants et chez des cavistes. On est bien loin de Chavanay, au pied du Pilat, aux confins de la Loire et du Rhône. C’est ici que mûrissent, sur des coteaux escarpés, les raisins des appellations condrieu et saint-joseph, parmi les vins les plus réputés de l’Hexagone.

« Une bouteille partie à 40 € ici est vendue 80 € là-bas »

Sur le domaine familial, qui compte 70 hectares de vignes, Yves Cuilleron est la troisième génération à produire quelques nectars que les connaisseurs s’arrachent y compris aux États-Unis, comme les Serines, sans doute sa meilleure cuvée, (un saint-joseph rouge) ou Les Chaillets (un condrieu), sans oublier la cuvée Bonnevière, « son » côte-rotie produit à quelques encablures, dans le département du Rhône. Des vins « qu’adorent les Américains », affirme Yves Cuilleron.

« Je vends 75 % de ma production sur le marché Français et le reste à l’export dans 50 pays différents, explique le vigneron ligérien. Le marché des États-Unis est mon premier à l’export avec 5 % des ventes ; l’équivalent de 25 000 bouteilles. »

Alors, quand Yves Cuilleron entend le président américain, Donald Trump, s’emporter et dire qu’il va taxer l’importation des vins européens, Yves Cuilleron devient tout rouge. « Ce sera forcément un frein pour nos ventes », explique-t-il.

Si l’on ajoute les frais de transport outre-Atlantique, les taxes douanières, les commissions d’agent et les marges du distributeur, une bouteille partie de France à 40 € est vendue près de 80 € au consommateur américain. « S’il y avait une augmentation des taxes d’importation, le prix de nos côtes-du-rhône flamberait aux États-Unis », assure Yves Cuilleron.

Car le marché américain est très porteur pour les producteurs français. C’est un territoire immense à conquérir avec des clients au pouvoir d’achat élevé, qui se passionnent depuis quelques années par la gastronomie et les vins français.

Les mesures de rétorsions annoncées par le président américain ne sont bien évidemment pas vues d’un bon œil par les viticulteurs français, qui ont tissé des liens solides outre-Atlantique. À l’image d’Yves Cuilleron, qui affirme que les États-Unis sont souvent le débouché numéro un des viticulteurs qui veulent s’attaquer au marché de l’export.

11%

C’est le pourcentage des vins des côtes-du-rhône exportés vers les Etats Unis, sur un total de production qui dépasse les 350 millions de bouteilles. En Europe, 24% sont vendus au Royaume Uni, 15% en Belgique et au Luxembourg, et 10% en Suisse.

Frédéric PAILLAS (frederic.paillas@leprogres.fr)

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