Lyon | Rencontre Big Ben : « L’art de rue est un contre-pouvoir »

Rue Neyret à la Croix-Rousse, le regard de Bowie qui a suscité tant d’émotions lorsque la Ville voulait l’effacer. Le collage est encore en place car protégé dans un renforcement.  Photo  DR
Rue Neyret à la Croix-Rousse, le regard de Bowie qui a suscité tant d’émotions lorsque la Ville voulait l’effacer. Le collage est encore en place car protégé dans un renforcement.  Photo DR
"Soshanna, Welcome in Lyon" : Big Ben a souvent peint des animaux qu'il adore..vue depuis l'autoroute A7 entre Perrache et Confluence.. DR
"Soshanna, Welcome in Lyon" : Big Ben a souvent peint des animaux qu'il adore..vue depuis l'autoroute A7 entre Perrache et Confluence.. DR
"Save Our Souls" réalisé en 2019 lors du festival Peintures fraîches à la halle Dubourg Lyon. DR
"Save Our Souls" réalisé en 2019 lors du festival Peintures fraîches à la halle Dubourg Lyon. DR
"Take the world" collé sur les bâtiments de la propreté du grand lyon. DR
"Take the world" collé sur les bâtiments de la propreté du grand lyon. DR
Rue Neyret à la Croix-Rousse, le regard de Bowie qui a suscité tant d’émotions lorsque la Ville voulait l’effacer. Le collage est encore en place car protégé dans un renforcement.  Photo  DR "Soshanna, Welcome in Lyon" : Big Ben a souvent peint des animaux qu'il adore..vue depuis l'autoroute A7 entre Perrache et Confluence.. DR "Save Our Souls" réalisé en 2019 lors du festival Peintures fraîches à la halle Dubourg Lyon. DR "Take the world" collé sur les bâtiments de la propreté du grand lyon. DR

Les murs de Lyon sont le terrain de jeux préféré de l’artiste Big Ben dont on connaît tous la fresque, rue Neyret à la Croix-Rousse, où le regard troublant et les yeux vairons de David Bowie semblent fixer le passant. À l’image de l’œil critique que jette l’artiste sur la société. Peut-être…

Né en 1971 du côté de Sarcelles d’une famille « d’ouvriers », l’homme cache son nom de naissance. « Le mystère, c’est bien, et puis le street-art reste un peu hors la loi. Nous sommes des artistes isolés », rappelle Big Ben. C’est son pseudonyme. Il signe avec la silhouette de la célèbre tour londonienne, subtilement visible. Mais il ne se prend pas pour un « grand ben ». « La célébrité n’a de valeur que si elle sert une cause, mon ego n’a aucun intérêt, mes idées si ! » Big Ben aborde alors l’art de la rue après 40 années d’illusions et de déceptions peut-être ! « Pour exprimer des choses qui me dérangent, je me suis mis à la peinture puis au street-art », confie-t-il.

L’actualité, une source d’inspiration

S’il signe partout, les murs de Lyon sont ses terrains de jeux préférés. Il se nourrit de l’actualité pour proposer ses œuvres éphémères. Autodidacte, il collabore à des projets collectifs. En 2013, il avait participé à la Biennale d’art contemporain de Lyon où il avait réalisé un collage au sol d’une centaine de soldats chinois, en résonance au travail de l’artiste chinois Zhang Ding, qui avait exposé deux œuvres cette année-là. Des hommages-détournements, Big Ben en a commis de nombreux : Magritte, Gainsbarre, Cabu, Cupidon, Keith Haring, Stallone, Johnny, Trump ou la sorcière de Blanche-Neige croquant la pomme Apple, Beethoven…

Big Ben peint sur du papier des grands formats et du pochoir pour les plus petits. Puis les colle dans des lieux : « Il faut choisir des heures propices pour que l’opération de collage réussisse, sans risque de croiser l’administration, qui me les ferait retirer illico. Je suis comme un “rat” pourchassé et combattu qui vit dans les souterrains de la création […], je cherche le cœur des passants. » Ainsi rue Neyret à la Croix-Rousse où le regard troublant et les yeux vairons de David Bowie vous regardent au bout de la rue. On se souvient que la fresque avait suscité beaucoup d’émotions lorsque la Ville avait émis l’idée de l’effacer.

« J’ai un œil critique sur la société. Sauver la planète, consommer équitable, je souhaite que l’art apporte une prise de conscience. Le monde est en danger, et j’espère que mon art possède l’authenticité pour que tout le monde aille mieux. L’art permet de toucher les gens, de changer les mentalités et de faire évoluer les choses : C’est un contre-pouvoir », explique l’artiste.

Big Ben a participé à des projets caritatifs : « J’ai participé avec Habitat et Humanisme en vendant la reproduction du regard de Bowie : quand l’art se transforme en “repas”, j’adore. J’ai créé pour le Sidaction et une association “L’invitation à la beauté” dont l’objet est la promotion de la santé par la beauté, et de la beauté pour la santé : c’est un don de soi ! »

Ses œuvres s’affichent avec humour et poésie sur les murs. « Pour des raisons philosophiques, elles sont éphémères, mes collages sont techniquement écologiques (en colle de farine). Si tu veux les voir, il faut aller les rattraper avant qu’elles ne disparaissent. »

www.bigbenstreetart.com

De notre correspondant local, Eric BAULE

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