Rhône Saint-Priest : route de Grenoble, l’Eldorado du camping-car

Marie Maes, camping-cariste troisième génération. Photo Progrès/Samuel TRIBOLLET
Marie Maes, camping-cariste troisième génération. Photo Progrès/Samuel TRIBOLLET

Moyen de locomotion, logement et même mode de vie, le camping-car a le vent en poupe, avec près d’un demi-million de véhicules immatriculés en France en 2018. Pour s’en procurer un dans le Rhône, direction Saint-Priest.

Avec une demi-douzaine de concessionnaires réunis dans la zone commerciale Porte des Alpes, le long de la route de Grenoble (RD 306), Saint-Priest a tout de la place forte du camping-car dans le Rhône.

« C’est historique, j’ai toujours connu ça, confirme Marie Maes, fille et employée du cofondateur du groupe du même nom. Les clients peuvent venir, faire le tour et comparer, c’est l’avantage d’être nombreux au même endroit. Et comme les concessionnaires ont l’exclusivité départementale sur les marques, les clients ont ici un large choix. »

Un choix qui porte d’abord sur le type de véhicule. Des vans à toit relevable aux confortables camping-cars à capucines avec un lit au-dessus du conducteur en passant par le fourgon aménagé, assez passe-partout.

Des occasions dès 18 000 euros

« Et ce n’est pas réservé aux retraités ! » Propriétaire de Central Camper, un site de vente entre particuliers, Yanick Merioua y tient, ce mode de loisir peut convenir aussi « aux jeunes en quête d’aventure, comme aux familles ».

Pour tous les âges donc, et pour presque toutes les bourses, affirment les vendeurs. Si la moyenne constatée est à 35 000 euros, dès 18 000 euros, on peut acquérir un camping-car d’occasion, assure Marie Maes. Pour le neuf, il faudra par contre tabler sur un minimum de 45 000 euros.

« Mais quand on a un camping-car, on économise pendant les vacances, souligne Yanick Merioua. Rien qu’avec le coût des locations à la montagne pour une famille… »

Par contre, on peut être vite tenté de se faire plaisir avec des options, « les gens veulent être comme à la maison », constate son compagnon Christel Joly, vingt ans de camping-car. « Il y a les porte-vélos et le store, mais certains ajoutent des panneaux solaires, la télé, la clim branchée sur le 220… » énumère-t-il.

Des équipements qui obligent souvent à installer des batteries au lithium, le nec plus ultra niveau autonomie.

Synonyme de liberté

Si le confort est une donnée importante, les vendeurs insistent aussi sur la liberté que procurent les camping-cars.

« Il n’y a pas besoin de réserver, on peut se décider au dernier moment selon la météo et partir pour le week-end, plaide Marie Maes, à Lyon en plus, il y a énormément de coins sympas dans un rayon de 50 km. »

Une liberté qui tend à être entravée, tempère Christel Joly : « Avant, on allait partout, mais les mairies prennent de plus en plus d’arrêtés contre le stationnement de camping-cars, donc on se retrouve souvent parqués sur des aires d’accueil. »

Ce qui peut être mal pour un bien, puisque nombreux sont ceux qui sollicitent justement ces aires pour leur convivialité.

« Idéal pour sillonner la France »

Les époux Pipaz, 38 ans de camping-car. Photo Progrès/Samuel TRIBOLLET
Les époux Pipaz, 38 ans de camping-car. Photo Progrès/Samuel TRIBOLLET

« Cela fait 38 ans que l’on fait du camping-car », expliquent fièrement Sylviane et Bernard Pipaz, deux retraités originaires d’Heyrieux (Isère) venus à Saint-Priest pour acheter un nouveau véhicule.

« On a commencé quand notre fils avait 5 ans avec un fourgon Peugeot que l’on a bricolé pour l’aménager, raconte le couple, puis on a acheté un van Volkswagen et ensuite un camping-car Ford plus équipé. »

Tout juste revenus du Tour de France qu’ils suivent chaque année à travers le pays, les Pipaz sont décidés à changer de gamme. « On a plus de moyens qu’avant et avec nos petits-enfants qui viennent avec nous, un peu de confort, ce n’est pas plus mal », estiment-ils. « C’est vraiment le véhicule idéal pour sillonner la France, on a visité toutes les régions en étant autonomes, il n’y a qu’en camping-car qu’on peut le faire. », concluent-ils devant leur petite-fille Eva, enchantée des vacances qui s’annoncent.

Quelques chiffres

Les camping-caristes français ont 57 ans de moyenne d’âge.

51 % sont retraités, 22 % employés et ouvriers, 13 % cadres supérieur et professions libérales

80 % sont propriétaires de leur camping-car, 14 % l’empruntent, 6 % le louent

80 % dépensent moins de 60 euros par jour (plus 17 euros de carburant et péages).

Les séjours durent en moyenne 20 jours.

56 % des étapes se font sur des aires d’accueil, 27 % en camping

La France est la destination préférée de 44 % des camping-caristes étrangers.

(source : ministère de l’Économie et des Finances)

Une histoire de famille

Si elle vend, mais ne possède pas, elle-même, de camping-car, Marie Maes n’en est pas moins une adepte. Pour un week-end ou une semaine de vacances, c’est en famille qu’elle part au volant d’un camping-car – d’occasion – de la concession. Pratique, mais pas que : « Quand on vend des camping-cars, il faut savoir de quoi on parle », explique-t-elle. Mais ce qui est devenu une passion, a commencé par être une histoire de famille.

« Tout a commencé avec mon grand-père, qui a acheté un des premiers camping-cars disponibles en France, raconte-t-elle. Il a ensuite suggéré à mon oncle et mon père qui avaient un centre auto d’acheter une concession de camping-cars, ce qu’ils ont fait en 2000. » Conquise par le mode de déplacement depuis toute petite grâce aux vacances avec son grand-père, c’est tout naturellement que Marie Maes rejoint l’entreprise familiale en 2010.

Samuel TRIBOLLET

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