VIE DE QUARTIER Elle s'est battue pour sauver le tilleul du Cours Vitton, en vain

Le tilleul (arbre coupé de gauche) mesurait une hauteur équivalente à quatre étages.  Photo  DR
Le tilleul (arbre coupé de gauche) mesurait une hauteur équivalente à quatre étages. Photo DR
Photo  DR
Photo DR
Photo  DR
Photo DR
Photo  DR
Photo DR
Photo  DR
Photo DR
Photo  DR
Photo DR
Photo  DR
Photo DR
Photo  DR
Photo DR
Le tilleul (arbre coupé de gauche) mesurait une hauteur équivalente à quatre étages.  Photo  DR Photo  DR Photo  DR Photo  DR Photo  DR Photo  DR Photo  DR Photo  DR

Après un combat démarré le 31 juillet, les derniers opposants n’ont pu qu’assister, impuissants, à la coupe du tilleul sur le cours Richard-Vitton dans le 3e arrondissement de Lyon. La veille, les bûcherons, devant leur mobilisation, étaient repartis sans avoir pu passer à l'action.

S’en est finalement fini pour les arbres du 68, ter du cours Richard-Vitton. C’est à cette adresse qu’un tilleul a finalement été coupé hier, au terme d’un combat mené sur deux jours par deux habitantes de l’immeuble.

Elles s’opposaient farouchement à cette action décidée par la copropriété en assemblée générale. Après s’être mises devant l’arbre toute la journée du 31 juillet pour le sauver et pour repousser ceux qui devaient le détruire, elles n’ont rien pu faire face à sa destruction le lendemain matin, dépitées.

« Quand des arbres sont plantés, on fait venir les gens pour leur dire “C’est bien, on avance”. Et à côté de ça, on a des arbres en pleine santé qu’on coupe et qu’on enlève », explique Laurène Giannuzzi, l’une des deux habitantes.

La jeune assistante commerciale de 27 ans s’étonne que son combat général pour la protection de l’environnement ne soit pas dans les normes. « Ce qui me touche, c’est que les gens ne réagissent pas, comme si c’était normal et comme si c’était dans l’ordre des choses. Ils ne pensent pas qu’un arbre est un arbre vivant qui était là avant eux et qui sera là après eux. »

Laurène Giannuzzi a tenté de sauver le tilleul en appelant à la mobilisation sur Facebook.  Photo Progrès /capture Facebook
Laurène Giannuzzi a tenté de sauver le tilleul en appelant à la mobilisation sur Facebook.  Photo Progrès /capture Facebook

La mairie ne peut rien faire

Le tilleul suit le même chemin qu’un mûrier présent dans la même cour d’immeuble et lui aussi abattu. Malgré les appels à l’aide envoyés à la mairie, la Ville n'a rien pu faire : les deux arbres sont situés dans un espace privé. Et il n'est pas possible de les faire classer.

« C’est dommage parce que l’arbre était en bonne santé sinon il ne serait pas si grand, il ne serait pas si vert. Il y avait plein d’animaux qui vivaient autour, j’ai vu des palombes, des pies, des corbeaux, il y avait même des chats qui venaient pour chasser autour, etc. », se désole Laurène.

« Le problème c’est que j’ai l’impression que ce genre de combat est toujours perdu d’avance. » Pour justifier cette décision, la régie avance le fait que les arbres représentaient un danger car trop proches d’un mur mitoyen. Et d'ajouter, lorsque Le Progrès l'a contactée : « Ces dames sont trop émotives pour trois pigeons ».

Les oiseaux qui fréquentent l’arbre sont en pleine période de nidification (construction d’un nid) et de reproduction. Dans le droit européen et français, la directive « oiseaux » du 30 novembre 2019 interdit la destruction des arbres alors qu’ils sont dans cette période.

S’il y a une espèce protégée comme la palombe sur ces arbres et que la destruction est faite, ça devient un délit. Mais, ne contenant pas de nids, le tilleul et le mûrier n’ont pas pu profiter de cette directive pour s’en sortir.

G.R.

Votre opinion ?

Connectez-vous pour commenter

Vous n’avez pas encore de compte ?