TRAFIC ROUTIER Toujours plus de voitures dans l’agglomération de Lyon

Le trafic a augmenté d’1,1 % sur un an et de 7% sur cinq ans. Photo Progrès/Maxime JEGAT
Le trafic a augmenté d’1,1 % sur un an et de 7% sur cinq ans. Photo Progrès/Maxime JEGAT

Le rapport 2018 de Coraly met en lumière une nouvelle augmentation du nombre de véhicules empruntant les voies rapides et les autoroutes du département. Une tendance qui interroge.

Coraly (1), qui gère 240 kilomètres d’autoroutes et de voies rapides autour de l’agglomération lyonnaise, a publié son bilan 2018. En catimini, sans tambour ni trompette… sûrement car les chiffres ne sont pas reluisants.

Le trafic augmente, le cœur de l’agglomération est toujours plus asphyxié, le report modal n’est pas assez fort et le contournement par l’est déçoit. Ces données soulignent, en filigrane, une certaine inefficacité des politiques publiques menées en matière de déplacements ces dernières années.

Plus que jamais, à l’approche des élections municipales et métropolitaines, la question des mobilités tient le devant de la scène mais se focalise aujourd’hui bien trop sur le projet clivant de l'Anneau des Sciences. Devant le plus grand défi de l’agglomération, il y a urgence.

Toujours plus de voitures

C’est le principal enseignement de ce bilan. Le trafic routier continue d’augmenter. Avec ses 425 capteurs, Coraly a mesuré une augmentation de trafic d’1,1 % par rapport à 2017 et de 7 % sur cinq ans !

Le tunnel sous Fourvière, malgré ses bouchons éternels, ses fermetures, attire toujours plus (+ 0,1 % en un an, + 14,8 % en cinq ans) avec 113 623 véhicules par jour l’an dernier. Et le périphérique, malgré un léger recul sur un an, reste l’axe le plus emprunté avec 179 300 véhicules par jour.

Le report ne se fait pas vraiment vers l’est. L’A432, payante, ne concerne que 32 000 véhicules et son trafic a baissé en 2018. Même chose pour l’A46 et la rocade Est, où les camions sont rois.

Temps de parcours : les mêmes points noirs

Matin ou soir, c’est la même galère. Les conditions de circulation sont dégradées sur presque tous les itinéraires. Avec des points noirs récurrents : A42, A 43, Rocade Est, tunnel sous Fourvière. Dans ce dernier cas, le temps de parcours y est multiplié par 5 le matin.

L’A46 sud n’est pas en reste, avec des temps de parcours en augmentation. En matinée, le jour le plus noir est le mardi. En soirée, la fin de semaine est plus chargée.

Coraly note toujours de même que les bouchons ont baissé de 5,5 % par rapport à 2017… Contrairement d’ailleurs à l’index TomTom qui avait relevé une hausse du niveau d’embouteillage sur cette période.

Une période de pointe… de 7 heures

Selon l’étude de Coraly, les périodes de pointe n’ont pas évolué entre 2017 et 2018. Les axes les plus chargés, matin et soir, sont l’A6/A7, le périphérique, surtout est, et l’A43 entre Manissieux et le périphérique.

Le matin, la période de pointe dure de 6 h 18 à 9 h 12, le trafic se chargeant d’abord sur l’A47, l’A7, l’A450, l’A42 et l’A46N avant même 7 heures. Le périphérique, l’A43, l’A42 et la N346 suivent avant 7 h 30.

Le soir, le trafic se charge sur le périph' est et sud, la rocade est et finit sur l’A7 et à Perrache. Une période de pointe qui dure plus de 4 heures, de 16 h à 20 h 12.

(1) Coraly, ou Coordination et Régulation du trafic sur les voies Rapides de l’Agglomération Lyonnaise est un partenariat entre l’État, la Métropole de Lyon et les sociétés concessionnaires d’autoroutes APRR, AREA et ASF

Camions, la ruée vers l’est

Archives Le Progrès/Philippe Juste
Archives Le Progrès/Philippe Juste

Si son augmentation est moins forte que celle des années précédentes (+ 3,3 % en 2017, + 5,2 % en 2016), le trafic poids lourds continue de grossir dans l’agglomération : + 1,7 %.

Très léger sur le boulevard périphérique nord de Lyon (BPNL), en raison de l’interdiction des plus de 19 tonnes (1,5 % du trafic total), toujours présent dans le tunnel sous Fourvière (4,2 %), il est impressionnant sur l’A46 nord et sud, avec des valeurs dépassant les 30 %…

Une situation qui explique peut-être la stagnation des véhicules légers dans le secteur, face aux 20 000 poids lourds qui empruntent cet axe quotidiennement. Au-dessus de 15 % de part de trafic, on retrouve également l’A47, la rocade est, l’A432 et l’A7, au sud de Pierre-Bénite, Coraly soulignant une forte augmentation du trafic sur cette portion.

Jean-Philippe CAVAILLEZ

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