IMMOBILIER Le futur immeuble de la rue Hénon fait grincer des dents les défenseurs de l’identité de la Croix-Rousse

La maison de la rue Hénon a été rasée.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
La maison de la rue Hénon a été rasée.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
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Photo Progrès /Capture d’écran UTEI
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La maison de la rue Hénon a été rasée.  Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ Photo Progrès /Capture d’écran UTEI

La démolition d’une petite maison rue Hénon ne passe pas pour le collectif de « La Croix-Rousse n’est pas à vendre ». Le tènement, libéré, va en effet permettre la construction d’un immeuble de 19 logements « sans charme », vendus à des prix exorbitants.

Après le projet immobilier porté par Bouygues entre les rues Lémot, Pouteau et Diderot, cette fois, c’est un chantier démarré, et bien avancé, rue Hénon, qui fait grincer des dents le collectif "La Croix-Rousse n’est pas à vendre".

Il incarne à lui seul tout ce pour quoi ses militants luttent : préserver l’identité de la Croix-rousse, empêcher la gentrification du quartier. « Un quartier ne peut rester figé. Il doit évoluer, certes, mais sans précipitation et en respectant la tradition qui en fait son charme. Il doit pouvoir continuer à témoigner dans le futur de la période glorieuse de la soierie », plaide ainsi le collectif né en 1989 à l’époque des premières vagues de constructions immobilières sur le plateau. Depuis, les motifs de lutte ont augmenté aussi vite que le nombre de démolitions-reconstructions sur le quartier.

La dernière en date, rue Hénon. A quelques mètres de la grand-rue de la Croix-Rousse, juste à côté du collège Saint-Denis et en face de l’église éponyme, inscrite depuis 1986 au titre des monuments historiques, les tractopelles sont passées à l’action. La petite maison et les ateliers attenants viennent d’être rasés. A la place, un nouveau programme immobilier, baptisé "Pavillon Saint-Denis", de 19 appartements (du studio au 4 pièces) avec loggias, terrasses ainsi qu’un espace vert collectif en cœur d’îlot de la résidence.

La livraison est prévue pour le 30 juin 2021. UTEI promet de très « belles prestations à50 mètres de la Grande Rue de la Croix-Rousse, au cœur de l’un des quartiers les plus emblématiques de Lyon" et un « quotidien facilité : marché quotidien sur le boulevard, commerces, services, restauration, établissements scolaires, crèches, hôpital, théâtre ». Prix à la vente : de 226 000 euros pour un T1 à plus de 708000 euros pour un T4.

Le nouveau programme immobilier, baptisé « Pavillon Saint-Denis » sera livré en juin 2021. Photo Progrès /Capture d’écran UTEI
Le nouveau programme immobilier, baptisé « Pavillon Saint-Denis » sera livré en juin 2021. Photo Progrès /Capture d’écran UTEI

« Des constructions grises et hautes »

« En quoi le projet prévu respecte-t-il le quartier, son histoire, et en quoi est-il en harmonie avec les constructions avoisinantes ? », demande dans un tract, le collectif qui fait référence à l’article 11 du plan local d’urbanisme.

Et d’ajouter : « La Croix-Rousse était un quartier humain où il faisait bon vivre. Or les nouvelles constructions sont grises, hautes et surtout, le choix a été fait d’un alignement des hauteurs, sans charme, rompant ainsi avec la diversité architecturale de notre beau quartier. Quant aux prix des logements proposés – de 6 900 euros à 7 700 euros du m2-, ils contribuent directement à l’augmentation des prix de l’immobilier à la Croix-Rousse rendant de plus en plus difficile le logement des habitants du quartier. »

Le PLU-H plus protecteur ?

Ils en appellent aussi au politique : « Comment un permis de construire a-t-il pu être délivré si près de la Grande rue de la Croix-Rousse ? Comment se fait-il que nos élus qui votaient en même temps le nouveau PLU-H n’aient pas cherché à protéger ce secteur ? »

Un nouveau PLU-H entré en vigueur le 18 juin qui identifie 52 bâtiments protégés sur l’arrondissement (où le précédent PLU en comptait 13) parmi lesquels immeubles, pavillons, maisons bourgeoises pour leur qualité mémorielle, historique, architecturale, urbaine ou paysagère ainsi que le bâtiment industriel de Soierie Prelle au 7, rue Barodet, le bâtiment des Petites sœurs des pauvres au 81, rue Hénon…

Un PLU-H qui définit aussi six périmètres d’intérêt patrimonial, des zones pour lesquelles toute réhabilitation est soumise à des règles définies, et regroupe le boulevard de la Croix-Rousse, le cours d’Herbouville, la rue Eugène-Pons, le Clos Perrod (quartier situé derrière la mairie), le quartier Canut (est de la Croix-Rousse) et enfin la Grande rue avec la petite et la grande place de la Croix-Rousse.

T. V.

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