ART Ce Lyonnais lâche ses tableaux dans la rue... et c'est le début du voyage

Fin juillet, les petits monstres de Line-Street ont envahi le Jardin des curiosités. Photo Instagram Line-Street
Fin juillet, les petits monstres de Line-Street ont envahi le Jardin des curiosités. Photo Instagram Line-Street
A Fourvière, en décembre 2018. Photo Instagram Line-Street
A Fourvière, en décembre 2018. Photo Instagram Line-Street
Devant la grande roue, place Bellecour. Photo Instagram Line-Street
Devant la grande roue, place Bellecour. Photo Instagram Line-Street
Une rosace rose dissimulée dans la flore, en face du musée des miniatures, dans le Vieux Lyon. Photo Instagram Line-Street
Une rosace rose dissimulée dans la flore, en face du musée des miniatures, dans le Vieux Lyon. Photo Instagram Line-Street
Fin juillet, les petits monstres de Line-Street ont envahi le Jardin des curiosités. Photo Instagram Line-Street A Fourvière, en décembre 2018. Photo Instagram Line-Street Devant la grande roue, place Bellecour. Photo Instagram Line-Street Une rosace rose dissimulée dans la flore, en face du musée des miniatures, dans le Vieux Lyon. Photo Instagram Line-Street

A Lyon, les rues ont toujours quelques surprises en réserve, comme lorsqu’un tableau est laissé seul, abandonné, délaissé. Non, il ne s’agit pas d’un oubli, mais plutôt d’une invitation au voyage par l’artiste Line-Street.

Au jardin des curiosités, ce samedi, il faut être vif. Posé sur une chaise, un petit tableau bariolé de petits monstres jaunes ne demande qu’à être récupéré. Il n’a d’ailleurs fallu qu’une poignée de minutes avant qu’il ne trouve un nouveau propriétaire.

Un peu plus loin, dans le Vieux Lyon, une autre œuvre, une rosace rose, est dissimulée dans la flore, en face du musée des miniatures. Quelques instants plus tard : disparue.

« Maintenant, il ne reste même pas cinq minutes », s’amuse Line-Street, leur créateur. A quelques pas du point de rendez-vous, cet artiste lyonnais mais anonyme s’amuse de l’engouement que ses œuvres déclenchent : « J’aime bien regarder au loin les réactions des gens. Parfois, plusieurs personnes se retrouvent au même moment. »

Et lorsque le tableau s’en va dans les mains de son nouvel hôte, son destin ne lui appartient plus.

Les consignes de l'artiste

1 – « Prends-moi dans la rue »

2 – « Adopte-moi chez toi »

3 – « Relâche-moi dans une autre ville »

4 – « Photographie-moi avec ton téléphone »

5 – « Poste-moi et like moi sur ma page Facebook »

« Ce sont des tableaux qui voyagent »

Voilà maintenant deux ans et demi que Line-Street éparpille ses œuvres à travers le monde. Le concept : il dépose un tableau dans une ville, prend une photo diffusée sur ses réseaux sociaux et la chasse commence.

Pour faciliter l’initiative, chaque œuvre est accompagnée de consignes d’utilisation, au dos, avec un lien qui redirige vers le site de Line-Street, traduit en six langues différentes.

« Le but, c’est de le prendre, de le garder un moment, de le redéposer ailleurs en m’envoyant la photo du futur lieu. En fait, ce sont des tableaux qui voyagent. »

Son site Internet en recense 110, sans qu’il sache réellement où ils se trouvent. Il estime qu’une trentaine a voyagé. et sait que certains sont allés au Japon, au Mexique ou en Corée du Sud.

Quand l'artiste dépose une œuvre, la plupart du temps, il reçoit un message. « Ce sont souvent des gens qui veulent les garder chez eux. »

Depuis quelques exemplaires –dont les deux Lyonnais-, l’artiste promet des cadeaux à ceux qui redéposeront l’œuvre par la suite. « Comme ça, ça motive les gens à jouer le jeu. »

Les "Bous" à la conquête du monde

Très inspiré par le mouvement street-art, l’artiste met en scène des petits personnages colorés, sous diverses formes, qu’il prénomme les “Bous”. « Ce sont de petits fantômes, je voulais une forme simple, pour que ce soit assez identifiable. Ça permet de raconter des histoires sur mes tableaux. »

Des aventures suivies, désormais, par plus de 3 000 personnes sur Instagram et 1 800 sur Facebook.

Et si la notoriété de son concept le mène à quelques expositions, Line-Street n’y voit aucun but lucratif. « Les œuvres en vente sur mon site me permettent de financer mon art. A la fin de l’année, le but, c’est d’être à zéro euro. »

Et tout ça, « sans prétention, en apportant de la couleur, de la joie et de la bonne humeur » dans les rues du monde entier.

Prochaine chasse à Lyon le samedi 10 août

Après une escale au Portugal, Line-Street sera de retour à Lyon, le 10 août. Dans la matinée, il déposera deux nouvelles œuvres, en direct sur ses réseaux sociaux. Les lieux ne sont évidemment pas dévoilés, mais il explique « choisir des endroits phares » des villes qu’il visite. Et en fouinant un peu dans ses anciens posts, on peut tenter de deviner quels lieux l’artiste n’a pas encore visité à Lyon…

Justin NOTO

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