VIE DE QUARTIER Pétition en ligne : comment les Lyonnais affichent leur grogne sur Internet

Des habitants du quartier Mazagran ont décidé de lancer une pétition en ligne pour dire «stop» aux incivilités. Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ
Des habitants du quartier Mazagran ont décidé de lancer une pétition en ligne pour dire «stop» aux incivilités. Photo Progrès /Tatiana VAZQUEZ

Une nouvelle pétition a vu le jour sur la toile. À l’initiative d’habitants du 7e arrondissement, elle met la mairie en demeure de mettre un terme aux incivilités dont souffrirait leur quartier. Une pétition qui n’est pas sans en rappeler d’autres, lancées ces derniers mois. Se multipliant sur le Net, elles ont pour point commun de vouloir mettre la pression sur les pouvoirs publics. Parfois avec succès.

Débris de verre au quotidien. Canettes d’alcools métalliques, bouteilles de verre et autres détritus qui transforment la place en une porcherie dès la fin de journée alors même que les poubelles ne sont pas pleines. Dealers de produits stupéfiants. Déjections canines sur les pelouses. Bagarres régulières. Présence d’encombrants. Individus urinant sur la végétation alors même que des toilettes sont à disposition sur la place. Barbecues sauvages aux beaux jours. Présence régulière de scooters, parfois de voitures particulières circulant sur la place. Squats des « cabanes orange » de l’espace jeux pour enfants par de jeunes adultes alcoolisés par mauvais temps, toute l’année…

La liste se veut non exhaustive. Mais elle raconte le quotidien des riverains de Mazagran qui dure depuis 2015, année de livraison de la place réhabilitée.

Courriers à la mairie d’arrondissement, courriers à la mairie centrale, signalements auprès de la police… Ayant le sentiment de ne pas être entendus, des habitants du quartier ont décidé de porter sur la place publique leur grogne.

Une pétition a donc été lancée sur la plateforme change.org pour interpeller l’opinion, mettre en demeure les élus, et espérer voir la situation, évoluer.

Arme d’influence

Une nouvelle pétition qui n’est pas sans rappeler celle lancée, sur le Net, quelques mois plus tôt par Presqu’île en colère , ce collectif, né sur Facebook, pour dire « stop aux klaxons et incivilités » dans leur quartier, aux abords des rues de Brest et Édouard-Herriot. Rodéos, nuisances sonores… Eux aussi souhaitaient interpeller la mairie sur les incivilités qu’ils subissent chaque soir de week-end, à partir du vendredi. Ils avaient obtenu que le maire, Gérard Collomb, prenne un arrêté pour interdire la circulation , les vendredis et samedis entre 22 heures et 4 heures du matin. Une solution visible et concrète, qui n’a pas tout résolu, en témoigne encore les nombreux signalements, laissés par les membres du groupe Facebook, mais qui aurait pu inspirer les riverains de la place Mazagran de tenter à leur tour, leur chance

Les pétitions en ligne peuvent-elles peser d’un poids politique ? Seraient-elles une arme d’influence ? Peut-être… Une chose est sûre : elles ont remplacé les signatures physiques recueillies dans la rue et sont devenues un moyen de revendiquer comme un autre.

Un moyen de mettre la pression sur les pouvoirs publics, pour « obtenir un changement dans la ville », promet la plateforme change.org qui encourage à créer, en quelques clics, sa pétition. En quelques mois, à Lyon, on les a ainsi vues se multiplier sur la toile. De plus en plus massives, elles disent « non » ou « stop », « demande » et appelle à « la mobilisation citoyenne ».

Un succès plus ou moins certain

Les dernières en date sont en lien avec les grands projets d’aménagements de la ville, l’écologie, le commerce et la vie quotidienne.

Il y a eu celle lancée par « Commerçants lyonnais », alors que le mouvement des Gilets jaunes battait son plein dans le centre de Lyon, pour dire « stop au blocage sans fin et à la perte d’attractivité durable de la presqu’île ».

Celle pour « sauver les derniers commerces indépendants de Lyon », mise en ligne, il y a quelques semaines, quand l’affaire opposant la pizzeria Carlino au fonds souverain d’Abu D’Ahbi (ADIA) avait été médiatisée ou encore celle pour «  sauver les pratiques artistiques amateurs de l’Ensba de Lyon  » alors que l’on parlait des travaux pour mettre le bâtiment de Perrache aux normes.

Celle pour réclamer un parvis pour l’église Saint-Nizier , dans le cadre des travaux Cœur Presqu’île.

Celle pour vouloir aboutir un autre projet sur le site de l’ancienne école des Beaux-Arts, promises à une transformation en logements de standing. Même les parents d’élèves s’y étaient mis en cours d’année scolaire pour exiger moins de plastique et de gaspillage alimentaire dans les cantines lyonnaises…

Toutes adressées, a minima, au maire de Lyon, elles connaissent, en termes de mobilisation un succès plus ou moins certain. La pétition pour sauver les pratiques artistiques amateurs a enregistré un peu plus de 3.000 signatures. Plus de 5.000 en soutien au couple Carlino. 900 pour celle de la Presqu’île en colère. Quant à celle des riverains de la place Mazagran, elle cumule plus de 50 signatures…

Tatiana VAZQUEZ

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