CULTURE URBAINE Kalouf, des graffs à ciel ouvert sur des fresques XXL

À la Croix-Rousse, Kalouf évoque l’écologie en donnant vie à un immense poisson.   Une œuvre qui séduit les passants.  Photo Progrès /Elena JEUDY-BALLINI
À la Croix-Rousse, Kalouf évoque l’écologie en donnant vie à un immense poisson. Une œuvre qui séduit les passants.  Photo Progrès /Elena JEUDY-BALLINI
Jusqu’au 2 août, Kalouf a réalisé une fresque monumentale sur la façade de l’ancien hôtel Novotel. Une réalisation en partenariat avec Vinci Immobilier.  Photo Progrès /Elena JEUDY-BALLINI
Jusqu’au 2 août, Kalouf a réalisé une fresque monumentale sur la façade de l’ancien hôtel Novotel. Une réalisation en partenariat avec Vinci Immobilier.  Photo Progrès /Elena JEUDY-BALLINI
À la Croix-Rousse, Kalouf évoque l’écologie en donnant vie à un immense poisson.   Une œuvre qui séduit les passants.  Photo Progrès /Elena JEUDY-BALLINI Jusqu’au 2 août, Kalouf a réalisé une fresque monumentale sur la façade de l’ancien hôtel Novotel. Une réalisation en partenariat avec Vinci Immobilier.  Photo Progrès /Elena JEUDY-BALLINI

Vingt ans que Kalouf s’adonne au street art à Lyon et à travers le monde. Dernière réalisation : une fresque XXL à la Part-Dieu. Entretien avec un artiste mondialement reconnu, entre engouement croissant du public pour le graffiti… et démarches administratives.

Si vous vous êtes promenés dans le quartier de la Part-Dieu ces dernières semaines, impossible d’être passé à côté. Zoo Big Wall , une fresque monumentale de plus de 2 000 m², a surgi sur la façade de l’ancien Novotel promis à la démolition. Un chef-d’œuvre éphémère réalisé dans le cadre du Zoo Art Show et en partenariat avec Vinci Immobilier.

Dans une nacelle, à plusieurs dizaines de mètres du sol et en tenue de chantier, Kalouf manie aérosols et peinture. Sur la scène mondiale, le street artist est reconnu pour ses graffs à ciel ouvert et son style empreint d’hyperréalisme et de 3D.

Depuis ses débuts dans les années 1990, celui qui se fait aussi appeler Kalouf Lambert a vu l’univers du graff évoluer progressivement. La contre-culture décriée hier s’exporte désormais dans les galeries et compte de plus en plus de professionnels. « Quand j’ai commencé, même quand je travaillais sur des murs avec des autorisations, les riverains appelaient la police. Vingt ans plus tard, on expose et on peut vivre de ses œuvres. »

Lorsqu’on lui demande s’il ne craint pas que cet art perde de son authenticité, Kalouf répond avec philosophie : « Non. Que cela se professionnalise, c’est dans l’ordre des choses. Mais le vandale, qui est à la base du courant, survivra et il restera toujours un noyau dur de puristes pour assurer la transmission des valeurs. »

Le graff, un courant à l’esprit résolument positif

« Au même titre que la danse et le rap, il offre la création artistique comme alternative à des jeunes parfois désœuvrés. Canaliser les énergies, créer ensemble, voilà l’objectif ! » Si Kalouf a choisi le graff comme moyen d’expression, c’est parce qu’il préfère le hasard des rencontres que lui offre la rue.

« En dehors de la création, ça permet de discuter avec les gens, d’ouvrir le dialogue et d’avoir un retour direct même négatif. L’essentiel est de communiquer. » Si la plupart de ses œuvres est visible à Paris et à l’étranger, Lyon lui doit notamment un poisson de 120 m² sur un mur de la Croix-Rousse et plusieurs fresques du côté de Gerland.

J'aimerais en faire davantage

Kalouf

« J’aimerais en faire davantage mais ça coince côté administratif. Ce n’est pas évident d’obtenir des autorisations à Lyon, les démarches sont longues. Du coup, pour ce qui est du street art, la ville a pris un peu de retard », explique-t-il.

Mais que les Lyonnais se rassurent, Kalouf prépare deux autres projets qui devraient voir le jour prochainement dans les 7e et du 8e arrondissements. Affaire à suivre.

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