ECONOMIE Quai Jean-Moulin: les commerçants ont peur de devoir mettre la clé sous la porte

La boutique de Nicolas Dorel est complètement dissimulée derrière les bungalows de chantier, tout comme le restaurant asiatique Bon Voyage.  Photo Progrès /Laurène ROCHETEAU
La boutique de Nicolas Dorel est complètement dissimulée derrière les bungalows de chantier, tout comme le restaurant asiatique Bon Voyage.  Photo Progrès /Laurène ROCHETEAU
Désormais, les camions de livraison ne peuvent plus se garer devant la boutique. Photo Progrès /Laurène ROCHETEAU
Désormais, les camions de livraison ne peuvent plus se garer devant la boutique. Photo Progrès /Laurène ROCHETEAU
"Si notre chiffre d’affaires baisse de 20 à 30 % pendant six mois, on met la clé sous la porte" assure Nicolas Dorel, gérant de Bulko. Photo Progrès /Laurène ROCHETEAU
"Si notre chiffre d’affaires baisse de 20 à 30 % pendant six mois, on met la clé sous la porte" assure Nicolas Dorel, gérant de Bulko. Photo Progrès /Laurène ROCHETEAU
La boutique de Nicolas Dorel est complètement dissimulée derrière les bungalows de chantier, tout comme le restaurant asiatique Bon Voyage.  Photo Progrès /Laurène ROCHETEAU Désormais, les camions de livraison ne peuvent plus se garer devant la boutique. Photo Progrès /Laurène ROCHETEAU "Si notre chiffre d’affaires baisse de 20 à 30 % pendant six mois, on met la clé sous la porte" assure Nicolas Dorel, gérant de Bulko. Photo Progrès /Laurène ROCHETEAU

Dissimulés par des bungalows de chantier qui les rendent invisibles depuis le quai, Nicolas et ses voisins ont peur que leurs boutiques ne survivent pas à cette nouvelle période de travaux. Soutenus par le Mouvement Carré Nord Presqu’île, ces commerces indépendants demandent à la Métropole de faire un effort de communication.

Derrière les gros bungalows de chantier blancs, difficile d’imaginer la présence de commerces. C’est bien simple : de l’autre côté du quai Jean-Moulin, on ne les aperçoit même pas. Nicolas Dorel est le gérant et cofondateur de Bulko , une épicerie écoresponsable. Lui qui a ouvert sa boutique de produits en vrac il y a deux ans et demi, a quasiment toujours connu ce quartier en travaux. Mais cette fois, il est réellement inquiet pour la pérennité de son commerce, car les gros containers empêchent la visibilité de la boutique depuis le quai Jean-Moulin, dans le 1er arrondissement. 

Les espaces modulaires, qui sont prévus pour rester au moins jusqu’en janvier 2020, risquent de porter un coup à la fréquentation de son magasin : « Si notre chiffre d’affaires baisse de 20 à 30 % pendant six mois, on met la clé sous la porte, déclare-t-il. D’autant plus qu’on fait notre meilleure période de septembre à décembre. » Pour ses voisins, les gérants du restaurant asiatique Bon Voyage, le problème est le même.

Désormais, les camions de livraison ne peuvent plus se garer devant la boutique. Nicolas Dorel est obligé de faire de nombreux allers et retours pour stocker les sacs de vingt kilos dans la boutique. Et quand il est à l’extérieur, en train de décharger les livraisons, il ne peut même plus garder un œil sur l’intérieur de son magasin, puisque les bungalows lui cachent la vue.

Montés en une nuit, sans prévenir les commerçants

Selon Nicolas Dorel, la Métropole ne ferait pas grand-chose pour arranger le manque de visibilité : « Ils ont seulement proposé de mettre une bâche pour dire que les commerces restent ouverts, mais ils ne veulent même pas mettre le nom du magasin. Ils disent que ça serait de la publicité. »

Ce n’est d’ailleurs pas la seule reproche de Nicolas Dorel à la Métropole : installés début juillet, les modules ont été montés en une nuit. « Le minimum aurait été de nous prévenir, pour qu’on puisse mettre un peu de trésorerie de côté. Mais quand j’ai cherché à joindre la Métropole, ils m’ont baladé à chaque fois en disant que c’était un autre service qui s’en occupait. » Le commerçant remet en question l’importance de placer ces bungalows à cet endroit précis alors qu’ils ne sont pas utilisés pour les travaux mêmes : ce sont simplement des espaces de vie pour les travailleurs du chantier Place de la Comédie, pour leur permettre de se reposer à l’ombre durant cette période de fortes chaleurs. Il se demande pourquoi ils n’ont pas été installés 30 mètres plus loin, devant un immeuble de bureaux qui ne se soucie pas de la visibilité.

Les commerçants de la PresquIle se mobilisent

Carole Chateau, présidente du Mouvement Carré Nord Presqu’île a proposé aux commerçants le soutien de son association. Lancé sur Facebook et Twitter en 2018, le Mouvement Carré Nord Presqu’île a d’abord été alimenté par sa seule volonté. Cette propriétaire de plusieurs magasins indépendants était agacée par les travaux, les questions de sécurité et de salubrité de la Presqu’île.

Désormais rejointe par 240 commerçants lyonnais, elle fait preuve d’une « volonté de mettre en place des solutions ». Alors que les élections municipales arrivent à grand pas, le collectif demande aux élus de la ville de « se positionner face à la condition de la Presqu’île ».

Le mouvement mène également des actions pour mettre en valeur le quartier : les commerçants essaient actuellement de recueillir des subventions pour permettre d’illuminer 7 rues de la presqu’île lors des prochaines fêtes de fin d’année.

Le collectif se mobilise également pour que la Métropole crée des passages piétons autour de la place des Terreaux, aujourd’hui complètement en travaux.

Laurène ROCHETEAU

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