ART CONTEMPORAIN Les Halles Paul-Bocuse: nouveau terrain de jeu des graffeurs de Lyon

Les rideaux de fer des halles Bocuse tagués par Zoo art show.  Photo Progrès  /Maé CASTELLET
Les rideaux de fer des halles Bocuse tagués par Zoo art show.  Photo Progrès  /Maé CASTELLET
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Les rideaux de fer des halles Bocuse tagués par Zoo art show.  Photo Progrès  /Maé CASTELLET Photo Progrès  /Maé CASTELLET Photo Progrès  /Maé CASTELLET Photo Progrès  /Maé CASTELLET Photo Progrès  /Maé CASTELLET Photo Progrès  /Maé CASTELLET Photo Progrès  /Maé CASTELLET Photo Progrès  /Maé CASTELLET Photo Progrès  /Maé CASTELLET Photo Progrès  /Maé CASTELLET Photo Progrès  /Maé CASTELLET Photo Progrès  /Maé CASTELLET Photo Progrès  /Maé CASTELLET Photo Progrès  /Maé CASTELLET Photo Progrès  /Maé CASTELLET Photo Progrès  /Maé CASTELLET

Depuis février, les artistes de Zoo art show s’emparent des rideaux de fer des halles de Lyon. Avec l’accord des commerçants, ils laissent libre cours à leur imagination pour créer un « petit musée du graffiti », visible lorsque tout est fermé.

A la tombée de la nuit ou au petit matin, lorsque l’on se promène dans les halles Paul Bocuse, ce ne sont plus de simples rideaux de fer gris et froids qui protègent les devantures. Une fois fermés, les commerces de bouche laissent place à un autre univers et déambuler dans les allées offre une tout autre saveur. La couleur et la lumière des graffitis qui ont pris possession des lieux attirent notre attention. Des petits monstres bleus et jaunes de Chanoir à l’écriture saillante de Kalouf, les artistes de Zoo art show ont laissé libre cours à leur imagination pour ce projet atypique.

Rendre les halles plus gaies

Commencée en début d’année, cette exposition visible uniquement à certains moments de la journée, semble détonner avec l’aspect traditionnel des halles de Lyon. L’objectif ? « Rendre plus gaies les halles quand les rideaux sont baissés », explique Dominique Pilastre, gérant du restaurant AOC et vice-président de l’association des commerçants des halles.

Une première exposition menée par le collectif dans ce lieu symbolique de la gastronomie lyonnaise s’est tenue en décembre dernier. À la suite de cette rencontre entre artistes et commerçants, l’idée d’une seconde collaboration a émergé. C’est Dominique Pilastre qui s’est ensuite chargé de faire le lien entre ses collègues et Zoo art show.

"Beaucoup sont Lyonnais et ont adoré mettre leur patte dans les halles"

Chaque enseigne était libre d’accepter ou de refuser cette initiative, entièrement gratuite, et ne pouvait pas imposer de thématique aux artistes. « Ils se sont exprimés librement. Beaucoup sont Lyonnais et ont adoré mettre leur patte dans les halles, c’est un lieu auquel ils sont attachés », raconte le vice-président.

Pour l’instant, 39 artistes ont participé à ce projet évolutif et dix de plus devraient s’y associer d’ici l’inauguration en septembre. « C’est un véritable petit musée du graffiti qu’on est en train de construire là-bas », assure Phil Reichsrath, directeur artistique de Zoo art show. « Ce qui nous intéressait, c’était les rideaux de fer, véritable emblème du graffiti ».

45 rideaux déjà tagués

Cette exposition évoque les bases du street art, associé au vandalisme. Les tags ont été entrepris à la bombe, la nuit, afin d’être à l’abri des regards. « On retrouve le côté sauvage, l’état pur du graffiti ». 45 rideaux ont déjà été tagués et une vingtaine devrait rejoindre l’exposition d’ici la rentrée.

Dominique Pilastre, gérant du restaurant AOC, devant son rideau graffé par Chanoir. Photo Progrès /Maé CASTELLET
Dominique Pilastre, gérant du restaurant AOC, devant son rideau graffé par Chanoir. Photo Progrès /Maé CASTELLET

Si seulement une partie des commerçants s’est prêtée au jeu et que quelques avis divergent quant à la place du street art dans ce lieu renommé et touristique, Dominique Pilastre l’assure : « En majorité, ça plaît ». Lucas Tarabbia, employé polyvalent à la Maison Tacca, dont la grille a été embellie par Kalouf, partage l’avis général : « Un matin, je suis arrivé et j’ai vu les rideaux. C’est sympa, ça met de la couleur ».

Quelques mètres plus loin, Anne-Lise Geus, responsable du Comptoir des Halles a fait disparaître la porte de ferraille nouvellement colorée pour installer les tables de son bar à tapas. Plutôt contente du résultat, elle admet : « Honnêtement, j’avais un rideau tout gris, je trouvais ça sympa de participer à du street art ». Si elle n’a pas pu choisir l’artiste qui s’affairerait à l’ornement de son rideau, elle a tout de même eu une exigence. « Je voulais que ce soit très illustratif », assure-t-elle en terminant sa mise en place. Elle regrette cependant que les artistes n’aient pas réfléchi à une meilleure corrélation entre le street art et les lieux.

Mais comme l’explique Phil Reichsrath : « On joue vraiment avec le côté vandale, puisque c’est l’essence du graffiti. Le fait que l’on ne réponde pas à une commande crée de la cohérence avec ce qui se fait habituellement dans la rue. C’est ça l’authenticité du projet ». Et d’ajouter : « ça fait plaisir de donner un terrain de jeu légal aux artistes ».

Anne-Lise Geus, responsable du Comptoir des Halles. Photo Progrès /Maé CASTELLET
Anne-Lise Geus, responsable du Comptoir des Halles. Photo Progrès /Maé CASTELLET

Si le but n’est pas nécessairement de séduire une nouvelle clientèle, « ce projet permet à une population plus jeune de découvrir les halles, ils ne connaissent pas forcément le lieu et viennent pour voir l’expo», indique Dominique Pilastre.

L’ensemble des graffitis sera terminé pour l’inauguration officielle de l’exposition, prévue le dimanche 22 septembre. D’ici là, il est possible de découvrir les œuvres et leurs avancées en se baladant dans les halles lorsque les commerces sont fermés.

Maé CASTELLET

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