OLYMPIQUE LYONNAIS Joachim Andersen, sang-froid et cœur chaud

Joachim Andersen, tout juste arrivé à l’OL, lors du match de préparation contre le Servette de Genève au stade Pierre Rajon de Bourgoin.  Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON
Joachim Andersen, tout juste arrivé à l’OL, lors du match de préparation contre le Servette de Genève au stade Pierre Rajon de Bourgoin.  Photo Progrès /Stéphane GUIOCHON

A 23 ans, le défenseur danois, acheté 30 millions d'euros, est la recrue la plus chère de l'histoire de l'OL. Un statut qu'il aborde avec beaucoup de sérénité.

Quand on le rencontre à Décines, après son entraînement, Joachim Andersen sort de la douche. Il débarque en short, t-shirt et Birkenstok. À la cool.

À 23 ans, le défenseur danois, piqué à la Sampdoria de Gênes après une saison pleine, est la recrue la plus chère de l’histoire de l’OL. 30 millions d’euros bonus compris.

« Les clubs ont négocié les montants de mon transfert entre eux, je ne m’en préoccupe pas. Je pense juste à jouer au football et faire de mon mieux, c’est pour ça que le club me paie », tranche d’emblée le gaillard aux yeux bleus et à la chevelure blonde comme le blé. La pression glisse sur son mètre 90.

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Avant même qu’il débarque à Lyon, Joachim faisait déjà l’unanimité sur les réseaux sociaux… surtout auprès de la gent féminine, qui sommait le « beau gosse » de rejoindre l’OL.

Officiellement lyonnais depuis le 12 juillet, Andersen prend petit à petit ses marques. Dans le groupe - « J’apprends à connaître mes partenaires, je parle hollandais avec Memphis et Kenny ». Et hors des terrains. Avec sa petite amie Cécilie, « qui n’aime pas le foot » mais ne rechigne pas à aller le voir en match, il devrait bientôt emménager dans une maison de la région. Viendra le temps, ensuite, d’explorer la ville, et de goûter la gastronomie locale. « J’adore la nourriture. Si j’ai signé à Lyon, c’est pour ça », plaisante le Nordique, solaire.

Aîné d’une fratrie de quatre enfants

Andersen a grandi dans une famille unie et aisée de la banlieue de Copenhague. Son père est pdg d’une entreprise de plasturgie, sa mère comptable. Aîné d’une fratrie de quatre enfants, Joachim veille sur ses trois sœurs, en grand frère protecteur (la cadette a 20 ans, les benjamines, des jumelles, 17).

Parti depuis huit ans du cocon familial, Joachim a appris à vivre en autonomie, loin des siens. Même s’il reste très proche de son entourage. « On se fait plusieurs FaceTime par semaine » (appels en vidéo, Ndlr), avoue le seul sportif du clan Andersen. « Mon père et mon grand-père adorent le football, ils y jouaient quand ils étaient plus jeunes mais ils n’étaient pas très bons », s’amuse le jeune homme aux dents ultra-blanches.

Quand il n’est pas sur les terrains de foot, Joachim mène une vie normale. Retrouve sa petite amie qui suit des cours en ligne pour devenir prof. Sort dîner en ville. Joue au tennis et au golf ses jours de repos. Écoute Kool and the Gang (« j’aime bien la musique funky et disco des années 80 »). Rend visite à ses amis. Et… regarde les matchs de foot à la télé pour « s’inspirer des grands joueurs » comme le défenseur du Real Sergio Ramos, son modèle.

Rigueur danoise

« Jouer au foot, c’est mon métier. Et j’ai de la chance, j’adore ça », rappelle-t-il. À 4 ans, le blondinet s’éprend du ballon rond, dans le petit club de Greve, à quelques kilomètres à l’ouest de la capitale danoise.

Après deux ans au FC Copenhague, académie où il joue au foot et suit des cours en parallèle, Joachim fait son entrée au FC Midtjylland, l’un des meilleurs centres de formation du pays, à 3 heures de route de Copenhague. « J’avais 15 ans, j’étais loin de chez moi, c’était dur. »

L’ado préfère s’amuser avec ses coéquipiers que de se concentrer sur son avenir. Il prend conscience de l’enjeu, au bout de six mois. « Je me suis repris en main, et tout est devenu clair. »

À 17 ans, il rejoint le FC Twente, aux Pays-Bas. S’imprègne du football total pendant quatre ans. Avant de partir en Italie, à la Sampdoria de Gênes. « La région était fantastique, le club sympa. Mon coach (Marco Giampaolo) a cru en moi et m’a donné confiance. J’étais très heureux là-bas, ça a été dur de partir, mais c’est comme ça, c’est le football », convient le golgoth, un brin nostalgique.

Prudent, Joachim procède étape par étape. En parallèle du foot, Joachim a tenu à poursuivre ses études. Pour se prévenir de tout pépin physique. Début juin, il décrochait le diplôme en économie internationale de l’Albertslund Gymnasium, un établissement spécialisé dans le suivi scolaire des sportifs de haut niveau.

Loin d’être fortuite, sa venue à Lyon avait, elle aussi, été mûrement réfléchie. « En Hollande, j’ai beaucoup appris sur la possession de balle. En Italie, j’ai travaillé la tactique et amélioré l’aspect défensif de mon jeu. La France, c’est l’occasion de jouer plus physique. » Et de parfaire la panoplie de ce joueur (presque) accompli.

« Sur le terrain, c'est un tueur, il peut y laisser ses dents »

Photo Stéphane GUIOCHON
Photo Stéphane GUIOCHON

Joachim Andersen et ses parents au FC Twente  Photo Progrès /DR
À entendre Jacob, le père PDG d’une entreprise de plasturgie et président du club de foot Vendsyssel FF, on comprend mieux d’où vient la rigueur du fiston. Sérieux et bosseur, le jeune homme de 23 ans visionne chacun de ses matchs avec un conseiller pour savoir ce qu’il doit améliorer. Joachim fait aussi attention à ce qu’il mange, prend soin de son corps. « Plus jeune, il avait l’habitude d’être le meilleur joueur de l’équipe. Désormais, il est entouré de très bons joueurs. Il doit être tous les jours à 100 %, montrer qu’il a faim. Tu te dois d’être focus pour le club qui t’a engagé et qui te paye pour jouer. »

« Il se donne les moyens de réussir »


S’il le conseille au quotidien, Jacob Andersen ne se fait pas trop de souci pour la suite de la carrière de son fils. « Joachim a les pieds sur terre, il est réfléchi et franchit les étapes les unes après les autres. On s’appelle presque tous les jours, j’essaye de l’aider autant que possible mais il se débrouille très bien tout seul. »

René S. Andersen, son ancien coach au centre de formation du FC Midtjylland, l’a connu à un tournant de sa vie. « J’ai vu débarquer un grand gars, un peu arrogant et sûr de lui. Il ne prenait pas son talent de footballeur au sérieux. Il a fait toutes les erreurs qu’un jeune joueur peut faire à son âge, il traînait le soir, séchait les cours et était plus intéressé par les fêtes et les filles. Puis il a évolué et a pris conscience qu’il fallait bosser pour espérer faire partie des meilleurs. »

Il garde un très bon souvenir du joueur. « Sur le terrain, c’est un tueur, il peut y laisser ses dents mais il fera tout pour gagner. Il se donne les moyens de réussir. Souvent les joueurs aux grandes carcasses comme lui ne sont pas très adroits avec le ballon. Lui est épatant, il est très technique et à l’aise des deux côtés. Il ne lâche rien. À la Samp’, en Italie, il n’a joué qu’un seul match la première année. Mais il voulait rester car il apprenait chaque jour. L’année d’après, il était titulaire. »

« C’est un gars modeste, ouvert et responsable, qui fait ce qu’on lui demande » embraie Ted van Leeuwen, directeur technique du FC Twente où Joachim a évolué de 2013 à 2017. « Il aurait pu rester dans une Série A qu’il connaît bien maintenant, et intégrer un grand club italien. Au lieu de ça, il a fait le choix audacieux d’aller à Lyon, dans le championnat le plus difficile d’Europe, avec des joueurs très rapides comme Mbappé. S’il réussit cette étape-là, il atteindra le top niveau. Il sait ce qu’il fait ».

Marion SAIVE

Marion SAIVE

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