TRAVAUX Rénovation du parking : le clocher de la Charité reprend du service

Le clocher de la Charité, dernier vestige de l’hôpital démoli en 1934.  Photo Progrès /Aline DURET
Le clocher de la Charité, dernier vestige de l’hôpital démoli en 1934.  Photo Progrès /Aline DURET

Seul vestige de l’ancien Hôpital, détruit dans les années trente pour laisser place à la Grande Poste, le clocher de la Charité va rouvrir ses vieilles portes au public. Pour abriter un nouvel équipement, un ascenseur installé là pour les besoins d’un projet en cours : la rénovation du parc Antonin-Poncet.

Les travaux qui ont démarré en juin avec une opération de désamiantage se poursuivent tout l’été. Et c’est dans un parking libre de toute voiture , fermé jusqu’au 31 août, qu’un volet technique est engagé, ne serait-ce que pour répondre aux nouvelles normes qui, depuis la construction du parc Antonin-Poncet « ont beaucoup changé », précise Arnaud Roux, chargé d’opérations à Lyon Parc Auto (LPA), gestionnaire du parc et maître d’ouvrage de l’opération. Sont concernés principalement, les systèmes de ventilation et de désenfumage, mais aussi la vidéo surveillance ainsi que le poste électricité.

Réouverture le 2 septembre

L’autre volet touche à l’architecture de l’ouvrage qui date d’une vingtaine d’années. Ou plutôt son organisation intérieure. Peintures des murs, des sols et des plafonds seront refaites. L’espace vélos sera agrandi du double : de 57 places aujourd’hui à 110 places à l’issue des travaux. Même principe pour la zone IRVE (Infrastructure de recharge de véhicules électriques) qui passe à 10 places contre 3 aujourd’hui. Des changements que les utilisateurs découvriront le lundi 2 septembre, pour la réouverture du parking. Enfin en partie. Seuls les niveaux moins 1 (la moitié), moins 4 et moins 5 (qui seront refaits l’été prochain) seront accessibles. Pour les autres, il faudra attendre fin octobre pour le niveau moins 2 et fin novembre pour les niveaux moins 1 (l’autre moitié) et moins 3.

L’intérieur du clocher mis en valeur

Enfin, « et c’était une demande de la Métropole de Lyon », précise Arnaud Roux, un accès destiné aux personnes à mobilité réduite (PMR) va être aménagé à partir du mois de février 2020. Car aujourd’hui, il n’y a pas d’ascenseur pour se rendre du rez-de-chaussée au niveau moins 1. Pour éviter de construire un nouvel édifice place Antonin-Poncet, les aménageurs ont opté pour une installation dans l’ancien clocher de la Charité, édifié au XVIIe siècle et fermé depuis des années. Six mois de travaux seront nécessaires pour y parvenir.

« Il s’agit d’une emprise d’ascenseur classique, explique le chargé d’opérations. Le projet ne concerne pas l’extérieur. En revanche, nous souhaitons mettre en valeur la partie intérieure du clocher en faisant réapparaître les pierres. On va aller rechercher les poutres du plafond qui se trouve à 5/6 mètres de haut. C’est la seule façon de mettre un ascenseur de façon cachée et cela permet de rendre accessible au public la partie basse du clocher ». Une fois franchies les portes du clocher, l’ascenseur emmènera les utilisateurs au niveau moins 1. Un petit tunnel aménagé sur 2 à 3 mètres de long les emmènera à la station de métro puis au parking.

Repères

Avec les travaux, la capacité d’accueil du parking diminue d’une quarantaine de places. À la rentrée, 666 emplacements seront réservés aux voitures.

Le coût total de ces travaux pris en charge par LPA est estimé à 8,5 millions d’euros.

Les travaux de rénovation sont programmés sur deux étés  : les niveaux moins 4 et moins 5 seront refaits à l’été 2020.

L’atelier Thierry Roche est en charge de la rénovation.

Pour réaliser le tunnel d’accès entre la station de métro et le clocher, les services techniques vont réaliser dans quelques semaines des études géotechniques. Il s’agit d’examiner la stabilité des fondations du clocher.

En novembre, une œuvre d’art réalisée par « Le gentil garçon » sera installée dans le hall d’accueil et dans les cages d’escalier à chaque niveau.

Photo d'archives Le Progrès
Photo d'archives Le Progrès

Histoire de clocher

Il faut imaginer… avant. En 1666, nous sommes place de la Charité.

L’hôpital construit sur quelque 3 hectares a déjà ouvert ses portes, il y a plus de trente ans, grâce à la générosité publique pour venir en aide aux Lyonnais en détresse lorsque le clocher voit le jour.

Il remplace un « clocheton » démoli en 1647 pour cause d’instabilité. Accroché à Notre-Dame de la Charité, il aurait été réalisé d’après un croquis laissé par Le Bernin, alors qu’il passait à Lyon pour rejoindre l’Italie.

Ce clocher, « une tour de plan carré » est surmonté « d’une haute lanterne de deux étages » et « d’un dôme à huit pans en tuiles-écailles vernissées noires ». Il est construit en pierre de taille et moellons.

En 1934, l’hôpital est démoli, l’édifice est jugé insalubre, mais certains Lyonnais se mobilisent regrettant « le charme paisible de ses cloîtres et ses galeries superposées ».

Face aux pétitions, le maire Édouard Herriot décide de suspendre la démolition du clocher.

Sources : Les Amis de la place Antonin-Poncet// Région Auvergne Rhône-Alpes : Inventaire général du patrimoine culturel.

Aline DURET

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