Portrait François Alonso, de l’immobilier au monde du plaisir pour adultes

À 45 ans, François Alonso est un chef d’entreprise atypique.  Photo Progrès /Eric BAULE
À 45 ans, François Alonso est un chef d’entreprise atypique.  Photo Progrès /Eric BAULE

Après une première vie dans l’immobilier, François Alonso a ouvert il y a dix ans le plus grand sauna de Lyon. Situé à quelques pas des Terreaux, le Sun attire une clientèle gay et libertine. Un monde dans lequel le patron a appris à évoluer mais qui reste la cible de préjugés parfois difficiles à vivre.

La carrière de François Alonso est parisienne mais il y a dix ans il crée le plus grand sauna de Lyon : 2 800 m² avec un décor Bollywoodien pour une clientèle adulte gay et libertine. À deux pas de la place des Terreaux, le Sun est un monde à part. Du Sun City à la clientèle gay au Sun libertin en deuxième partie de semaine, l’endroit complètement insolite est dédié à la sensualité et au plaisir. « Avant je dirigeais un groupe dans l’immobilier, j’ai tout vendu avant la crise », explique François Alonso.

Né en région parisienne en 1974, il est issu d’une famille de « pieds-noirs ». Il passe sa jeunesse à Tulle en Corrèze, son père ouvre alors la première pizzeria du département. 

« J’étais destiné à travailler dans la restauration. À 18 ans, ma famille me confie un restaurant à Ibiza, la fête me fait tourner la tête et je me fais virer par mon père. » « La valeur de l’argent c’est lorsque l’on paye la facture ! », lui dit-on alors. François ne l’oublie pas, monte alors à Paris et découvre que la valeur du travail inculqué par son papa est primordiale.

Négociateur immobilier puis marchand de bien, il crée un groupe de transaction qui se développe bien. « Cependant je commençais à m’ennuyer dans la capitale et je décide de tout vendre quelques mois avant la crise de 2008. Mais je ne savais pas encore ce que je voulais faire ! » dit-il.

Une rencontre fortuite lui fait changer de vie. On lui présente le propriétaire de plusieurs établissements gay à Paris. Ce dernier lui confie vouloir développer le concept du Sun City parisien, le plus grand sauna gay de la capitale dans d’autres villes européennes. L’idée le séduit.

« Lorsque l’on me demande dans quelle activité je travaille et que je réponds, je deviens un paria »

Une étude d’implantation sur Marseille et Barcelone ne se concrétise pas : Lyon est alors choisi. François Alonso investit un lieu de 3 000 m² et, dix-huit mois de travaux plus tard, ouvre le plus grand sauna de Lyon avec son jacuzzi de 50 m² dont l’eau est filtrée par le dernier né des systèmes de traitement à l’ozone.
 « Il a fallu plusieurs voyages en Inde pour ramener la décoration qui est arrivée dans vingt-cinq containers », se souvient-il.

« Le Sun a ouvert il y a dix ans, j’ai 45 ans, suis marié depuis vingt ans, et ai trois enfants, je ne suis pas libertin et lorsqu’on me demande ce que je fais dans la vie, je raconte que je suis chef d’entreprise. Lorsque l’on me demande dans quelle activité et que je réponds, je deviens un paria, le regard et l’attitude des autres sont parfois difficiles à vivre. »

Pour François Alonso, l’évolution du marché est positive : « Le milieu libertin se démocratise mais je pense que pour tenir ces affaires, il ne faut pas travailler la nuit mais avoir une très bonne équipe. »

L’entrepreneur parisien vient d’ailleurs d’investir dans un autre établissement libertin, le Moon Libertin, quai Tilsitt à Lyon 2.

De notre correspondant local, Eric BAULE

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