Mobilité Trottinettes électriques: la ville de Villeurbanne demande d’agir

Cet agent municipal ramasse les trottinettes mal stationnées lors d’une opération d’enlèvement le 2 juillet dernier.  Photo Progrès /Alain LEYLAVERGNE
Cet agent municipal ramasse les trottinettes mal stationnées lors d’une opération d’enlèvement le 2 juillet dernier.  Photo Progrès /Alain LEYLAVERGNE

Alors que différents arrêtés et opérations d’enlèvements de trottinettes ont été mis en place sur Villeurbanne, la mairie rappelle que les solutions pour endiguer les incivilités doivent être trouvées par les opérateurs eux-mêmes.

«Depuis plusieurs mois, nous recevons beaucoup de doléances. Elles nous demandent de mieux réguler la circulation et le stationnement des trottinettes», déclare Didier Vullierme, adjoint à la sécurité et aux déplacements de Villeurbanne. Depuis juin, la municipalité multiplie les arrêtés d’interdiction et les mesures d’enlèvement des trottinettes électriques mal garées sur le trottoir.

En juin dernier, les six opérateurs présents sur Villeurbanne rencontraient les élus de la municipalité. « C’était la première fois que nous échangions avec eux alors qu’ils sont présents sur la ville depuis fin 2018 », s’étonne Didier Vullierme, adjoint à la sécurité et aux déplacements urbains. Pour la ville, des solutions restent à trouver quant au stationnement et à la circulation sur les trottoirs.

« On leur a demandé comment ils comptaient faire pour respecter les arrêtés. On attend leurs réponses. La balle est dans leur camp », avance Didier Vullierme, avant de rajouter : « en fonction des prochaines discussions, il n’est pas impossible que nous engagions une redevance à destination des opérateurs. Elle permettrait de rembourser les coûts des enlèvements réalisés par les agents municipaux ».

Les opérateurs en quête de solutions

De leurs côtés, les opérateurs proposent déjà des initiatives. « Depuis le début, nous indiquons sur notre application que la circulation se fait sur la chaussée et que le stationnement ne doit pas gêner les piétons. Nous avons toujours été en accord avec les arrêtés qui ont été pris », indique Antoine Bluy, responsable des opérations chez Lime.

Dott anticipe également les besoins municipaux. Visibles sur l’application, trois types de zones ont été mis en place : une frontière extérieure, des zones de vitesse régulée mais aussi des zones de non-stationnement. Ainsi, lorsque l’usager stationne dans un endroit interdit, il est averti, sa position est enregistrée par l’application et il doit s’acquitter d’un supplément de 10 € s’il s’obstine. « On essaie vraiment d’anticiper les zones à risque et de limiter la circulation et le parking à l’intérieur », ajoute Manon Pagniez, responsable chez Dott. L’entreprise a également engagé une patrouille salariée. Elle sillonne les rues et va chercher les trottinettes mal stationnées.

Des mesures que partagent d’autres opérateurs comme Bird qui compte en plus inciter financièrement les utilisateurs à se garer sur les emplacements dédiés. « Nous attendons que les municipalités de Lyon et de Villeurbanne nous indiquent précisément les emplacements de stationnement deux roues. À Paris, nous déduisons 25 centimes de la course à chaque fois que l’usager se gare sur une de ces places », indique Kenneth Schlencker, directeur France de Bird.

Les opérateurs rappellent qu’il s’agit d’une industrie encore naissante qui permet de décongestionner les villes. Pour eux, seul le temps leur permettra d’adapter leurs conditions d’utilisation.

Une réglementation locale récente

Le 17 juin dernier, le maire de la commune, Jean-Paul Bret (PS), signait un arrêté interdisant aux usagers de circuler sur les trottoirs, les parcs, cimetières et autres aires piétonnes. Les 13 et 14 juillet, un autre interdisait tout dépôt et remisage des engins motorisés sur la voie publique pour la durée du week-end. Quant au stationnement, « il reste toléré sur les trottoirs, dès lors qu’il ne crée aucune gêne », expliquait le maire dans un communiqué. Les contrevenants s’exposent à une amende maximale de 38 €.

Pour le moment, les trottinettes électriques n’appartiennent à aucunes catégories de véhicules définit par le Code de la route. Il reste à la discrétion des municipalités de prendre des mesures par le biais d’arrêtés. Une situation qui pourrait changer dès la rentrée prochaine. Le gouvernement s’est engagé à réglementer la circulation de ces engins sur les trottoirs et de la limiter aux pistes cyclables et à la chaussée.

Maxime LEVY

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