Enseignement supérieur Règlement de comptes à l’université

Khaled Bouabdallah, Président réélu de l’université de Lyon.       Photo Progrès   /Nicolas ROBIN
Khaled Bouabdallah, Président réélu de l’université de Lyon. Photo Progrès /Nicolas ROBIN

Dans son courrier, daté du 11 juillet, Khaled Bouabdallah, ne prend pas de gants. Pas de « cher monsieur », pas de « remerciements pour le travail effectué » et même pas un petit « cordialement »… D’un ton sec, le président réélu signifie à Hugues Benoit-Cattin que la convention de mise à disposition pour l’Université de Lyon (UdL) est rompue à partir du 13 septembre. Depuis presque quatre ans, via le renouvellement annuel de cette convention, le directeur adjoint de l’Insa consacrait 40 % de son temps de travail au profit de Fabrique de l’Innovation de l’UdL.

Son tort : se présenter contre lui

De plusieurs sources, il donnait toute satisfaction et ses relations avec le président Bouabdallah étaient excellentes jusqu’à ce qu’il présente sa candidature (malheureuse) à la présidence de l’UdL occupée par M. Bouabdallah depuis 2015. C’est bien le motif de son évincement : « Le lien de confiance est rompu » argumente Khaled Bouabdallah dans son courrier, citant à l’appui des extraits de la profession de foi de M. Benoit-Cattin, lequel prônait notamment une autre approche de la gouvernance et de la démocratie universitaire. Deux jours après le renouvellement de son mandat (par 27 voix sur 38), M.Bouabdallah a donc mis fin à la convention. L’accord devient caduc à la demande de l’une des parties. C’est légal.

La manière de procéder est toutefois inhabituelle. Dans le courrier du 11 juillet, M.Benoit-Cattin est informé que sa mission s’achève « ce jour » et est prié de prendre contact « dans les plus brefs délais avec le directeur général des services de la COMUE » afin d’en traiter les modalités. Chose faite. « J’ai compris qu’on me demandait de ne pas revenir, y compris pour terminer des dossiers en cours » signale l’intéressé qui retourne donc à plein temps sur son poste INSA.

« Si on résume le courrier, c’est vous avez candidaté donc je vous enlève votre mission » commente-t-il. « Même si je me disais que cette candidature pouvait déboucher sur la fin de cette mission, j’ai été surpris. Car la décision peut se comprendre, pas la méthode » poursuit-il. « Unilatéralement et en deux jours, sans entretien préalable, on arrête tout sans voir comment on continue. Cela va rendre le prochain trimestre compliqué et fragiliser un peu l’activité de la Fabrique de l’Innovation ». « Il aurait fallu faire preuve de distance et d’intelligence pour que cela se passe dans de bonnes conditions » tacle encore M.Benoit-Cattin, selon lequel le président a choisi d’afficher son autorité. « Suite à cette affaire, j’ai reçu une quarantaine de messages de personnes à différents postes dans l’enseignement supérieur. Elles disent avoir été choquées et déçues » signale M.Benoit-Cattin.

M. Bouabdallah, sollicité par notre rédaction, n’a pas répondu.

Muriel FLORIN

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