PATRIMOINE Le fort Saint-Laurent devient un lieu artistique et temporaire

La façade et la structure resteront, mais les œuvres ne survivront pas au réaménagement du fort en hôtel, l’année prochaine.  Photo Progrès /Pierre PETITCOLIN
La façade et la structure resteront, mais les œuvres ne survivront pas au réaménagement du fort en hôtel, l’année prochaine.  Photo Progrès /Pierre PETITCOLIN
“Loodz” partage son atelier en colocation avec un autre peintre, “Poter”. Photo Progrès /Pierre PETITCOLIN
“Loodz” partage son atelier en colocation avec un autre peintre, “Poter”. Photo Progrès /Pierre PETITCOLIN
« C’est agréable de pouvoir demander l’avis des autres artistes. Et aussi de pouvoir travailler seul quand j’en ai envie », raconte Mani, l’un des artistes résident au fort Saint-Laurent. Photo Progrès /Pierre PETITCOLIN
« C’est agréable de pouvoir demander l’avis des autres artistes. Et aussi de pouvoir travailler seul quand j’en ai envie », raconte Mani, l’un des artistes résident au fort Saint-Laurent. Photo Progrès /Pierre PETITCOLIN
La façade et la structure resteront, mais les œuvres ne survivront pas au réaménagement du fort en hôtel, l’année prochaine.  Photo Progrès /Pierre PETITCOLIN “Loodz” partage son atelier en colocation avec un autre peintre, “Poter”. Photo Progrès /Pierre PETITCOLIN « C’est agréable de pouvoir demander l’avis des autres artistes. Et aussi de pouvoir travailler seul quand j’en ai envie », raconte Mani, l’un des artistes résident au fort Saint-Laurent. Photo Progrès /Pierre PETITCOLIN

Le fort, situé place Bellevue à la Croix-Rousse, a été racheté en février 2017 par un groupe hôtelier. En attendant les autorisations pour y construire un établissement quatre étoiles, le lieu a été mis à disposition de l’association Superposition pour y accueillir des artistes. Le lieu est ouvert au public depuis vendredi.

Au cours de sa longue existence, le fort Saint-Laurent n’a jamais été ouvert au public. Il a servi tour à tour de garnison, de direction des hôpitaux militaires de Lyon, puis, récemment, de lieu d’accueil de réfugiés pris en charge par l’association Notre-Dame-des Sans-Abris.

Et, depuis de ce vendredi, une première ouverture concernera sa terrasse, transformée en café temporaire avec panorama sur Lyon.

Les artistes en résidences seront exposés seuls ou à plusieurs au rez-de-chaussée à partir de cet automne. Tous sont Lyonnais pour l’instant : « Nous recevrons peut-être Bouda (une graffeuse parisienne) par la suite », ajoute Orbiane Wolff, présidente de l’association Superposition.

Une occupation artistique pendant un an

Superposition a reçu l’autorisation du promoteur pour transformer ce lieu en attendant que le permis de construire de l’hôtel soit délivré. Pendant un an, le lieu accueillera un café en terrasse une résidence d’artiste et un lieu d’exposition. À l’intérieur, les premiers artistes, installés depuis deux mois, ont carte blanche ou presque. Un plaisir pour “Spirale”, graffeur. « Ici, on peut peindre sur les murs, on peut faire à peu près n’importe quoi, sauf sur la façade ».

La vingtaine de nouveaux résidents n’est pas la première à marquer les lieux. On peut apercevoir l’inscription au feutre “Albanie Baby”, accompagnée d’un cœur dans un atelier encore inoccupé. Un souvenir des précédents occupants, déplacés en septembre 2017 par le projet immobilier.

« Ici, on se sent légitime »

Chaque salle du premier étage sert d’atelier à un ou deux d’entre eux. Avoir un lieu à soi est important, comme le confie “Mani”, un des peintres en résidence au fort : « Ici, on se sent plus légitime. C’est difficile de convaincre un propriétaire de louer à un artiste. Alors que là, je peux voir plus grand, et stocker mes œuvres. »

Un des objectifs du lieu est aussi de proposer des ateliers accessibles financièrement au centre de Lyon. Le loyer y est de onze euros le mètre carré, soit entre deux et trois cents euros par atelier. La dizaine d’artistes locaux déjà installés profite de leur proximité.

« Alex va me faire tester la bombe ! Être ici, ça permet de découvrir de nouvelles choses, et on s’échange souvent du matériel », raconte Florina Alelo avec le sourire.

Ambiance squat

Florina Alelo participe aussi à la mise en place de la terrasse. « J’ai peint des assises pour les bancs. J’en ai fait certaines avec des mains, j’ai pensé à y écrire "seulement pour les belles fesses", mais je ne veux pas risquer le mauvais goût. »

D’autres artistes ont participé, par exemple, en recyclant des bombes de peinture vides en jeu de Mölkky.

L’ambiance bon enfant qui y règne ferait presque oublier les tensions qui entourent la prochaine transformation du fort.

Dialoguer avec les riverains

Une riveraine venue voir ce qu’il se passe s’étonne du spectacle. Sa venue rappelle à l’équipe de Superposition qu’il faudra aussi prévenir et travailler avec les habitants du quartier.

« Il faut qu’on pense à mettre des mots dans chaque boîte aux lettres », affirme Orbiane Wolff, la présidente de l’association.

De notre correspondant local, Pierre PETITCOLIN

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