RHÔNE "Capucine et Gaston" à Lyon: des petits bocaux contre le handicap

Jean-Christophe Guidollet présente ses bocaux, cuisinés pour l’occasion par le chef de Copper roots à Lyon. Photo Progrès /David TAPISSIER
Jean-Christophe Guidollet présente ses bocaux, cuisinés pour l’occasion par le chef de Copper roots à Lyon. Photo Progrès /David TAPISSIER

Jean-Christophe Guidollet vient de lancer "Capucine et Gaston", un concept de restaurant-traiteur bio qui fabriquera des plats cuisinés dans des bocaux en verres et permettra à un public fragilisé d’obtenir des certifications professionnelles.

« Le lieu est trouvé, le financement participatif est lancé… Capucine et Gaston est en train de vraiment voir le jour. » Positionné entre ses deux personnages en carton, le Lyonnais Jean-Christophe Guidollet a le sourire : son lieu de formation et de restauration bio et social devrait ouvrir ses portes en décembre. Un projet assez unique en son genre, à mi-chemin entre un restaurant, un traiteur et centre de formation. Un véritable parcours du combattant désormais financé dans un crowdfunding sur Ulule, mais pour une juste cause.

Il faut dire qu’en 25 ans d’entreprenariat, le Lyonnais a touché à bien des domaines. De ses expériences, il retient un point commun : le bienfait du travail au contact de personnes fragiles. Sensibilisé au handicap au sein de sa famille, il décide de vendre les parts de son restaurant en 2016 pour donner du sens à son parcours professionnel. Ses expériences avec des Établissements et services d’aides par le travail (ESAT) lui ont permis d’entendre les demandes de ce public habitué trop souvent à faire des tâches monotones.

De la cuisine produite en série

Il passe par l’association lyonnaise Co Naissance qui lui permet de structurer son projet : dans un métier aussi stressant et en tension que l’hostellerie, comment intégrer et faire travailler des personnes plus lentes et moins précises ? « La difficulté, c’était de tout mêler : la cuisine, le service en salle et la vente, en y intégrant des valeurs sociales et environnementales », explique Jean-Christophe Guidollet. « Je suis parti sur un concept de produit en série, des bocaux en verre, cuisinés et vendus à emporter ou à consommer sur place » (lire par ailleurs).

Une certification professionnelle à la clé

Mais pour aller au bout de sa démarche, il était primordial que ces personnes déficientes travaillant sur place puissent ressortir avec une certification professionnelle. « En fait, notre force, c’est de les amener sur ces métiers et de les préparer à l’obtention de certification. Le projet Zero Barrier accompagne un public de bas niveau de qualification grâce à une formation en situation de travail. Des tuteurs formateurs valideront ensuite les blocs de compétence, » précise-t-il.

Des produits bio

Des valeurs sociales donc, pour le projet, mais également équitables. Les approvisionnements sont bio et locaux, privilégiant les structures sœurs de l’insertion comme le Réseau Cocagne ou le Potager Mi-Plaine.

Du coup, les prénoms Capucine, à la fois vieux prénom français mais aussi plante grimpante vertueuse et Gaston à la fois maladroit et inventeur un peu fou prennent tout leur sens…

Financement participatif chez Ulule jusqu’au 31 juillet pour Capucine et Gaston : https://fr.ulule.com/capucine-gaston-traiteur-bio-et-social/

David TAPISSIER

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