FOOTBALL Crise ouverte entre Diacre et l’OL

La joie de Wendie Renard après son but Coupe du monde contre le Nigeria, sous l’œil impassible de Corinne Diacre. Un symbole des relations fraîches qui existent entre la sélectionneure et l’OL.  Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
La joie de Wendie Renard après son but Coupe du monde contre le Nigeria, sous l’œil impassible de Corinne Diacre. Un symbole des relations fraîches qui existent entre la sélectionneure et l’OL. Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Après l'élimination, les crispations entre Corinne Diacre et les joueuses lyonnaises sortent au grand jour. Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
Après l'élimination, les crispations entre Corinne Diacre et les joueuses lyonnaises sortent au grand jour. Photo Progrès /Richard MOUILLAUD
La joie de Wendie Renard après son but Coupe du monde contre le Nigeria, sous l’œil impassible de Corinne Diacre. Un symbole des relations fraîches qui existent entre la sélectionneure et l’OL.  Photo Progrès /Richard MOUILLAUD Après l'élimination, les crispations entre Corinne Diacre et les joueuses lyonnaises sortent au grand jour. Photo Progrès /Richard MOUILLAUD

Après avoir remis en cause la récupération des Lyonnaises et s’en être pris directement à Eugénie Le Sommer, Corinne Diacre a encore élargi le fossé existant entre elle et le fournisseur principal des Bleues.

Il existe aussi des tensions dans le foot féminin. Rarement étalées sur la place publique, elles ont éclaté à la faveur d’une curieuse sortie de Corinne Diacre sur le plateau de Téléfoot.

Alors qu’elle assumait l’échec sportif au soir de l’élimination des Bleues face aux États-Unis, la sélectionneuse a cette fois mis de côté l’autocritique. Elle ne regrette aucun de ses choix, et s’en prend au contraire à ses joueuses. «On ne peut pas dire qu’on a eu un collectif performant. Cela veut donc dire que nos individualités n’ont pas été performantes.»

Et de stigmatiser Eugénie Le Sommer, la joueuse préférée des Français aux 164 sélections et aux 76 buts, ouvertement mise en cause pour ne pas avoir respecté les consignes. «Dire cela d’Eugénie alors qu’elle est en vacances, c’est une forme de maltraitance psychologique», va jusqu’à dire Isabelle Bernard, la présidente des OL Ang’Elles, le groupe des supporters de l’OL féminin.

Aucune joueuse de l'OL n’a été blessée en club en jouant tous les trois jours. Elles l’ont été après être arrivées en équipe de France

L’OL n’a pas réagi. Même après avoir été indirectement visé par une autre pique de Corinne Diacre, cette fois dans une interview au Parisien: «La saison de Lyon a été longue. Est-ce que toutes ces joueuses ont fait le maximum pour optimiser les temps de récupération?»

Titrées en Ligue des champions le 18 mai, les Lyonnaises avaient rejoint le 20 mai l’équipe de France qui était déjà en stage depuis le 8 mai en Bretagne: « La question est de savoir si la préparation des Lyonnaises a été adaptée avec les Bleues. Aucune n’a été blessée en club en jouant tous les trois jours. Elles l’ont été après être arrivées en équipe de France», remarque un proche du club.

Le brassard retiré à Wendie Renard a marqué une rupture

Les relations entre l’OL et Corinne Diacre, et cela ne date pas de son arrivée à la tête de l’équipe de France, ont toujours été fraîches. Il y a comme une rupture culturelle entre Corinne Diacre, qui a effectué sa carrière à Soyaux, et le modèle économique de l’OL.

L’une des premières décisions de la sélectionneuse, qui avait été de retirer de façon incompréhensible le capitanat à Wendie Renard au profit d’Amandine Henry, n’avait pas contribué à un réchauffement climatique.Quand on touche à Wendie, on touche au club.

Corinne Diacre a en outre rarement fait le déplacement au Groupama Stadium, que ce soit pour les matches de Ligue des champions ou le dernier choc OL-PSG. Certes, il y a la vidéo, mais cela ne remplace pas le contact avec les joueuses. Avec l’entraîneur Reynald Pedros, qui s’est d’ailleurs fendu d’un tweet pour défendre Eugénie Le Sommer, les relations étaient quasi inexistantes.

Au-delà de ce constat, c’est surtout l’incompréhension qui demeure puisqu’il n’était pas dans l’intérêt de Corinne Diacre, maintenue à son poste par le président Le Graët, de s’en prendre publiquement à ses joueuses et nommément à l’une de ses cadres.

A-t-elle mesuré les conséquences de ses paroles? Est-elle toujours déterminée à poursuivre sa mission ou songe-t-elle à démissionner? Les retrouvailles avec les Bleues ne sont pas prévues, à ce jour, avant début octobre et un déplacement au Kazakhstan. Si rien ne bouge d’ici là, cela risque d’être glacial.

Xavier BREUIL

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