URBANISME Le retour du pisé à La Confluence: une alternative à la clim…

Le bâtiment édifié sur deux niveaux est entouré par les quatre immeubles conçus dans le cadre du projet en cours Ydeal Confluence. Photo Progrès/David TAPISSIER
Le bâtiment édifié sur deux niveaux est entouré par les quatre immeubles conçus dans le cadre du projet en cours Ydeal Confluence. Photo Progrès/David TAPISSIER
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Le bâtiment édifié sur deux niveaux est entouré par les quatre immeubles conçus dans le cadre du projet en cours Ydeal Confluence. Photo Progrès/David TAPISSIER Photo Progrès /David TAPISSIER Photo Progrès /David TAPISSIER Photo Progrès /David TAPISSIER Photo Progrès /David TAPISSIER Photo Progrès /David TAPISSIER Photo Progrès /David TAPISSIER

C’est un chantier pas tout à fait comme les autres qui est en cours à La Confluence. Tout à côté d’immeubles, faits de verre et de béton, un petit bâtiment de bureaux est en train de sortir de terre. Il est construit en terre crue grâce au savoir-faire de l’entreprise de Nicolas Meunier, Le Pisé.

C’est une technique très ancienne qui est utilisée. Comme un retour à la plus pure tradition lyonnaise. Et c’est à La Confluence que ça se passe. Certes, le bâtiment à la taille modeste construit en pisé semble perdu au milieu d’un projet baptisé Ydeal, composé de quatre autres bâtiments hauts faits de verre et de béton. Peut-être.

Mais, à l’heure de la canicule, c’est une première presque symbolique, qui, certains l’espèrent, pourrait aller au-delà d’un simple effet de mode.

«Une mode? À vrai dire je n’en sais rien», répond Nicolas Meunier qui est en charge de ce chantier pas tout à fait comme les autres. «Mais le pisé présente un bilan carbone peut être le plus bas de tous les matériaux de construction.»

Cela vaut bien des discours.

Des avantages thermiques encourageants

Pour le construire, peu d’énergie est consommée, un engin pour aller chercher la terre, un atelier de préfabrication sur place et c’est à peu près tout. Et que dire des avantages thermiques somme toute encourageants. L’argile, le liant des sables et des cailloux, tous contenus naturellement dans la terre, a quelque chose de magique. Elle absorbe l’humidité, explique Nicolas Meunier, qui l’été, s’évapore et rafraîchit le bâtiment.

Point n’est besoin de climatiseur dans cette opération, un brasseur d’air installé au plafond suffira, ajoute l’expert. L’hiver, l’effet est inverse, la condensation entraîne un réchauffement du matériau qui permet de maintenir à température l’intérieur plus longtemps.

"On fait bouger les lignes"

Plus qu’un pari, c’est presque un défi que sont lancés les promoteurs de ce projet en cours, Ogic, le maître d’ouvrage et Clément Vergély, l’architecte lyonnais. « Avec le pisé, on fait bouger les lignes », assure Grégory Gaume, directeur régional d’Ogic. Et c’est en entrant dans le chantier que l’on voit la différence.

Tout à côté du bâtiment qui prend peu à peu forme, des blocs de terre crue prêts à être installés sont sagement alignés. 288 en tout. Ils sont confectionnés sur place, par une équipe de cinq spécialistes de l’entreprise Le Pisé, à l’aide de moules en acier dont certains ont été fabriqués spécialement pour l’opération et d’un compacteur pour damer la terre.

Dix degrés de moins

« La terre, nous sommes allés la chercher à une trentaine de kilomètres de La Confluence, dans le secteur de Saint-Quentin Fallavier », explique Nicolas Meunier. 600 mètres cubes ont été nécessaires pour confectionner les blocs de 1m20 de long et dont l’épaisseur atteint 50 centimètres. Et c’est tout un savoir-faire qui réapparaît, dans une construction neuve, contemporaine dont les façades sont rythmées par de grandes arches en pisé et qui évoquent une orangerie. Commencé mi-mars, le chantier sera terminé fin août.

Spécialiste de la construction en pisé, Nicolas Meunier a réalisé de nombreuses maisons individuelles dans la région lyonnaise. La récente canicule a prouvé s'il en était besoin les bonnes performances de ce matériau : au plus fort de la chaleur, avec des 37°, nous avions chez nous 27°, témoigne une des clientes de l'entreprise, en gardant bien nos volets fermés à l'est comme à l'ouest...

Aline DURET

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