PATRIMOINE À l’Hôtel-Dieu de Lyon, les portes de la chapelle comme au XVIIe siècle

Photo Progrès /Luc Vaganay
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Le chantier réalisé par l’atelier lyonnais d’ébénisterie Luc Vaganay a nécessité quelque 400 heures de travail. Photo Progrès /Luc Vaganay
Le chantier réalisé par l’atelier lyonnais d’ébénisterie Luc Vaganay a nécessité quelque 400 heures de travail. Photo Progrès /Luc Vaganay
Photo Progrès /Luc Vaganay Photo Progrès /Luc Vaganay Le chantier réalisé par l’atelier lyonnais d’ébénisterie Luc Vaganay a nécessité quelque 400 heures de travail. Photo Progrès /Luc Vaganay

La rénovation des portes de la chapelle de l’Hôtel-Dieu située place de l’Hôpital, dans le 2e, met un point final au chantier de restauration des façades et des clochers entamé par les Hospices Civils de Lyon en janvier dernier. Après 400 heures de travail, cela vaut le coup d’œil.

Il a fallu attendre le démontage des échafaudages pour se rendre compte du travail accompli. De gris crasseux virant au noir, les lourdes portes de la chapelle de l’hôtel-Dieu sont apparues comme neuves. Pour y parvenir, quelque 400 heures de travail ont été nécessaires. Car si l’ouvrage édifié au XVIIe siècle a résisté aux tracas de l’histoire, il n’a pas échappé aux affres du temps. « On est toujours surpris par l’épaisseur de l’encrassement », note l’ébéniste Luc Vaganay en charge des travaux avec deux autres compagnons de l’atelier lyonnais. « Tout était craquelé, des éléments avaient disparu, certaines sculptures avaient perdu de leur nervosité. Et puis il y a eu quand même quelques trous de vers… »

C’est donc un travail minutieux qui vient de s’achever, mettant un point final au projet de restauration des façades de la chapelle lancé en janvier 2019 par les Hospices Civils de Lyon. Et le résultat est captivant. « Les passants s’arrêtent et ils boivent du petit-lait », note l’artisan, prouvant ainsi leur attachement au patrimoine et au travail des artisans.

« Il ne fallait pas se louper »

Le chantier n’était pas facile. Car assorti de pas mal de contraintes, monument historique oblige. « C’est en fait un gros challenge pour nous, explique l’ébéniste. Cet ensemble est la première chose que l’on voit de la chapelle, il ne fallait pas se louper. Il y a pas mal de paires d’yeux qui nous regardent, je dois vous dire que c’est un peu anxiogène ».

Pour nettoyer les portes pas d’aéro gommage, donc, c’est interdit. La technique est plus rapide, mais elle émousse les sculptures qui s’arrondissent et perdent leurs angles vifs. Alors ils décapent, au pinceau, à la laine d’acier, le bois délicat.  Pour les sculptures très nombreuses, ils utilisent une brosse laiton après un raclage.

« Un beau chef-d’œuvre d’équilibre et sculpture »

Des outils spéciaux ont été fabriqués lorsqu’il a fallu s’attaquer aux moulures. C’est à l’aide d’une gouge (sorte de ciseaux dont le fer est concave) qu’ils ont pu atteindre les parties creuses, là où se nichent les pollens, les poussières et les vernis incrustés.

Certaines parties abîmées ou cassées ont été refaites à l’identique et resculptées. Des moulures ont été déposées puis recollées. Et le résultat est là. « Les portes ont retrouvé la couleur naturelle du noyer », ajoutent Luc Vaganay et Benjamin Hoppe. Ainsi remis en valeur, « c’est un beau chef d’œuvre d’équilibre et de sculptures», qui s’offre au regard de tous. Et pour tout dire Luc, Charlie et Benjamin les ébénistes, en sont tombés amoureux.

"Le noyer est le bois de prédilection des sculpteurs"

Les portes ont été sculptées au XVIIe siècle par Claude Delron et Pierre Coysevox. Photo Luc Vaganay
Les portes ont été sculptées au XVIIe siècle par Claude Delron et Pierre Coysevox. Photo Luc Vaganay

Les portes de la chapelle ont été conçues par les menuisiers Claude Delron et Pierre Coysevox en 1652. Ils ont choisi à l’époque un bois noble, le noyer, le même matériau a été utilisé pour les portes monumentales de l’Hôtel-Dieu situées côté Rhône. «Le noyer est le bois de prédilection des sculpteurs», explique Luc Vaganay. La chapelle a été construite à partir de 1646.

La restauration, d’une durée d’un mois, a été réalisée par Luc Vaganay et Benjamin Hoppe, tous deux ébénistes et par Charlie Guyen recruté dans le cadre d’un emploi aidé.

Le coût de la restauration des façades, des clochers et des portes de la chapelle de l’Hôtel-Dieu est estimé à 960 000 euros, pris en charge par l’État, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la Ville de Lyon, les Hospices Civils de Lyon et par des partenaires privés.

Atteignant un peu plus de 5 mètres de haut, chacune de ces portes de 8 centimètres d’épaisseur pèse environ 600 kg.

Aline DURET

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