EXPOSITION Musée des Beaux Arts : découvrez le jeu des formes et des couleurs

Jusqu'au 5 janvier, le Musée des Beaux-arts de Lyon et le MAC confrontent leurs collections. L’occasion de côtoyer des grands maîtres (Soulages, Fontana, Delaunay, Léger…) des artistes de la scène locale (Schoendorff) et des expérimentations. Petite visite guidée.

Une expo en duo

Propriétés de la ville de Lyon, le Musée des Beaux-arts et le Musée d’Art Contemporain se sont rapprochés l’an dernier. Avec la nouvelle exposition « Penser en formes et en couleurs », ils inaugurent une première présentation, conçue à partir de leurs deux collections. Et dont l’intitulé, prometteur, est inspiré par un aphorisme du peintre Georges Braque.

 L'expo s'ouvre sur «Ambiante Spaziale de Lucio Fontana. Photo Blaise Adilon
L'expo s'ouvre sur «Ambiante Spaziale de Lucio Fontana. Photo Blaise Adilon

Le parcours, en dix salles, ouvre sur l’« Ambiente spaziale » (1967) de Lucio Fontana (la première œuvre acquise par le MAC). Comme une petite pièce noire dans laquelle le visiteur est invité à se glisser. Et aux points fluorescents qui dardent à l’intérieur, répondent, à l’extérieur, les « Rythmes » (1934) éclatants de Robert Delaunay.

« L’accrochage s’écarte du récit chronologique de l’histoire de l’art pour tisser des correspondances entre les deux fonds », annonce Sylvie Ramond, directrice du pôle des musées.

 "Rythme" de Robert de Delaunay (1934) répond à l'oeuvre de Fontana. Photo Alain Basset
"Rythme" de Robert de Delaunay (1934) répond à l'oeuvre de Fontana. Photo Alain Basset

Comme une rétrospective

Pour les habitués, le parcours apparaît comme une rétrospective des expositions initiées, ces dernières années, place des Terreaux. On retrouve Erik Dietman, avec une série de verres soufflés, Fred Deux et ses dessins aux variations de gris, Philippe Dereux et ses séduisantes compositions en épluchures, le Drômois Etienne-Martin et ses sculptures (Lyon possède le fonds le plus important de France).

 «Pour Munch» fait partie de la série de verres soufflés (Erik Dietman) qui est exposée. Photo Alain Basset
«Pour Munch» fait partie de la série de verres soufflés (Erik Dietman) qui est exposée. Photo Alain Basset

Il donne aussi un coup de projecteur sur des acquisitions, ou des donations, survenues ces dernières années, parfois jamais montrées.

À voir un « Brou de noix sur papier « (1947) et une « Peinture » de 2009 de Pierre Soulages (des dons de 2011 du Cercle Poussin et du Club du musée Saint-Pierre), un « Alléluia de Silence » du lyonnais Max Schoendorff (don de son épouse en 2018) et une grande composition abstraite de Serge Poliakoff (don de collectionneur de 2019).

 «La Botte de navets» de Fernand Léger côtoie trois monochromes qui rappellent ses couleurs.   Photo Martial Couderette
«La Botte de navets» de Fernand Léger côtoie trois monochromes qui rappellent ses couleurs.   Photo Martial Couderette

Pleine d’éclats monochromes

Pendant la seconde guerre mondiale, Fernand Léger dissocie dessins et aplats de couleurs comme en témoigne « La botte de navets » (1951). Hervé Percebois, responsable de collection au MAC, l’a accompagnée de trois œuvres qui reprennent ses couleurs primaires. Rouge, avec un tout petit « Monochrome rouge » sur papier lavé de miel de Jean-Pierre Bertrand ; bleu avec « Turning Blue », une toile réagrafée de l’américain Steven Parrino ; et jaune avec un grand « Untitled Yellow » de son compatriote Phil Sims.

 «Turning blues» de Steven Parrino, pour le bleu. Photo Blaise Adilon
«Turning blues» de Steven Parrino, pour le bleu. Photo Blaise Adilon

Plus loin, une suite de hauts panneaux gris du Britannique Alan Charlton scande l’espace sur 15 mètres de long, faisant écho aux traits de Fred Deux, qu’« Escort » d’Olivier Mosset illumine la dernière salle avec ses tonalités orange et fuchsia. Déroutant tous ces monochromes ?

Tous ne font pas chanter la lumière avec évidence comme Soulages. « Les variations peuvent être ténues », reconnaît le responsable, il faut prêter une vive attention pour les apprécier et prendre l’habitude de cette expérience.

 Alain Charlton, «Painting in 36 parts». Photo Progrès /Isabelle Brione
Alain Charlton, «Painting in 36 parts». Photo Progrès /Isabelle Brione

«Penser en formes et en couleurs», jusqu’au 5 janvier 2020, au Musée des Beaux-arts de Lyon, 20 place des Terreaux, Lyon 1er. Visite guidée de l’exposition tous les jeudis, à 11 h, du 8 juillet au 31 août (durée 1 h). « Partages de midi » les jeudis à 12 h 15 (durée : 1 h). Ouvert tous les jours sauf mardi et fériés de 10 h à 18 h. Entrée 8 €. www.mba.fr

Isabelle BRIONE

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