VITICULTURE Beaujolais: le meilleur gamay du monde est produit à Régnié-Durette

Au caveau, le vigneron de Régnié propose 12 cuvées, dont un rosé et un blanc.  Photo Progrès /Antonio MAFRA
Au caveau, le vigneron de Régnié propose 12 cuvées, dont un rosé et un blanc.  Photo Progrès /Antonio MAFRA
À la culture bio, Franck Chavy préfère le bio-contrôle et le bio-stimulant.  Photo Progrès /Antonio MAFRA
À la culture bio, Franck Chavy préfère le bio-contrôle et le bio-stimulant.  Photo Progrès /Antonio MAFRA
Le morgon 2017, cuvée « Fût de chêne », qui a remporté le concours du meilleur gamay du monde  Photo Progrès /Photo DR
Le morgon 2017, cuvée « Fût de chêne », qui a remporté le concours du meilleur gamay du monde  Photo Progrès /Photo DR
Au caveau, le vigneron de Régnié propose 12 cuvées, dont un rosé et un blanc.  Photo Progrès /Antonio MAFRA À la culture bio, Franck Chavy préfère le bio-contrôle et le bio-stimulant.  Photo Progrès /Antonio MAFRA Le morgon 2017, cuvée « Fût de chêne », qui a remporté le concours du meilleur gamay du monde  Photo Progrès /Photo DR

Six mois après avoir remporté le concours international organisé à Lyon, Franck Chavy revient sur les effets que ce prix a apporté. Rencontre dans le caveau.

Le morgon 2017 de Franck Chavy, meilleur gamay du monde 2019 Photo Le Progrès/Laura STEEN
Le morgon 2017 de Franck Chavy, meilleur gamay du monde 2019 Photo Le Progrès/Laura STEEN

En janvier dernier, à Lyon, le jury de 160 dégustateurs du Concours international du gamay a récompensé le morgon 2017, cuvée “Fût de chêne”, de Franck Chavy.

Cerise sur le gâteau, ce vigneron installé à Régnié-Durette place un autre vin dans le tiercé de tête, la même cuvée mais en millésime 2016. Paradoxalement, ces deux vins, d’une rare complexité aromatique, ne lui ressemblent pas. Mais il avait envie de relever le défi.

« Les concours ne manquent pas. Leur multiplication et le nombre important de médailles attribuées, même si elles rassurent les clients, contribuent à dévaloriser les vins récompensés », juge-t-il. Ces compétitions ont un coût en échantillons, en droits d’inscription et puis, pour les lauréats, en achat des étiquettes du concours qu’ils vont coller sur leurs bouteilles.

« A l’inverse, le concours international du gamay désigne les trois meilleurs », poursuit Franck Chavy qui participe régulièrement au Salon des vignerons indépendants de Lyon.

Comme les bons cuisiniers qui changent régulièrement leur menu, il innove

Comment mesure-t-il l’impact de ses deux récompenses ? « Il est encore trop tôt pour le dire. Nous avons seulement enregistré une hausse de la fréquentation du caveau et notre clientèle a été rassurée par la notoriété qu’il nous apportait ».

Et la vente des deux cuvées médaillées ? « Nous vendons le 2017, élu meilleur gamay du monde à 19,50 €, et 15 € pour le 2016. Mais l’impact est peu significatif compte tenu des micro-cuvées, à peine 2 500 bouteilles ».

Ce prix récompense aussi une vision décomplexée de la vigne. Lorsqu’il prend la succession de son père, en 1991, Franck Chavy n’a que 21 ans et exploite 4,5 ha. Presque trois décennies plus tard, les vins de ce domaine, exploités sur 10 hectares à présent, - des vignes de plus de 60 ans- ont évolué.

Comme les bons cuisiniers, qui changent régulièrement leur menu, il innove. À la culture bio, il préfère la notion de bio-contrôle et de bio-stimulant. Mais quand la pression est trop forte, quand menacent les nuisibles, il utilise les techniques conventionnelles, mais sans renoncer à son éthique d’une vigne respectueuse de la nature.

Oenologie: guide de dégustation

Si vous voulez découvrir le style des vins de Franck Chavy, voici quelques suggestions.

En entrée de gamme, la cuvée Paradis , un régnié millésime 2017, témoigne de la patte d’un vigneron attaché aux fondamentaux du beaujolais, ce nez de cerise et l’expressivité en bouche. À 7,40 €, on pourrait parler d’un prix indécemment bas.

La cuvée “Granites roses” , un morgon 2016, séduit par ses notes de kirsch et de fruits à noyaux et une bouche soyeuse (9,50 €). Avec la cuvée “Granites d’or”, il a vinifié son premier blanc. Complexe sur la fraîcheur, avec un nez de fruits et un léger boisé en finale de bouche, ce chardonnay évite le côté beurré du bourgogne (10,50 €).

Autre millésime 2018, un régnié « sans sulfite », un vin « haute couture » que vous trouverez même à la boutique Chapoutier des Halles Paul-Bocuse, est un pur régal de fruit, de rondeur et de pureté, qui vous laisse la bouche en émoi. Surtout ne pas le carafer pour profiter du premier stade aromatique (9,50 €).

Antonio MAFRA

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