POLITIQUE Presqu’île aux piétons : la Métropole casse les pieds à la Ville

La piétonnisation est projetée entre les Terreaux et le nord de Bellecour, exceptée la rue Grenette. Photo d’archives Progrès   /Joël PHILIPPON
La piétonnisation est projetée entre les Terreaux et le nord de Bellecour, exceptée la rue Grenette. Photo d’archives Progrès /Joël PHILIPPON

L’annonce faite mercredi par David Kimelfeld, le président de la Métropole, concernant la piétonnisation de la Presqu’île lyonnaise, n’a pas été du goût de tous les amis de Gérard Collomb.

C’est une décision annoncée de façon unilatérale, par le président de la Métropole, David Kimelfeld : le projet de piétonnisation d’une bonne partie de la Presqu’île, dont la concertation sera lancée début juillet, avec une expérimentation un samedi par mois dès septembre.

Un procédé « irresponsable »

Manifestement, la mairie de Lyon n’a pas vraiment été associée à cette initiative, alors même qu’il y a un mois, le maire, Gérard Collomb, avait annoncé un “Plan nature en ville” avec nombre d’aménagements paysagers, dans ces mêmes quartiers.

Ce faisant, David Kimelfeld est tout à fait dans son droit, la voirie relevant des compétences métropolitaines. Mais dans l’entourage du maire, on n’a guère apprécié cette annonce, sur un terrain très sensible et dans le contexte actuel assez porteur électoralement de limiter la voiture en ville. Le président de la Métropole y prend une longueur d’avance, à neuf mois des élections.

Adjoint à la sécurité, Jean-Yves Sécheresse, qui affirme n’avoir pas été mis au courant de ce projet, n’est pas ravi. Il relève « une certaine inélégance à ne pas avoir associé la mairie » et considère tout cela comme « précipité et mal préparé. Piétonniser, ce n’est pas seulement dégager les voitures. Tout cela n’est pas professionnel ». Ce fidèle de Gérard Collomb considère que cette façon de procéder, en laissant la mairie centrale de côté, est « irresponsable. Je comprends que David Kimelfeld ait une soif de terrain et qu’il soit prêt pour cela à raconter n’importe quoi, mais l’expérimentation, il n’a qu’à la faire dans son arrondissement, le 4e , ce serait plus raisonnable ».

Les deux députés de la Presqu’île, Hubert Julien-Laferrière et Thomas Rudigoz, eux, sont très favorables au projet, relevant l’un et l’autre que nombre de grandes villes d’Europe « ont rendu encore plus attractif leur centre en procédant ainsi ». Sur l’aspect politique et conflictuel de l’annonce, le premier reste prudent : « J’ai été prévenu du projet mais je ne suis pas au courant de la façon dont il a été présenté ».

Quant au second, proche du président de la Métropole, il indique que « sur des problématiques écologiques comme la place de l’auto en ville, David Kimelfeld est plus audacieux et entreprenant. Dans ce genre de dossier, si l’on attend l’accord de tous, rien ne bouge. Mais rien ne pourra se faire sans discussion et partenariat avec la Ville, les arrondissements et les associations de quartiers et de commerçants ».

L’adjointe au commerce et présidente du Sytral, Fouziya Bouzerda, proche de Gérard Collomb, reste très pragmatique : « Je n’étais pas au courant mais cela n’empêche pas que je suis tout à fait prête à travailler sur ce dossier ». Quant au 1er  adjoint, Georges Képénékian, s’il admet que « cela aurait été mieux si la Métropole et la Ville avaient annoncé ensemble le lancement du projet », il ne veut y voir « aucun acte politique contre quelqu’un puisque de toute façon, le maire de Lyon est lui aussi favorable à cette évolution. »

Michel RIVET-PATUREL

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