Nuits de Fourvière On est allé dans les coulisses de Zingaro

Mathias Lyon, l’un des cinq cavaliers presque effacé en piste, et Calacas, un paso fino de Colombie. Photo Progrès/Isabelle BRIONE
Mathias Lyon, l’un des cinq cavaliers presque effacé en piste, et Calacas, un paso fino de Colombie. Photo Progrès/Isabelle BRIONE

La troupe Zingaro est installée depuis le 11 juin, au parc de Bron-Parilly. Dans le cadre des Nuits de Fourvière, Ex Anima, le dernier spectacle de Bartabas, est a découvrir, depuis vendredi et jusqu'au 24 juillet, sous le chapiteau installé dans le parc. Voici l’envers du décor.

Du lourd

Le 11 juin dernier, seize semi-remorques de matériel ont débarqué dans le parc de Bron-Parilly. Avec tout le nécessaire pour monter le chapiteau de Zingaro et ses 1321 sièges… Une jauge deux fois plus grande qu’à Aubervilliers, où réside la troupe. Mais la piste est identique avec ses 40 m de diamètre, pour ne pas changer les habitudes des chevaux.

Ce sont eux les acteurs principaux d’Ex Anima, le dernier spectacle de Bartabas. En tout, 36 vont évoluer seuls, guidés par cinq cavaliers tapis dans l’ombre. Ils ne les montent pas, mais les dirigent à vue, un peu comme le feraient des marionnettistes. Chacun veille sur un piquet (groupe) de quatre ou cinq sujets.

Hervé Vincent, le directeur technique, ici, avec Noureev, un pur-sang arabe. Il veille au confort de tous les chevaux. Photo Progrès /Isabelle BRIONE
Hervé Vincent, le directeur technique, ici, avec Noureev, un pur-sang arabe. Il veille au confort de tous les chevaux. Photo Progrès /Isabelle BRIONE

Un vrai pari

«C’est un vrai pari, une création compliquée qui a demandé 8 mois de travail, contre 6 habituellement», confie Emmanuelle Santini, assistante à la mise en scène. Elle a été élaborée, en octobre 2017, à partir d’improvisations… Que les chevaux reproduisent désormais en toute liberté sur ce ring tout noir, recouvert de pouzzolane, une roche volcanique. Au-dessus de l’entrée, une place est réservée aux musiciens, quatre flûtistes (deux Bretons, un Parisien et un Chinois).

Des tentes

Ce grand chapiteau en toile est entouré de plusieurs tentes… Il y a celle pour l’échauffement. Et puis celle des argentins : ils sont treize à évoluer en liberté. Le quatorzième, lui, est logé à part : normal, c’est Grincheux, qui joue le rôle de l’intrus.

 Dans la tente des argentins.   Photo Progrès /Isabelle BRIONE
Dans la tente des argentins.   Photo Progrès /Isabelle BRIONE

Il y a aussi la tente des poneys. Puis quatre box démontables. C’est là qu’on retrouve Van Gogh. Ce poulain lusitanien a été baptisé ainsi parce qu’il est né avec une seule oreille… Une condamnation à mort. Mais Bartabas l’a sauvé des abattoirs portugais.

Suit une douzaine de box individuels. On y retrouve Angelo, un solide irish cob aux sabots ailés qui a commencé sa carrière dans les films de Ken Loach.

« On a utilisé son caractère calme : c’est sur son dos que se posent des pigeons paons ». C’est lui aussi qui est soulevé dans les airs. « Il n’en souffre pas », assure Emmanuelle Santini. « Les chevaux ont donné des idées de tableaux dans lesquels ils sont à l’aise ». Autres partenaires des étalons : deux loups tchèques sont hébergés un peu plus loin.

David Weiser, cavalier, et Angelo, un solide Irish cob aux sabots ailés qui a commencé sa carrière sous la caméra de Ken Loach. Photo Progrès /Isabelle BRIONE
David Weiser, cavalier, et Angelo, un solide Irish cob aux sabots ailés qui a commencé sa carrière sous la caméra de Ken Loach. Photo Progrès /Isabelle BRIONE

Des caravanes

La majorité des techniciens, cavaliers et palefreniers loge dans des caravanes. La plus belle est sans doute celle de Bartabas, une rutilante Assomption rouge et verte, un modèle crée après la 2e guerre mondiale, pour les gens du voyage fortunés.

Bartabas devant sa caravane. Photo Progrès /Isabelle BRIONE
Bartabas devant sa caravane. Photo Progrès /Isabelle BRIONE

Des habitudes

Comment s’organise la vie dans ce campement ? Naturellement autour des chevaux, en veillant à ne pas changer leurs habitudes. Réveil à 6h30, nourriture, foin puis grains. Travail et balade. Puis, à nouveau repas à 12h30. L’après-midi, tout le monde se repose. Puis, à partir de 17h30, on se prépare : douche, brossage, échauffement.

A partir de 17h30, on se prépare : douche, brossage, échauffement. Photo Progrès /Isabelle BRIONE
A partir de 17h30, on se prépare : douche, brossage, échauffement. Photo Progrès /Isabelle BRIONE

« On doit tout le temps être à l’écoute des chevaux. Contrairement à un acteur, s’il y a un problème, on ne peut pas revenir en arrière et les chevaux ont beaucoup de mémoire. Si une bâche mal attachée vient le heurter, il aura toujours peur en passant à cet endroit ».

Des stars

Ces chevaux sont assurément les stars de cette tournée. Si vous voulez en savoir davantage sur chacun, procurez-vous le catalogue, illustré de portraits noirs et blancs, façon Harcourt, signés Marion Tubiana.

Vous apprendrez que certains ont déjà une carrière cinématographique derrière eux. Un exemple ? Lucifer, un frison de 10 ans. Lui qui fait preuve d’une prédisposition étonnante à l’accouplement, a été un ancien performer de films classés X sous le pseudonyme de… Rocco !

Ex Anima, jusqu'au 24 juillet, sous le chapiteau au Parc de Parilly, Bron (Accès Tram T2, arrêt Parilly-Université). Tarifs : de 24 à 53 €. Billetterie : www.nuitsdefourviere.com

Isabelle BRIONE

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