Rhône La Ville de Lyon veut verdir la Presqu’île

Lyon projette de lancer une expérimentation pour végétaliser le centre-ville. L’objectif de « Presqu’île nature » est de verdir les rues de Brest et Edouard-Herriot. Début du test en septembre pour 18 mois.

L’intention est affichée : « ne pas rester dans un discours général », mais « s’engager sur des actions pour transformer concrètement notre environnement ». En présentant ce jeudi, le plan de la Ville de Lyon pour une « Presqu’île nature », le maire de Lyon Gérard Collomb entouré d’un bon nombre de ses adjoints a cette fois, entendu le message des Lyonnais qui veulent plus de verdure, plus de fraîcheur et rêvent de canopée urbaine. Il est question de mener une expérimentation dès septembre, si le projet soumis au conseil municipal début juillet, reçoit le feu vert des élus.

Un secteur très minéral

Le secteur retenu est on ne peut plus symbolique, car très minéral. Il s’agit de la Presqu’île et plus exactement des deux principaux axes nord-sud, les rues Edouard-Herriot et de Brest qui seront végétalisées afin d’offrir aux piétons une « trame verte » entre les Terreaux et Bellecour. Ce sont ainsi près de 2000 mètres carrés qui virent au vert grâce à l’installation de modules en bois, support d’accueil de plantes et de fleurs, un peu à la manière d’une « banquette verte », précise Alain Giordano, adjoint en charge des Espaces Verts qui nous promet « un feu d’artifice de couleurs ». Le choix n’est pas neutre. L’enjeu va au-delà.

Du vert sur 30 % de la chaussée

Car il s’agit aussi de santé publique dans cette affaire. En végétalisant 30 % de la chaussée, la municipalité entend faire disparaître une voie de circulation dans ces rues qui en comptent deux. Resterait une seule file unique dédiée à tous les modes de transports de 3,5 mètres de large (navette, vélos et voitures). 24 places de stationnement disparaissent sur les 180 que compte le secteur. Place est faite aux piétons et aux espaces verts. « Il y a des contraintes en ville, il faut faire des choix », ajoute l’adjoint au maire.

D’où l’expérimentation dans un premier temps qui est engagée et le côté réversible de l’opération. Ce test grandeur nature est lancé sur une période de 18 mois. S’il s’avère concluant, « nous pérenniserons l’opération », avance Gérard Collomb. « On est en train de faire une ville nature, c’est ce que beaucoup d’habitants nous demandent » dit-il. Étape suivante, la rue de la République ?

«Une mise en danger des cyclistes» ?

Une seule voie pour les voitures, les transports en commun et les vélos… Pour les adhérents de l’association la Ville à Vélo, le plan Presqu’île Nature signe un «grave retour en arrière». Ils évoquent même «une mise en danger des cyclistes qui seront amenés à rouler sur la même voie que les automobilistes».

Favorables à une végétalisation «indispensable de nos rues», ils suggèrent plutôt «une réduction des places de stationnement en surface» et un «rééquilibrage de l’espace public au profit des mobilités alternatives à la voiture individuelle». L’association demande à être associée à une nouvelle version du projet.

Vers une Presqu’île sans voiture ?

Face à la pizza Pino, impossible de rater le panneau d’interdiction sur fond jaune  Photo Progrès /Marie-Christine PARRA
Face à la pizza Pino, impossible de rater le panneau d’interdiction sur fond jaune  Photo Progrès /Marie-Christine PARRA

Ce n’est pas pour demain. En premier lieu, le maire de Lyon souhaite régler les problèmes de rodéos et autres incivilités constatées rue Edouard-Herriot qui surgissent chaque fin de semaine. Ces nuisances sonores n’ont pas cessé en dépit d’un arrêté municipal interdisant la circulation automobile les vendredis et samedis soir.

«L’idée est d’installer des bornes, autorisant l’accès uniquement aux riverains à certaines heures», annonce l’élu.

Quant à l’interdiction pure et simple de la voiture en Presqu’île, «il faut procéder par étapes», estime Gérard Collomb, qui n’est pas partisan d’une écologie de l’interdiction. «Il faut montrer que petit à petit cela progresse»…

Venez donner votre avis

Souhaitant associer les Lyonnais à cette expérimentation, la Ville lance une nouvelle consultation numérique via la plateforme Civocracy du 6 au 28 juin. Autour de deux réflexions : l’entrée du végétal en Presqu’île ainsi que la délicate question de la circulation et des livraisons.

Sur ce point, les élus réfléchissent à la possibilité de réserver les places de stationnement à la livraison les matins du lundi au vendredi. Les véhicules pourraient prendre le relais les après-midi et les week-ends.

Aline DURET

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