MUSÉE DES CONFLUENCES Nouvelle exposition : pourquoi il faut absolument aller voir "Le Monde en tête"

Le Grenoblois Antoine de Galbert est le fondateur de La Maison Rouge, centre d’art contemporain à Paris. Il a fait don de 520 coiffes et objets au Musée des Confluences.  Photo Progrès /Joël PHILIPPON
Le Grenoblois Antoine de Galbert est le fondateur de La Maison Rouge, centre d’art contemporain à Paris. Il a fait don de 520 coiffes et objets au Musée des Confluences.  Photo Progrès /Joël PHILIPPON

340 coiffes données par le collectionneur Antoine de Galbert, au Musée des Confluences, constituent une éblouissante exposition à voir jusqu’au 15 mars 2020. Effet "Waouh !" garanti.

Pour l’histoire

Un jour, à Paris, Antoine de Galbert a acheté un calot en plumes de casoar, un grand oiseau qui vit en Papouasie. C’est ainsi que l’aventure de sa collection a commencé.

Quand ce grand voyageur a fermé son centre d’art contemporain, La Maison Rouge, à Paris, il a décidé de la donner… au Musée des Confluences. « Je connais bien le Musée du quai Branly, mais il a déjà des fonds colossaux », confie ce Grenoblois, initié à l’art primitif par le lyonnais Paul Gauzit.

Ainsi 520 coiffes (et objets) ont fait leur entrée à Lyon, anciennes ou récentes, originaires d’Océanie, d’Amérique, d’Afrique et d’Asie. « Aucune institution n’aurait pu avoir les moyens de rassembler pendant 30 ans des coiffes du monde entier », apprécie Hélène Lafont-Couturier, la directrice.

En pénétrant dans la salle, on embrasse immédiatement du regard l’ensemble des objets exposés. Tout simplement saisissant ! Photo Musée des Confluences
En pénétrant dans la salle, on embrasse immédiatement du regard l’ensemble des objets exposés. Tout simplement saisissant ! Photo Musée des Confluences

Pour les frissons

Elles sont rares, les expositions qui provoquent un effet waouh dès le seuil franchi. "Le Monde en tête" en fait partie.

Le visiteur est immédiatement saisi par tant de beauté rassemblée. La scénographie de l’agence ZenDco (qui avait signé la conception de l’expo permanente Espèces) permet d’embrasser d’un seul regard la variété des 340 objets présentés sur divers plateaux circulaires.

«Il n’y a pas de répartition géographique car il y a davantage de parures en provenance d’Afrique et d’Asie que d’Amérique et d’Océanie», indique Mainig le Bacquer, cheffe de projet. «On s’est intéressé à l’aspect universel.»

Antoine de Galbert avait choisi ces chapeaux pour leur esthétique, leurs formes et leurs couleurs, mais ils ont chacun des fonctions protectrices, sociales, identitaires, symboliques. Il a donné la totalité de ses trésors, mais il a failli en garder un : une couronne des Marquises, réalisée avec 2 000 dents de dauphins. «Je pense toujours aux dizaines de dauphins qui ont dû mourir pour cet ornement.»

Cette couronne des Marquises a été réalisée avec… 2000 dents de dauphins. Photo Progrès /DR
Cette couronne des Marquises a été réalisée avec… 2000 dents de dauphins. Photo Progrès /DR

Pour les images

Toutes ces parures ne sont pas figées. Ici et là, on les voit aussi portées par les populations. Avec des photos au côté des cartels d’information, mais aussi avec des films.

Exemple en Chine, avec les coiffes spectaculaires des femmes miao, dont la volumineuse chevelure s’articule autour de longues cornes.

Sur un grand pan de mur, huit films dévoilent comment ces coiffes sont fabriquées, portées… Au public ensuite d’aller les retrouver dans l’exposition.

Une coiffe de femme miao (Chine). Photo Pierre-Olivier Deschamps
Une coiffe de femme miao (Chine). Photo Pierre-Olivier Deschamps

Pour les paroles

Ne ratez pas la table d’écoute. Quelques spécialistes documentent les parures. Surtout Antoine de Galbert parle de sa « boulimie » ; de ses 80 % de pièces achetées en France, chez des antiquaires, des marchands spécialisés, dans des brocantes ou des salles de ventes. Ou ramenées de ses voyages.

Avec des anecdotes étonnantes… Comme pour ce couvre-chef en soie rouge avec des fils en métal, déniché dans le grand bazar d’Istanbul qui se révélera être un couvre… théière.

Mais il y a aussi, à l’entrée, le texte d’Aline Vidal, sa compagne : elle retranscrit le rêve fébrile de cet amateur d’art contemporain, quand il avait été atteint de la… coiffe des rotateurs (les tendons au niveau de l’articulation de l’épaule).

Antoine de Galbert l’avait pris pour un couvre-chef. Il s’agissait, en fait d’un courvre-théière. Photo Progrès /Musée des Confluences
Antoine de Galbert l’avait pris pour un couvre-chef. Il s’agissait, en fait d’un courvre-théière. Photo Progrès /Musée des Confluences

Et même pour la danse

C’est comme une petite pièce circulaire installée dans l’exposition. À l’extérieur, on poursuit la découverte, avec des pièces toujours plus étonnantes comme cette toque ougandaise en fourrure de singe ou cette coiffe de théâtre chinois en plumes de martin-pêcheur cloisonné.

On y pénètre. L’intérieur est rythmé par des images animées qui montrent les coiffes en mouvement, avec des rites, des danses, sur des musiques contemporaines ou traditionnelles.

« L’idée est de donner la possibilité au visiteur d’être vraiment dans l’exposition, et de lui donner envie de danser » indique Zette Cazalas, fondatrice de l’agence ZenDco, qui a signé cette éblouissante scénographie, comme une œuvre d’art à part entière.

"Le Monde en tête" jusqu’au 15 mars, au Musée des Confluences, 86, quai Perrache, Lyon 2e. Ouvert du mardi au vendredi de 11 à 19 heures, samedi et dimanche de 10 à 19 heures. Nocturne, le jeudi, jusqu’à 22 heures. Ouvert ce lundi de Pentecôte, 10 juin. Tarif : 9 €, 6 € à partir de 17 h. Gratuit pour les jeunes -18 ans et étudiant -26 ans. Catalogue : 42 €, 332 pages, 700 images, coédition avec le Seuil. Plus d’infos ici.

Isabelle BRIONE

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